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Immobilier: faut-il vendre maintenant?

Tristan Geoffroy et sa conjointe Natasha ont mis... (Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Tristan Geoffroy et sa conjointe Natasha ont mis leur propriété du Plateau Mont-Royal en vente il y a deux mois. Pour vendre plus rapidement, ils ont révisé à la baisse le prix fixé par leur agent.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

Alain McKenna

Collaboration spéciale

La Presse

L'année 2018 s'annonce comme une année record pour l'immobilier résidentiel dans le Grand Montréal. Jusqu'à présent, la hausse des taux d'intérêt et des conditions de prêts hypothécaires plus sévères n'ont pas su freiner cet élan, à la surprise des analystes. Mais l'embellie durera-t-elle? Mieux vaut-il vendre plus tôt que tard?

«ON ESSAIE D'EN PROFITER»

Au Québec, on a recensé 18 798 ventes résidentielles au troisième trimestre de 2018, soit 5 % de plus qu'au même trimestre de 2017. Il s'agit d'une 17e hausse consécutive, observe la Fédération des chambres de commerce du Québec. L'élan s'essoufflera-t-il un jour?

«En tout cas, nous, on a beaucoup de visites!», s'exclame Tristan Geoffroy, un propriétaire du Plateau Mont-Royal qui, au fil des 12 dernières années, a entièrement rénové son cottage pour répondre aux besoins d'une famille grandissante. Désirant retourner vivre à la campagne maintenant que les enfants sont plus vieux, sa conjointe Natasha et lui ont mis la propriété en vente il y a deux mois et misent sur le temps de vente moyen du marché pour régler une transaction plus tôt que tard.

«On n'est pas pressés, mais en même temps, on aimerait faire vite. Le marché est plutôt favorable aux vendeurs, alors on essaie d'en profiter», explique le chef d'équipe R & D chez Ubisoft Montréal. Pour accélérer la vente, il a révisé à la baisse le prix fixé par son agent. «On ne cherche pas la surenchère. On compte cinq chambres et deux salles de bains sur trois étages, avec une cour, une terrasse et un sauna. Je pense qu'on possède un produit niché, il suffit de trouver le bon acheteur», conclut-il.

Ça va vite... si vous êtes patient

La bonne nouvelle pour la famille Geoffroy, c'est que Montréal est considéré comme «un marché de vendeurs» par les experts, et qu'il devrait le rester pour plusieurs mois encore. Pour l'ensemble du Québec, le délai moyen pour conclure une transaction au cours des 3 derniers mois a été de 108 jours pour une maison unifamiliale et de 115 jours pour un condo, contre 110 et 114 jours au cours des 9 mois précédents.

La métropole n'échappe pas à la tendance. «C'est sûr qu'une année record, ça crée des attentes, explique Martin Desfossés, porte-parole pour DuProprio. Mais même si le marché baisse après avoir atteint un sommet, 2018 n'est pas 2008, l'année où tout s'est effondré. Ce qu'on voit, c'est un équilibre un peu à l'avantage des vendeurs, pas une surchauffe.»

Les mesures gouvernementales des derniers mois visant à resserrer l'accès à la propriété, et qui visaient surtout à freiner la hausse accélérée de la valeur des propriétés à Vancouver et à Toronto, n'ont pas eu l'effet de douche froide qu'on redoutait à Montréal, tandis que les taux d'intérêt demeurent raisonnables malgré la hausse, ajoute Paul Cardinal, de la Fédération des chambres immobilières du Québec.

«C'est de bon augure à long terme, même que je dirais que le niveau d'activité en 2019 sera comparable à celui de 2018», prédit-il. L'emploi va bien et la confiance des consommateurs est élevée partout au Québec, Montréal compte aussi sur un flux migratoire positif. «Et malgré tout, un prêt hypothécaire sur cinq ans à un taux sous les 4 %, ce n'est pas si cher payé», ajoute M. Cardinal.

«C'est un bon moment pour vendre. La preuve: à Montréal, 1 vendeur sur 10 finit par vendre sa propriété au-delà du prix demandé. Il suffit de patienter un peu...»

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Le cottage de Tristan et Natsha compte cinq chambres et deux salles de bains sur trois étages, avec une cour, une terrasse et un sauna.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

Quatre astuces pour mieux vendre

Patrick Juanéda et Martin Desfossés comptent plusieurs années d'expérience dans la vente résidentielle. Voici leurs conseils aux propriétaires qui voudraient profiter des conditions du marché pour vendre leur propriété prochainement.

Prendre le temps de bien faire les choses

«Vendre sa maison est un geste émotif, mais si on veut le faire convenablement, il faut prendre le temps de faire les rénovations nécessaires et d'analyser le marché pour trouver le prix juste», dit M. Desfossés.

Le prix juste

«Regardez autour de chez vous ce qui vend et ce qui ne vend pas. Ça permet de comparer votre propriété aux autres pour établir sa valeur raisonnablement, et vous verrez du coup ce qui fait vendre, et ce qui ne fait pas vendre», dit M. Juanéda.

Bien rénover

«Signe qu'on n'est pas dans une bulle immobilière : votre propriété ne se vendra pas si elle n'est pas en bon état», assure M. Juanéda. Si vous tenez à en tirer la valeur désirée, les rénovations et un peu plus de patience sont essentielles.

Être agile

«Dans l'oeil de l'acheteur, vous rivalisez aussi avec les constructions neuves. Votre avantage est que vous pouvez vous adapter: pouvoir libérer rapidement les lieux pour offrir une occupation rapide pourrait faire la différence», suggère M. Desfossés.

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2018 pourrait bien être une année record pour l'immobilier résidentiel dans la grande région de Montréal.

Photo Edouard Plante-Fréchette, La Presse

MONTRÉAL MOTEUR DU MARCHÉ

Même hors de la ville, le marché semble porté par les Montréalais.

«Ça fait quatre ans qu'on souhaite s'installer en bordure d'un lac. On a pensé à un chalet, mais deux propriétés, c'est aussi deux comptes de taxes. Alors, on a attendu que le marché soit favorable, et on a décidé de vendre.»

Pour Mathieu Paquette, un entrepreneur en construction qui a lui-même bâti sa propriété actuelle dans la montagne, à Sainte-Anne-des-Lacs, c'est tout un changement de cap. Surtout que sa résidence, une maison ronde au design unique, a été bâtie pour le long terme. À tout le moins, elle n'a pas été construite en vue d'être vendue rapidement, raconte M. Paquette. «Mais les plans ont changé», dit-il.

Le marché aussi: les Laurentides ne connaissent pas la frénésie immobilière de Montréal, mais les délais de vente ne sont pas longs et, surtout, les valeurs grimpent régulièrement depuis près de 10 ans. «Je ne suis pas pressé: j'ai un prix en tête», assure d'ailleurs Mathieu Paquette.

Deux mondes à part

Alors que Montréal profite d'un afflux soutenu d'acheteurs étrangers pour stimuler son marché des condos, en banlieue et dans les régions plus éloignées de la ville, ce sont les ex-Montréalais qui donnent du tonus au marché de la revente, constate Patrick Juanéda, courtier sur la Rive-Nord pour Via Capitale.

«On voit beaucoup de gens qui désirent fuir la congestion routière du centre-ville en optant pour la banlieue. Il faut dire que le marché de l'emploi est solide aussi en région. Mais contrairement à Montréal, le marché des condos est au ralenti. En banlieue, ce sont les unifamiliales et les immeubles à logements qui ont la cote.»

C'est aussi ce qu'indiquent les statistiques de la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ): sur un an, la revente de maisons unifamiliales est en repli de 15 % à Montréal, alors qu'elle est en hausse de 3 à 4 % sur la Rive-Sud et la Rive-Nord. Et pourtant, la hausse des prix est plus prononcée dans l'île qu'à l'extérieur, à 7 % contre 4 %.

Pas surprenant de voir les acheteurs à la recherche d'une unifamiliale lorgner les banlieues. Il ne leur reste qu'à décider s'ils préfèrent le lac à la montagne...




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