Outremont se décline en plusieurs quartiers. Il y a la côte Sainte-Catherine avec ses cottages cossus en pierre. La rue Van Horne et ses petits commerces. Les écoles, les couvents, les collèges. Les cottages jumelés autour de la rue Laurier. Et la montagne et ses grandes propriétés bourgeoises de l'élite francophone. Moins fréquentées parce qu'éloignées des aires commerciales, elles s'alignent le long des rues tournoyantes où il fait bon se perdre. Bien sûr, on peut y promener son chien, mais le quartier est en retrait. C'est ainsi que l'aiment les résidants.

Marie-Andrée Amiot
Marie-Andrée Amiot LA PRESSE

Plusieurs des maisons sont relativement récentes, ayant été construites après 1940. Presque toujours, elles sont l'oeuvre d'architectes. Comme celle de la famille Kavathas dessinée par l'architecte André Blouin à qui on doit de grands ouvrages dont le pavillon de la France de l'Expo 67 transformé plus tard en casino.

 

La résidence a vu le jour en 1960. Son architecture tombe dans le style du temps: lignes droites, pierres allongées, briques et bois naturel, plus de matériaux métallisés. Un style largement copié dans les banlieues des années 50 et 60. Un style aussi qui, après avoir été dénaturé pendant quelques décennies, revient en force.

La propriété de la famille illustre bien cette ère où les traditions architecturales ne demandaient qu'à être revues... et corrigées. À titre d'exemple, les énormes fenêtres qui éclairent chacune des 12 pièces. Le vaste hall d'entrée qui mène vers les pièces du rez-de-chaussée. L'escalier en arrondi au garde-corps en fer forgé, aéré et dont l'arrière-plan est une façade vitrée. Une cuisine qui n'est pas réservée aux domestiques. Chacune des six chambres si vastes qu'on peut y aménager un très, très grand lit, un pupitre, des commodes...

Cette propriété, résolument banlieusarde, est idéale, assure le propriétaire Chris Kavathas. «On se croirait en plein West Island mais on est à deux pas de la ville.» Même la «cour» a des airs de banlieue avec son immense terrasse, son coin barbecue et son petit jardin japonais. Car même si M. Kavathas a grandi à Outremont, il avait choisi la ville de Dollard-des-Ormeaux pour y élever ses trois enfants, histoire de leur offrir la tranquillité loin de l'urbanité. Mais la ville et son quartier lui manquaient. «Quand on m'a présenté cette maison, j'ai réfléchi 15 minutes. J'ai acheté, puis j'ai appelé ma femme.» C'était en 1997. La propriété appartenait à une famille arménienne qui ne l'habitait que sporadiquement depuis trois ou quatre ans. Son coup de coeur? La piscine intérieure installée par l'architecte Blouin. «Je suis sportif, j'aime l'eau et j'imaginais les enfants se baigner.»

Malgré le charme de la maison, «il a fallu beaucoup la rénover pour la mettre à notre main», constate M. Kavathas qui a arraché des kilomètres de moquettes rouge, refait la cuisine et certaine des cinq salles de bains, modernisé l'éclairage, repensé les bureaux et autres pièces communes. Bref, pendant 10 ans, il a travaillé à réaliser un chez-soi répondant aux besoins de la famille.

Au fil des ans, chacun des trois niveaux a vu les ouvriers. La cuisine, typique des années 60, est devenue une aire moderne: plusieurs rangements, des électros haut de gamme (avec une plaque comprenant friteuse, grill, plaque chauffante, éléments au gaz, etc.), un long îlot recouvert d'une seule plaque de granit permettant à huit personnes de s'asseoir.

Si d'autres pièces ont vu d'importantes transformations, la chambre principale et la salle de bains adjacente ont été refaites à neuf. La salle de bains, fastueuse avec ses comptoirs et son sol noir en marbre, est également étonnante en raison de sa verrière arquée au-dessus de la baignoire et exécutée par un artiste. La famille quitte la maison pour de nouveaux projets qu'elle préfère garder secrets pour le moment. Peut-être envisage-t-elle quelque chose de plus petit?

 

La maison en bref

Douze pièces dont six chambres

Aire habitable: 7000 pieds carrés répartis sur trois paliers

Trois fours à grillades, dont deux à l'intérieur, piscine intérieure, gym, bain turc

Cinq salles de bains

Impôt municipal et taxes scolaires: 18 913$

Prix demandé: 2 750 000 $

Agent: Claudette Chénier, Royal LePage Dynastie. 514-594-3476.