Une maison à étages, c'est le meilleur de ce que le Plateau a à offrir aux ménages. De l'intimité pour chacun et plus d'espace que dans un appartement typique du Plateau. Une multitude de commerces de proximité. Et si la maison se trouve dans une rue secondaire comme Marie-Anne plutôt qu'une voie de transit (pensons à Papineau ou à Saint-Denis), la vie de quartier se révélera alors vivante sans nuire aux oreilles...

Valérie Vézina, collaboration spéciale LA PRESSE

«Quand un voisin organise un souper dans la cour, cela ne dure jamais jusqu'à 3 heures du matin», illustre Michèle, la soixantaine décontractée et propriétaire de la maison.

Cette Française a été attirée au Québec par son mari chasseur. Même un périple en motoneige dans la Nunavut (par -48o) n'avait pas découragé l'épouse de l'homme d'affaires. Au revoir, Paris! Ils se sont établis dans ce quartier qui leur rappelait leur autre vie. «On a son petit cordonnier, son boucher, on connaît son voisin, on sait très bien qu'on n'est pas tout seuls», fait valoir Michèle, assise sur un canapé Roche Bobois déménagé de Paris.

«Cela avait pris du temps [pour trouver ce triplex], parce qu'il n'y avait pas beaucoup de triplex complets [libres de loyers] à vendre», raconte-t-elle. Sous leur impulsion, ce triplex est devenu une maison de trois étages en 2004.

«Nous avons ce grand volume et de la lumière», poursuit la dame en montrant le salon plus formel éclairé par trois fenêtres de toit: c'est une extension au-dessus de l'ancienne cour intérieure - comme la chambre principale à l'étage du dessous et la salle à manger d'été construite tout en bas, en rez-de-jardin.«L'été, on vit davantage dans le jardin.» L'hiver? Ils habitent en haut!

Onze pièces

L'escalier intérieur longe un mur de brique. L'appareillage irrégulier couleur safran apporte chaleur et texture à plusieurs des 11 pièces, y compris la salle à manger d'hiver. La cuisine adjacente n'est pas bien grande, mais les matins doux, on peut sortir boire son café sur le balcon en treillis métallique. Un escalier en colimaçon descend vers la cour donnant sur le nord-ouest. Là, pierres plates et rocaille invitent à la détente.

Avantage: la salle à manger d'été se trouve en rez-de-jardin. Des portes-fenêtres en bois s'ouvrent donc sur cette cour, permettant de passer en une enjambée du plancher en béton poli de cette pièce fraîche à l'extérieur.

L'étage mitoyen contient un bureau, «la chambre des petites-filles» et la chambre principale aménagée loin de la rue comme dans les appartements haussmanniens. Sous de hauts plafonds, il y a également une nouvelle salle de bains avec plancher en ardoise et cabine de douche avec vapeur et luminothérapie. Il y a plusieurs meubles intégrés. Nommons seulement les rangements de la penderie principale et la commode en bois recomposé (placage d'Italie) dessinée par le designer d'intérieur Franck Perez, embauché par le couple en 2004. Ce meuble occupe le bas d'une niche près du hall d'entrée.

«Mes clients avaient une multitude de sculptures et de petits objets à exposer, explique M. Perez. L'idée, c'était de convertir toutes les anciennes ouvertures de portes et de fenêtres en niches.» Éclairées, les étagères encastrées ponctuent presque tous les murs, enfin ceux restés debout depuis la conversion.

Plateau de millionnaires

Cette demeure avait fait l'objet d'un article intitulé Le Plateau des millionnaires dans La Presse peu de temps après les travaux d'agrandissement et de réaménagement (en 2004). À l'époque, Michèle et Roland n'avaient pas l'intention, «mais alors pas du tout», de quitter l'endroit de sitôt. Mais huit ans plus tard, leur situation a changé. Ils ont acquis une ferme et leur maison urbaine, «déjà grande pour deux», est de trop.

Prix demandé: 1 289 000$, sans stationnement. Les 2800 pi. ca. habitables estimés pourraient aisément héberger trois générations (le sous-sol a une entrée indépendante). La dernière évaluation foncière établit la valeur du bâtiment à 767 100$ et celle du terrain à 211 500$. Plateau de millionnaires? De plus en plus, hélas.

Propriété en bref

Prix demandé: 1 289 000$.

Année de construction: 1900.

Nombre de pièces: 11, dont 3 chambres + 3 salles de bains + 1 salle d'eau

Comprend luminaires, électroménagers, climatiseur mural, mobilier intégré

Évaluation municipale (2012):  978 600$.

Impôt foncier (2012): 8909$

Taxe scolaire (2011): 1851$

À proximité des restaurants et petits commerces de l'avenue du Mont-Royal, du parc La Fontaine, d'une école primaire et du métro Mont-Royal.

Courtier: Carlo Paolucci, Sotheby's International Realty Québec, 514-933-4777