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La construction verte bientôt offerte «en option»?

Alexandre Thibodeau et Marie-Ève Cloutier ont choisi de... (Photo François Roy, La Presse)

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Alexandre Thibodeau et Marie-Ève Cloutier ont choisi de construire eux-mêmes leur maison verte à Bolton Ouest, dans les Cantons-de-l'Est.

Photo François Roy, La Presse

Gilles Angers
Le Soleil

 Les entreprises de construction ne savent pas vraiment à quoi s'en tenir quant à la façon de faire une «maison verte» tellement il y a d'écoles et de définitions. Tellement aussi la vision même des consommateurs diffère aussi bien que leur budget. C'est pourquoi l'Association des constructeurs d'habitations du Québec (APCHQ) propose à ses membres une stratégie de vente à la carte ou fondée sur des «options vertes», un peu à la façon de l'automobile.

 «Un entrepreneur peut bien proposer une maison verte full equiped à un million de dollars. L'aspirant acheteur la trouvera géniale, mais tiquera sur son prix. Elle restera donc sur les tablettes», déclare au Soleil le directeur des services techniques de l'APCHQ, André Gagné.

 Pour des particuliers, une maison construite à la façon Novoclimat est écologique parce qu'elle est mieux isolée, continue-t-il. Une autre, tout en bois, l'est également parce que le matériau ne donne lieu à aucune émanation toxique.

 Pour d'autres, elle est idéalement pourvue de thermostats électroniques, d'un ventilateur récupérateur de chaleur de choix, d'un revêtement de toiture «hyperdurable», de fenêtres à triple vitrage énergétique, d'un chauffe-eau instantané, d'un toit végétal ou d'un système de récupération et d'assainissement des eaux ménagères pour arroser le jardin tout en soulageant les cours d'eau et les usines de traitement des eaux usées. Ou tout à la fois.

 Or, d'après le directeur technnique, rares sont les personnes qui peuvent doubler ou tripler le prix de leur maison pour atteindre l'idéal «vert» qui, pour l'instant, coûte cher. Du moins, jusqu'à ce qu'il devienne l'ordinaire des fabricants de matériaux et d'équipements mécaniques.

 «Des acheteurs, cependant, sont prêts à mettre 5000 $ - d'autres davantage - pour que leur maison entre, au moins pour une part, dans le sillage du développement durable. L'entrepreneur pourra donc ajouter à son programme ordinaire de construction des options vertes s'accordant à leur budget», poursuit M. Gagné.

 De cela, l'APCHQ discutera avec l'industrie à l'occasion d'une tournée «postcongrès» d'un bout à l'autre du Québec. Cela pourra conduire à la confection d'un guide d'options et de méthodes. À moins que les entreprises ne trouvent suffisante une liste de matériaux ou une série de feuillets techniques. «Certaines, déjà sur la touche, seront prêtes à emboîter le pas sur-le-champ», est persuadé M. Gagné.

 Une maison écoénergique loin de tout, à quoi bon?

 On peut bien se faire construire une maison qui produit autant d'énergie qu'elle en consomme et qui soit sans dommage pour l'environnement, si on habite à 20 kilomètres du dépanneur ou de l'épicerie le plus proche, à quoi bon? se demande Wendy Pollard, conseillère en recherche et diffusion de l'information à la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

 «En fait, ce que la maison ne produira pas en gaz à effet de serre, la voiture le fera. Ce qui serait un non-sens», pense-t-elle. Comme quoi, une maison écoénergique doit être correctement située.

 Mme Pollard se joint ce matin au congrès de l'APCHQ comme conférencière. Elle veut mettre les entrepreneurs en construction présents au parfum des secrets de la maison Equilibrium, de conception récente de la SCHL. Elle est «ultra-éconergique, procure un cadre de vie sain, produit l'essentiel de l'énergie qu'elle emploie tout en diminuant les impacts sur le sol, l'eau et l'air». De surcroît, elle est moins coûteuse à habiter et à entretenir.

 Les cellules photovoltaïques, la géothermie, l'emploi de l'énergie solaire passive par l'orientation sud de la maison, l'emploi d'appareils électroménagers et d'ampoules d'éclaire écoénergique, l'économie et la réutilisation de l'eau sont, entre autres, encouragés.

 Par ailleurs, la SCHL constate, au pays, une accélération de la demande d'habitations écoénergiques. Une opportunité, selon elle, pour les entreprises de construction de se préparer à saisir la balle au bond. Mme Pollard espère donc persuader les congressistes d'emboîter le pas. Du moins progressivement.

 En 2006, la SCHL a invité des promoteurs et des constructeurs canadiens à soumettre leurs idées pour mettre au point une maison de leur cru, mais fondée sur ce principe.

 Douze retenus

 Plus de 70 ont fait part de leurs réflexions. Douze ont été retenus. Tous construiront leur maison de démonstration Équilibrium.

 À Hudson, en Montérégie, la société montréalaise de conception-construction Sovag Pogharian Design crée une maison (Alstonvale) équipée d'un système thermique et photovoltaïque intégré qui, du coup, produira électricité et chaleur. Ce qui est révolutionnaire. "En plus de fournir de l'énergie à la maison, le système alimentera une voiture électrique pour le transport local de ses occupants", précise-t-on.

 Puis la multinationale québécoise de maisons usinées Les Maisons Alouette de Saint-Alphonse-de-Granby, est sur le point d'élever la sienne, à Eastman (Estrie). Elle sera prête en octobre. "Elle est déjà en fabrication en usine. Je l'ai vue", jure Mme Pollard.

 Son facteur isolant R sera de 37,5 pour les murs en comparaison de 22 ou 23 pour Novoclimat, de 54,2 pour le faîte, de 22 contre les fondations et de 7 sous la dalle de béton. De la cellulose (fibre recyclée de papier journal) entrera dans la composition du système isolant. Sans oublier des fenêtres à triple vitrage et gaz argon et l'exposition maximale de la maison au sud, minimale au nord où se trouvera le garage intérieur qui agira comme barrage isolant.

 




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