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Portrait d'un «solo»

Simon Arsenault (au bout de la table, à... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Simon Arsenault (au bout de la table, à droite), joue aux cartes avec trois autres copropriétaires de son immeuble : Rafael Scott (à sa gauche), Carl Gauthier (à sa droite) et Patrice Tétrault (au chandail rayé). Ce dernier a aussi convié chez lui deux de ses amis, Jacques Perreault et Jean-François Bédard (qui porte une casquette).

Photo Bernard Brault, La Presse

Le condo a le vent dans les voiles. Le moteur de cette industrie? Les couples sans enfant. Mais aussi (et de plus en plus), les ménages formés d'une seule personne. Avec les jeunes qui demeurent célibataires plus longtemps, le nombre élevé de divorces et les personnes qui forment des couples tout en conservant chacun leur appartement, les besoins en matière de logements ne cessent d'augmenter.

 Les «seulibataires» aspirent à la propriété, indique Daniel Gill, professeur à l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal. Plusieurs recherchent des condos en ville, à proximité de leur travail. Mais pour concrétiser leur projet, beaucoup sont aussi disposés à aller en banlieue, où les prix sont moins élevés qu'à Montréal.

 «Ils cherchent à améliorer leurs conditions d'habitation et désirent devenir propriétaires pour avoir davantage de contrôle sur leur logement, précise-t-il. Or à Montréal, il y a peu de projets abordables pour les seulibataires. Aussi assiste-t-on à un exode de personnes seules économiquement actives vers la banlieue, car beaucoup de condos y sont vendus entre 115 000 $ et 135 000 $.»

 Intrigué par l'individualisation croissante de la société, il a étudié pendant deux ans la situation des Canadiens âgés de 25 à 54 ans, qui vivent seuls. À l'âge où traditionnellement les jeunes fondent une famille, il a été frappé par la hausse des ménages composés d'une seule personne.

 Dans ce groupe d'âge, de fait, entre 1991 et 2001, le nombre de ménages formés d'un adulte a augmenté quatre fois plus rapidement que le nombre de ménages incluant deux adultes, a-t-il constaté. En 2001, selon Statistique Canada, on comptait plus d'un million de ménages composés d'une personne âgée de 25 à 54 ans, au pays. À Montréal, il y en avait plus de 215 000. Au Québec? Ils étaient plus de 420 000.

 «Il y a eu d'importants changements dans la société, souligne Daniel Gill. La famille n'est plus le modèle dominant. Il y a maintenant autant de ménages composés d'un couple avec des enfants, que de ménages formés d'un couple sans enfant et de ménages formés d'une personne. Vivre seul est devenu un mode de vie. Et le rejet ou le report de la vie de couple a un impact sur la trajectoire résidentielle des personnes.»

 Les condos répondent aux besoins des «seulibataires», qui ont un seul revenu. Comme la valeur des propriétés existantes ne cesse d'augmenter, le prix abordable des logements en copropriété séduit. Mais d'autres facteurs jouent aussi en leur faveur.

 Compromis

 «Il s'agit d'un compromis entre la propriété de plein droit et la location d'un logement, explique Jacques Saint-Pierre, titulaire de la chaire SITQ en immobilier de l'UQAM. C'est aussi un compromis entre la vie communautaire et la vie individuelle. Car il faut composer avec les autres copropriétaires. Cela convient à beaucoup de personnes qui choisissent de vivre seules. En copropriété, il n'y a pas le même isolement et le même anonymat que dans les immeubles locatifs. Il y a aussi une plus grande stabilité. Lorsque les 16 ou 20 copropriétaires d'un complexe se connaissent et partagent des obligations communes, il se développe une certaine solidarité.»

 Simon Arsenault, qui a emménagé en décembre dans son condo, à Brossard, dans le Village Parisien, a vite tissé des liens avec ses voisins. Dans son édifice, qui compte huit unités, sept des huit copropriétaires habitent officiellement seuls. Ils se promettent d'organiser des barbecues autour de leur piscine, l'été prochain. Et ils comptent faire plusieurs activités ensemble.

 «J'aime que l'entretien de la propriété ne repose pas entièrement sur mes épaules, dit l'homme de 27 ans. Nous avons tous à peu près le même âge et un lien de confiance s'est établi entre nous. Je me sens en sécurité car s'il y a quelque chose de louche, on s'en parle.»

 La proximité du centre-ville de Montréal et du nouveau Quartier Dix30, de même que le prix abordable de son condo de 950 pieds carrés, ont notamment guidé sa décision. Très satisfait, il estime avoir fait un bon investissement.

 Sa vie sociale, déjà très riche, ne s'en porte que mieux!

 




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