Source ID:; App Source:

Esprit vert et communautaire à Orford

Michel Descoteaux a imaginé un projet écologique où... (Photo Rémi Lemée, La Presse)

Agrandir

Michel Descoteaux a imaginé un projet écologique où seront construites 18 maisons mettant notamment à profit l'énergie solaire. En prime, chaque maison a une vue magnifique sur le lac et les montagnes environnantes.

Photo Rémi Lemée, La Presse

Avec ses immenses fenêtres orientées plein sud, son... (Photo Rémi Lemée, La Presse) - image 1.0

Agrandir

Avec ses immenses fenêtres orientées plein sud, son foyer au bois homologué EPA et son système radiant intégré dans la dalle de béton du sous-sol, alimenté par quatre panneaux solaires, la maison témoin de l'Écovillage des Coteaux du Lac est très confortable l'hiver. Aucune plinthe électrique n'y a d'ailleurs été installée.

Photo Rémi Lemée, La Presse

Dans le Canton d'Orford, l'amour de la nature a réuni une dizaine de couples et de familles à la recherche d'une oasis. Séduits par le projet d'un professeur visionnaire, ils ont tour à tour acheté un terrain sur le flanc sud d'une montagne boisée, dans l'Écovillage des Coteaux du Lac.

Ce qui leur a plu? La possibilité de construire leur maison en exploitant au maximum l'énergie solaire, dans un environnement calme, appelé à le demeurer. Sur le domaine, en effet, les tondeuses à essence, les véhicules tout-terrains et les motoneiges sont proscrites. Et tous s'engagent à ne pas utiliser d'embarcation à moteur sur le lac avoisinant. En prime, les propriétaires se sont découvert des affinités et s'entraident mutuellement.

 Écolos? Ils le sont tous à des degrés divers, car tous ont signé une charte écologique à l'achat de leur propriété de deux acres et demie (108 000 pieds carrés). Mais ils construisent chacun leur maison à leur gré, en utilisant plus ou moins de technologies vertes.

L'idée d'atteindre un haut degré d'efficacité énergétique les enthousiasme. Ils y parviennent notamment en tirant profit de l'énergie solaire passive, en installant des fenêtres à haut rendement énergétique et en isolant bien les murs. Toutes les habitations doivent d'ailleurs être Novoclimat. Certains propriétaires vont plus loin en dotant leur maison d'un système de géothermie, de panneaux solaires thermiques ou d'un système radiant intégré dans une dalle de béton.

 Le projet est né en 2003 dans l'esprit de Michel Descoteaux, un professeur de la Rive-Sud gagné à la cause de la protection de l'environnement. Après de longues démarches auprès de la municipalité du Canton d'Orford, qui a construit une route jusqu'au sommet de la montagne, le rêve du promoteur prend vie. Deux maisons, incluant la maison témoin, sont bâties. La construction d'une troisième va bon train. Au printemps, trois autres seront mises en chantier. Sur le territoire de 55 acres, sept terrains sont encore disponibles. Le terrain adjacent de 48 acres demeurera par ailleurs intouché, puisque l'ancien propriétaire en a fait don à une société de conservation de la nature. «Nous travaillons pour ajouter encore 30 acres à la zone de conservation», précise M. Descoteaux avec fierté.

D'ici cinq ans, il compte installer deux éoliennes pour faire une micro-production d'énergie. De plus, les membres du groupe ont l'intention d'implanter un centre d'interprétation sur l'énergie renouvelable. Pour transmettre leurs connaissances et partager leur expérience.

 Un projet écolo qui ne fait pas l'unanimité

 En 2003, Thérèse Martel et Michel Lacasse cherchaient un terrain dans les Cantons de l'Est où ils pourraient construire une maison solaire passive. Ils ont été les premiers séduits par le projet d'écovillage mis de l'avant par Michel Descoteaux, dans le Canton d'Orford. Ils ont investi temps et énergie pour qu'il se concrétise. En prime, ils se sont fait des amis.

 À l'achat de leur terrain, ils ont signé une charte écologique. Ils l'ont peaufinée, avec d'autres membres du groupe, pour qu'elle réponde encore mieux à leurs aspirations. Car ils y croient. «C'est important que tous utilisent des poêles ou des foyers au bois homologués EPA, qui polluent moins, estime-t-il. Et c'est important que personne n'ait de motoneige, de tondeuse à gaz ni d'embarcation à moteur. L'été prochain, trois d'entre nous achèterons un pédalo, que nous partagerons.»

L'Écovillage des Coteaux du Lac ne fait pas l'unanimité. S'il n'en tenait qu'à Pierre Rodier, le maire de la municipalité du Canton d'Orford, il n'aurait jamais vu le jour. «Une montagne vierge a été dénaturée pour en faire un lieu écologique. Il y a là une contradiction, indique l'environnementaliste de longue date, qui habite au nord de la montagne en question. C'est l'ancien conseil qui a approuvé le projet et fait en sorte qu'une rue de 60 pieds de largeur, avec des fossés de chaque côté, se rende jusqu'en haut de la montagne. Pour cela, il a fallu dynamiter la montagne. J'aurais conseillé d'autres endroits qui portent déjà l'empreinte humaine pour réaliser le projet.»

 L'écovillage, maintenant qu'il existe, comporte beaucoup d'aspects positifs, précise toutefois M. Rodier. «Avec sa charte écologique et la protection de plus de 40 acres de terrain, il est en ligne avec la philosophie de notre équipe, qui est très écologique et écologiste.»

 Les puristes, par ailleurs, considèrent que l'Écovillage Des Coteaux du Lac n'est pas un véritable écovillage. «C'est un beau projet immobilier écologique», estime Lucie Lemelin, présidente et cofondatrice du Réseau des écohameaux et écovillages du Québec.

 Les projets immobiliers verts vont du vert pâle au vert foncé, indique pour sa part André Fauteux, éditeur de La Maison du 21e siècle, le magazine de la maison saine. «Celui-là est assurément pas mal foncé!», précise-t-il.

Qu'il s'agisse ou non d'un véritable écovillage importe peu à Louise St-Pierre, la deuxième à avoir acheté un terrain dans l'Écovillage Des Coteaux du Lac. Elle cherchait depuis 15 ans à construire une maison écologique et a aimé immédiatement la philosophie du projet.

 «Je suis avec d'autres personnes qui partagent les mêmes valeurs que moi et comprennent ce que je veux faire, explique-t-elle avec enthousiasme. Nous échangeons beaucoup d'information et faisons partie d'une communauté. Mais nous demeurons indépendants, car nos terrains et nos maisons nous appartiennent.»

 Selon elle, la charte écologique, qui lie tous les propriétaires, est essentielle. Chacun a l'assurance que ses voisins respecteront les mêmes règles!

 




Les plus populaires : Maison

Tous les plus populaires de la section Maison
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

La liste:-1:liste; la boite:219:box; tpl:html.tpl:file
image title
Fermer