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Trop d'agents immobiliers au Québec?

Un agent d'immeuble débutant, Daniel Côté de La...

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Un agent d'immeuble débutant, Daniel Côté de La Capitale, devant un complexe de condos à Notre-Dame-de-L'Île Perrot où il vient de vendre une propriété.

Simon Diotte
Collaboration spéciale, La Presse

Pour devenir agent immobilier affilié, il suffit de terminer sa cinquième secondaire, de suivre une formation de 240 heures (trois mois), puis de trouver un courtier pour vous épauler.

Ensuite, vous pouvez piloter des transactions de plusieurs centaines de milliers de dollars, qui constituent souvent le patrimoine de toute une vie. Cette trop grande facilité pour accéder à la profession ferait en sorte que des milliers d'agents incompétents envahissent le marché.

C'est du moins l'avis d'Yvon Poirier, courtier agréé et fondateur du Réseau des courtiers immobiliers indépendants du Québec (RCIIQ), un organisme créé en 2003 comptant une cinquantaine de membres. «La formation pour devenir agent est déficiente. Résultat: on se retrouve avec des milliers d'agents incompétents, qui nuisent à la réputation de l'ensemble de la profession, tout en provoquant, par leur manque de formation, des préjudices aux consommateurs», dit-il.

 Les agents immobiliers ont-ils mauvaise réputation? Oui, si on en croit le Baromètre des professions de la firme Léger Marketing, qui établit la cote d'amour des Canadiens envers les agents à 42 %, loin derrière les pompiers (96 %), les policiers (81 %) et les journalistes (49 %). Même les avocats (48 %) font mieux. «Le problème, c'est que trop de monde exerce ce métier à temps partiel, comme seconde carrière ou pour arrondir leur fin de mois», soutient Arnold Laforest, courtier immobilier indépendant.

À qui la faute? Les deux hommes blâment les grandes bannières, comme Re/Max, Sutton, Royal-Lepage et La Capitale, qui basent leur modèle d'affaires sur l'embauche constante de nouveaux agents. «Les franchisés embauchent le maximum d'agents, sans égard à la réalité du marché, pour collecter leurs redevances et rentabiliser les espaces de bureau. Plus il y a d'agents, plus les bannières font de l'argent», critique M. Poirier. Selon les chiffres du RCIIQ, les agents doivent débourser de 1000 à 2000 $ par mois pour faire partie d'une bannière.

Chez Re/Max et à La Capitale, on pense tout le contraire. La Belle Province ne compterait pas un surplus d'agents, mais serait plutôt en déficit! «Le Québec compte beaucoup moins d'agents par habitant que les autres provinces canadiennes. Seulement 55 % des ventes sont réalisées ici par l'entremise des agents, alors que 45 % se font encore de propriétaire à propriétaire.

Il y a donc de la place pour la croissance», estime Paul Legault, président-directeur général de La Capitale, la quatrième bannière en importance au Québec. M. Legault est d'accord avec M. Poirier sur un point : la compétence des agents pose problème. «Il y a beaucoup d'incompétents dans le milieu. Plusieurs croient encore qu'il suffit d'une pancarte et d'une annonce sur le Web pour fournir un service adéquat», déplore-t-il.

Même son de cloche chez Re/Max. «Trop de gens exercent ce métier à temps partiel. Ces gens-là nuisent à l'industrie en ne fournissant pas un bon rendement», dit Sylvain Dansereau, vice-président Re/Max Québec. Re/Max et La Capitale soutiennent qu'elles n'embauchent pas d'agents à temps partiel, une affirmation contestée par des courtiers indépendants.

Chaque fois que Michel Beauséjour, chef de direction à la Chambre immobilière du Grand Montréal, entend parler d'un problème de surplus d'agents au Québec, il sort de ses gonds! «Les agents sont des travailleurs autonomes. Leur nombre s'ajuste constamment pour répondre à la demande du marché», fait-il remarquer. Trop d'incompétents dans le milieu? Encore là, M. Beauséjour rejette du revers de la main les affirmations de MM. Poirier, Legault et Dansereau. «Les incompétents, où travaillent-ils? Pas chez eux, évidemment. C'est une mode dans l'industrie de dénigrer les autres constamment. Cela s'explique par la très forte concurrence», dit-il.

Formation

Les représentants de l'industrie s'accordent sur un point: la formation des agents doit être améliorée. «Mise en place au début des années 90, la formation de 240 heures ne répond plus aux besoins actuels, qui changent avec l'arrivée des nouvelles technologies», constate Robert Nadeau, président de l'Association des courtiers et agents immobiliers du Québec (ACAIQ), organisme dont la fonction est de protéger le public. Dès 2008, un nouveau programme de formation devrait être mis en place.




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