Avec plus de 100 000 habitants, Terrebonne fait partie des 10 municipalités les plus populeuses du Québec, mais une petite partie seulement habite le Boisé de la pinière, un secteur cossu accessible par la sortie 35 de l'autoroute 640.

Valérie Vézina, collaboration spéciale MONTOIT.CA

Dans ce lotissement résidentiel, les services sont enfouis, les trottoirs sont en pavé uni et le prix demandé pour les propriétés à vendre oscillait aux dernières nouvelles entre 600 000$ et 1,2 million. Détail: les résidants de ces unifamiliales «de prestige» sont tenus d'aménager leur allée privée en pavé uni, pour ne pas déparer ce quartier auquel on accède par une seule rue.

Deux tennis marquent l'entrée du quartier quasi privé. Non loin se trouve cette maison à vendre. Avec son look plus «contemporain» que «néomanoir» et son garage double accessible sur le côté (plutôt qu'en façade), elle contraste avec celles du voisinage immédiat.

Le propriétaire, Stéphane Depelteau, en a imaginé les divisions et le plan avant de demander à Construction Louis XVI de dessiner une «façade extérieure qui conviendrait au quartier», explique le courtier Éric Cameron. Alors que ce constructeur privilégie habituellement pierres et pignons, il a ici accouché d'une façade singulière mêlant béton, brique et canexel, forme de bois d'ingénierie.

Pour l'intérieur, M. Depelteau s'est inspiré d'hôtels boutiques.

Dans l'escalier, des encastrés carrés longent le bas des murs. La musique s'entend dans plusieurs pièces grâce à un système audio intégré. Et dans la salle de bains principale, la douche aux parois de verre se passe de porte.

Quatre ou cinq chambres

Un escalier en chêne avec garde-corps assorti conduit aux quatre chambres. Les planchers sont en chêne. Ils ont été teints sur place d'une nuance assez foncée.

Chacune des chambres possède une penderie. Une baignoire et une douche en angle, celle-là avec portes coulissantes en plastique, équipent la salle de bains des enfants. La salle de lessive est séparée et localisée à l'étage.

Une porte vitrée à deux vantaux isole la chambre principale. La pièce s'ouvre sur une salle des bains au plancher carrelé de céramique, au bout de laquelle on trouve la penderie, fenêtrée. En plus de la douche en angle, il y a une baignoire autoportante, et deux lavabos ovales surmontés de miroirs réfléchissant la lumière d'une grande fenêtre. Une cloison partielle isole le sanitaire des autres éléments de la vaste pièce.

Au rez-de-chaussée, une pièce fermée de 13 pieds sur 12 pourrait former une cinquième chambre, près de l'entrée. Située à gauche du vestibule, cette pièce accueille le bureau du propriétaire qui n'a qu'à franchir quelques pas pour descendre au garage en passant par le vestibule et la penderie contiguë, (elle aussi fenêtrée).

Un parti-pris pour les ouvertures horizontales

Du vestibule, on pénètre dans les pièces principales par deux portes presque pleine hauteur. Elles sont percées de cinq rectangles en verre givré. D'ailleurs, dans la résidence, les motifs horizontaux abondent.

La salle à manger peut accommoder une table carrée et huit fauteuils. Elle est séparée de la cuisine et du coin-repas orienté plein sud. Sous les armoires claires, deux percées rectangulaires encadrent la hotte et la cuisinière au gaz (le gaz naturel alimente aussi le foyer, les chauffe-eau et le barbecue). Il y a des comptoirs en granit, de jolis dosserets en pâte de verre, un réfrigérateur Sub Zero (inclus) et un cellier (non inclus).

Cuisine et coin-repas sont flanqués d'une véranda trois-saisons. Trois chauffe-terrasse et des moustiquaires rendent ce lieu encore plus accueillant au-dessus du plancher en céramique.

Une salle d'eau complète ce niveau.

Un sous-sol (non aménagé) ajoute plusieurs pieds carrés à la superficie déjà imposante. S'y trouvent une garde-robe en cèdre et un accès direct au garage, dont le plancher a été couvert de céramique pour en faciliter l'entretien.

Les occupants n'ont pas paysagé leur terrain totalisant 17 452 pieds carrés, exception faite des arbrisseaux séparant la cour arrière de la rue.

Si un grand pin a été rasé par le constructeur en 2008, plusieurs autres végétaux sont restés debout autour de l'habitation érigée à l'angle des rues du Versant et du Sanctuaire: cette végétation en partie préservée caractérise ce lotissement des autres qu'on trouve à Terrebonne et même ailleurs dans la région.

Éric Cameron, qui se spécialise dans les résidences haut de gamme, affirme que ses clients recherchent souvent quelque chose de bien précis. Quand il s'agit d'un lieu planté d'arbres matures, les options sont malheureusement trop rares sur la rive nord. «À Fontainebleau (un secteur de Blainville), il y a des grandes maisons, mais il n'y a plus d'arbres», indique-t-il à titre d'exemple.

Qu'à cela ne tienne, Terrebonne, à part le quartier cossu dont on parle ici, reste l'une des banlieues montréalaises les plus abordables. Le prix médian de la revente des unifamiliales y variait de 196 000$ à 249 000$ pour le premier quartile de 2011, comparativement à 271 000$ à Laval. C'était 317 250$ à Lorraine, l'une des municipalités les plus boisées de la rive nord...