Un revêtement d'asphalte négligé est visuellement irritant, incommodant et inconfortable pour ses utilisateurs, peut gêner, le cas échéant, la vente de la maison.

Publié le 29 juill. 2005
LE SOLEIL

Un revêtement d'asphalte négligé est visuellement irritant, incommodant et inconfortable pour ses utilisateurs, peut gêner, le cas échéant, la vente de la maison.

Sans compter que ce qui est usé accélère l'usure d'ensemble. Au terme de 20 ans de laisser-aller, par exemple, accru par les dégâts causés l'hiver par les véhicules lourds chasse-neige, vous dénombrez des dizaines de fissures, des entailles, quelques nids-de-poule, une couple de cratères aux bords effrités et dans lesquels foisonne la mauvaise herbe. Alors vous êtes cuit.

Lorsque votre pavage est «au bout du rouleau», vous n'avez d'autre choix que de recourir aux services d'une entreprise qui vous recommandera d'arracher le vieil asphalte, de rectifier les fondations de celui-ci et le niveau avant de poser une couche flambant neuve d'asphalte chaud.

Pour 1000 pi ca de surface à réparer, la facture peut s'élever à 3000 $. Davantage, éventuellement. Étant entendu que la simple application d'une couche d'au plus 2 po donne, en principe, lieu à un déboursé de 2 $ par pi ca tandis qu'un ouvrage complet de pavage (mise en place de couches de pierre concassée et asphaltage) coûte, estime-t-on, de 4 $ à 5 $ le pi ca.

Mais si un «ventre de bœuf» s'est formé sur votre surface bitumée, niveler et asphalter ne suffit pas. Le sous-sol, de glaise ou d'argile, retient l'eau manifestement. Il faudra le faire arranger ou le pourvoir d'un petit réseau de drains. Autrement, tout sera à recommencer.

Tassement ou soulèvement

Une simple lézarde, à peine visible, est en général sans gravité. Mais ne tolérez aucune fissure ! insiste M. Tremblay. Elle peut entraîner le tassement local du sous-sol, ensuite la rupture en V de l'asphalte. De même lorsque le revêtement est contre les fondations ou un muret.

Une fissure, pire une fente, laisse passer la pluie. L'hiver, l'eau gelée fait se soulever l'asphalte.

Dalot

Si votre asphalte est tout neuf ou récemment restauré, l'entretien est capital. Au moindre défaut, réparez. En tout cas, faites-le au moins à tous les deux ans. Si besoin est, naturellement.

Si la fissure est anodine, vous pouvez combler avec un bouche-fente à l'acrylique ou hypercaoutchouté en bidon à bec sinon en cartouche. Peut-être jugerez-vous plus opportun l'emploi d'un composé de réparation, mais après avoir appliqué un apprêt afin d'assurer la prise.

Mais si vous êtes en présence d'un «dalot» de 4 po de large sur 25 pi de long, préférez l'asphalte froid. Un contenant de 30 kilos coûte d'ordinaire un peu plus de 5 $ et couvre l'équivalent de 2 pi ca sur 3 po d'épaisseur. Vous le laisserez chauffer au soleil le temps qu'il amollisse et de sorte qu'il puisse se tasser mieux. Travaillez, de préférence, par temps chaud.

Enfin, si vous voulez rectifier une légère pente, cherchez un produit de nivelage.

Finissez vos travaux avec un scelleur. À l'époxy, idéalement. Il vient uniformiser l'aspect du pavage et combler «automatiquement» les lézardes. Il tiendra de deux à six ans, suivant sa qualité. En outre, il le préservera des épanchements d'huile, d'essence, d'eau pluviale, de fonte ou d'arrosage.

Comment colmater

On colmate une fente ou un trou de la façon suivante: en enlève les débris; on met du gravier jusque sous le niveau de l'asphalte; on complète en superposant l'asphalte froid ou l'émulsion d'asphalte jusqu'au niveau supérieur. En ayant pris soin, cependant, de badigeonner d'un apprêt le bord de l'asphalte existante de sorte de favoriser la liaison.

Pour rectifier soit une dépression locale soit une ornière pratiquée par les pneus d'une automobile, on fait, en principe, de même. Après avoir cassé et enlevé le vieil asphalte, cependant.

Tous ces produits, individuellement économiques tout compte fait, sont sûrs. Mais il faut les appliquer suivant le mode d'emploi sans y déroger. Autrement, cela aura l'effet d'un cataplasme sur une jambe de bois.

Un produit incorrectement administré ne remplit pas sa fonction et ne peut durer longtemps. Si un scelleur est garanti six ans, il doit être mis en place suivant les recommandations du fabricant. Si telle quantité est destinée à couvrir 1000 pi ca et qu'on étire à 1200, «il y a problème». Ici, le produit ne fera pas aussi bien son travail.

Cependant, tous ces matériaux, aussi bons qu'ils soient, ne sont pas structurants. Ils ont pour objet de réparer et de préserver. Ce serait, par exemple, risqué d'acheter une centaine de sacs d'asphalte froid pour reprendre au complet son entrée. Ce n'est pas fait pour cela.

Gare aux taches d'huile!

Il n'y a pas que fissures, fentes, nids-de-poule et cratères ans l'asphalte auxquels il faut prendre garde. Il y a aussi les épanchements d'huile.

Si l'égouttement dure depuis longtemps, le pavage est sûrement imbibé, amolli. Inutile d'essayer de nettoyer. Cassez l'asphalte, refaites-la. Si la tache est fraîche ou si l'égouttement a eu lieu sur votre pavage auquel vous avez pris soin d'administrer un scellant, employez un nettoyeur-dégraisseur - suivant le mode d'emploi, bien entendu - puis un apprêt à tache d'huile. Enfin le scelleur.