Le casse-tête des foyers à Montréal

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Les appareils qui émettent le moins de particules fines dans l'air sont dotés d'un catalyseur. Il s'agit d'un bloc de céramique qui, une fois réchauffé, brûle pratiquement toutes les particules contenues dans la fumée de la première combustion.

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André Dumont

Collaboration spéciale

La Presse

Dès le 1er octobre 2018, beaucoup de Montréalais devront renoncer à leur foyer au bois. Même leurs cheminées ne pourront plus être utilisées. On les condamne ou on les met à niveau à coups de milliers de dollars?

À partir d'octobre prochain, dans les 19 arrondissements de Montréal, les seuls poêles et foyers au bois qui pourront encore être utilisés en dehors des pannes d'électricité prolongées seront ceux qui n'émettent pas plus de 2,5 g de particules fines à l'heure. Après avoir été lointaine et largement ignorée, cette échéance a maintenant un impact réel sur les transactions immobilières.

Dans le parc immobilier montréalais, encore peu de foyers au bois ont été convertis pour se conformer à la réglementation. L'opération est coûteuse. Avec la mise à niveau de la cheminée, elle peut facilement atteindre les 10 000 $.

Les propriétaires actuels et futurs acheteurs peuvent aussi choisir une option moins coûteuse, comme une conversion au gaz naturel, au propane ou à l'électricité. On peut aussi tout simplement condamner le foyer et sa cheminée.

«Les foyers, c'est comme les piscines creusées. Certains acheteurs veulent absolument les garder, d'autres veulent s'en débarrasser. D'une personne à l'autre, la perception est très différente», explique Alexandre Gosselin, courtier immobilier, Équipe Forgues et Gosselin (Sutton).

La présence d'un foyer, qu'il soit conforme à la réglementation municipale ou pas, se reflète très peu dans la valeur d'une propriété. Selon Alexandre Gosselin, à l'approche de l'échéance du 1er octobre 2018, la bonne pratique veut que les courtiers ajoutent une mention au sujet du foyer dans la fiche descriptive des propriétés mises en vente.

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La présence d'un foyer, qu'il soit conforme à la réglementation municipale ou pas, se reflète très peu dans la valeur d'une propriété.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

D'emblée, on peut supposer qu'un poêle ou un foyer qui est en place depuis plus de trois ans émet plus de 2,5 g de particules fines à l'heure. Ce seuil, l'un des plus bas au monde, rendrait ces appareils à combustion si peu polluants qu'ils ne contribueraient pas à la formation de smog.

Inspection

L'examen des appareils à combustion solide ne fait pas partie d'une inspection préachat réalisée selon les normes de pratique des associations d'inspecteurs. C'est au propriétaire vendeur de démontrer, documents à l'appui, que son installation est conforme. Sinon, l'acheteur peut mandater un ramoneur certifié, membre de l'Association des professionnels du chauffage (APC), pour connaître l'état de l'installation.

L'inspection d'un ramoneur certifié portera à la fois sur l'appareil et sa cheminée. Dans bien des cas, il faudra ouvrir les murs qui cachent la cheminée, pour observer si la disposition des matériaux ne risque pas de provoquer un incendie ou d'en accélérer la propagation.

Les appareils qui émettent le moins de particules fines dans l'air sont dotés d'un catalyseur, explique Charles Hamel, copropriétaire de l'entreprise familiale Poêles et Foyers Rosemont. Il s'agit d'un bloc de céramique qui, une fois réchauffé, brûle pratiquement toutes les particules contenues dans la fumée de la première combustion.

Le choix de modèles qui répondent à la réglementation adoptée par la Ville de Montréal est très limité. Chez Poêle et Foyers Rosemont, seuls trois modèles de foyer et une dizaine de modèles de poêles sont suffisamment peu polluants pour être utilisés à Montréal.

Le choix s'élargit lorsqu'on opte pour l'électricité, le gaz naturel ou le propane comme source d'énergie.

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Le chauffage au bois sera réglementé de façon plus sévère dès octobre prochain.

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Les cheminées de condos

Dans les années 80 et 90, de nombreux immeubles résidentiels de trois ou quatre étages ont été érigés à Montréal. Les foyers de ces logements sont disposés en angle dans le salon, de manière à créer un vide derrière les appareils. Les cheminées des logements qui sont superposés passent par ce vide pour atteindre le toit.

Lorsqu'il y a incendie, qu'il soit provoqué par le chauffage au bois ou non, ce vide accélère la propagation des flammes d'un logement à l'autre. Cette façon de faire passer les cheminées à travers les étages ne correspond plus aux normes de sécurité incendie d'aujourd'hui.

Pour rendre ces installations plus sécuritaires, il faut «chemiser» chacune des cheminées, en l'enfermant sur toute sa longueur dans un caisson recouvert de gypse, explique Charles Hamel. 

«Si le propriétaire d'un foyer au rez-de-chaussée veut rendre son installation conforme, il faut que les voisins aux deuxième et troisième étages acceptent qu'on ouvre aussi le puits derrière leurs foyers. C'est une contrainte qui fait que les gens abandonnent souvent leur projet.»

En transaction immobilière, l'acheteur d'un condo qui tient à pouvoir utiliser le foyer et sa cheminée doit s'assurer que ses futurs copropriétaires seront d'accord avec les travaux requis. Conserver un foyer dans un rez-de-jardin exige l'accord des trois propriétaires au-dessus! Or, dans bien des cas, les voisins n'ont pas utilisé leur foyer depuis plusieurs années et n'entendent pas partager la facture d'une mise à niveau.

Si la question du foyer est importante pour l'acheteur, il peut en faire une condition dans son offre d'achat, suggère le courtier Alexandre Gosselin. Le propriétaire qui veut vendre à cet acheteur devra d'abord obtenir une entente avec les copropriétaires concernés, sur le projet de condamner les installations ou de les rendre conformes à la réglementation. Il pourrait bien sûr aussi choisir de vendre la maison à un autre acheteur...




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