Le mercure flirte avec le point de congélation et le soleil blafard peine à réchauffer l'avenue Pierre-Dupuy, bien connue des habitués qui se rendent au Casino. Trois immeubles seulement ponctuent cette artère qui offre une vue splendide sur le centre-ville: Profil-O, Habitat 67 et Tropiques Nord, lequel célébrera l'an prochain ses 25 ans. C'est là que nous irons nous réfugier et rêver, le temps d'une visite chez Omar Joseph Alpark et Vanessa Latifi.

Publié le 30 nov. 2013
Pierre Deschênes LA PRESSE

Le jeune couple a acheté il y a moins d'un an trois unités, pour en revendre deux et porter son choix sur un appartement au premier étage. Il a apporté des modifications pour rafraîchir les lieux, et il profite maintenant de ce condo unique à Montréal. «J'avais des amis ici. Je venais me baigner», raconte l'ex-Lavalloise en expliquant comment elle a découvert l'emplacement.

Elle ajoute qu'elle profite maintenant aussi des terrains de tennis, de la piste cyclable, de l'île Sainte-Hélène à proximité et du spectacle des surfeurs dans des remous du fleuve près de la pointe.

Omar Joseph, après être tombé sous son charme à elle, a subi le même sort avec le concept de l'édifice: cet Américain d'origine turque n'aime pas tellement le froid. Là, il est ravi, puisque dès qu'il met le nez sur sa terrasse, il se sent transporté ailleurs, dans un monde qu'il qualifie d'un peu surréel. Il faut dire: l'atrium couvre 32 000 pi2; des panneaux de verre sur toute la hauteur emprisonnent une végétation luxuriante. Des palmiers royaux s'élancent fièrement vers le sommet, une cascade fait entendre un son apaisant, des plantes en tous genres en mettent plein la vue et des oiseaux exotiques chantent quand le soleil est au rendez-vous.

C'est un bananier, là-bas, avec les grandes feuilles? Pour vérifier, nous déambulons dans le sentier au milieu d'une flore dense et d'une odeur tropicale caractéristique: oui, c'est bien un régime de bananes que nous voyons pousser dans cet arbre!

Pour nous permettre de mieux apprécier le coup d'oeil, le propriétaire nous fait changer de place à la table sur la terrasse, et nous explique qu'il a choisi une unité plus près du sol pour avoir une meilleure vue sur les plantations. Avec raison. On n'a pas à s'étirer le cou pour bien voir, on baigne littéralement dans un décor d'exception. Et on n'a pas la sensation que l'air est trop humide sur le pas de sa porte; une fois au jardin, le taux augmente bien sûr quelque peu.

Cette miniforêt bénéficiant d'un microclimat est bichonnée en permanence par des jardiniers; les frais de copropriété s'en ressentent donc. En revanche, ce complexe domiciliaire offre aussi les services d'un concierge et d'une navette gratuite vers le centre-ville, ce qui rentabilise quelque peu la dépense.

Alors, pourquoi quitter cet éden? Comme les activités du jeune homme d'affaires se développent au sud de la frontière, le couple devra donc s'installer aux États-Unis, se rapprochant ainsi du vrai climat tropical...

La propriété en bref

> Prix demandé: 759 000$

> Année de construction: 1989

> Pièces: 9, dont 3 chambres,2 salles de bains et 1 salle d'eau + garage

> Comprend: électroménagers, habillages de fenêtre et luminaires (tous les meubles peuvent être achetés)

> Évaluation municipale: 597 300$

> Impôt foncier: 4929$

> Taxe scolaire: 1222$

> Frais de copropriété: 16 800$ (annuellement)

Courtier: Marc-Olivier Perron, Re-Max McGill, 514 788-4444