Les orages des derniers jours ont été redoutables, entraînant dans leur sillage des refoulements d'égout dans les sous-sols où il n'y aurait pas de soupape de retenue, communément appelée clapet antiretour ou antirefoulement.

Gilles Angers LE SOLEIL

Votre maison a moins de 30 ans, rassurez-vous. Elle a probablement la sienne. Cette soupape, qui est à battant, est d'ordinaire située à un mètre environ en amont du trou de l'avaloir (drain) de votre sous-sol. Dans le conduit même, d'ailleurs.

Elle ouvre d'elle-même suivant le débit d'évacuation de vos eaux usées. Mais refuse net de le faire lorsque, à l'occasion d'orages violents, le réseau public ne fournit pas à la tâche et catapulte ses eaux à rebours. Comme une onde de choc.

«Là, votre sous-sol se dérobe à un envahissement par les eaux et évite que les appareils sanitaires s'y trouvant - toilette, douche, lavabo ou cuve - ne subissent, pour leur part, le fracas des eaux de reflux», explique Mario Grondines, inspecteur en bâtiment au service d'Habitation Expert-Conseil de Loretteville.

Promontoire

En revanche, il n'est pas besoin de protéger, de la sorte, les sanitaires du rez-de-chaussée et de l'étage. «Car le sous-sol lui-même est sous le niveau de la rue. L'eau y reste par effet de vases communicants. Il lui est donc impossible d'y monter», continue l'inspecteur.

D'un autre côté, si votre maison est située sur un promontoire, que son vide sanitaire ou son sous-sol sont au-dessus du niveau de la rue, nul refoulement ne peut s'y produire.

La soupape n'en demeure pas moins de nécessité. «Car elle a aussi pour objet de faire barrage à la vermine», précise M. Grondines.

Enfin, le «clapet» n'est jamais parfaitement étanche. Il peut y passer de l'eau. Si le refoulement est long et ininterrompu, elle pourrait gagner la dalle de béton pour la couvrir de quelques pouces, sinon plus.

Entretien

Si, au cours des années, la soupape de retenue a été «oubliée», elle pourrait être dysfonctionnelle. «Ce n'est pas parce qu'on en a une qu'on est hors d'atteinte. Il faut l'entretenir», met en garde Mario Grondines.

Autrefois, elle était en fer. Si elle a été laissée pour compte, elle a pu rouiller jusqu'à perforation à moins que sa charnière ne soit disloquée. Ou qu'elle soit coincée du fait que des cheveux ou du papier hygiénique aient pu s'y accrocher. Il faut donc la regarder de près.

On peut le faire en dévissant la plaque métallique, laquelle est à ras de sol, mais près de l'entrée d'eau principale cette fois. On l'enlève, on nettoie la soupape, on l'enduit d'huile ou de graisse, puis on la remet en place.

Si elle est en plastique (à un mètre de l'avaloir), elle requiert moins de soins, Encore qu'à chaque deux ans, on doive la vérifier. Après avoir ôté le couvercle, lequel est également en plastique, on l'examinera bien. On portera un regard attentif à sa bande de contact. Si elle est usée, c'est toute la soupape qu'on doit remplacer.

Si vous n'en avez pas

Votre maison a plus de 40 ans, il est possible qu'elle n'ait pas du tout sa soupape. En faire poser une est affaire de 500 $ environ. «Il faut au maître plombier casser le béton, couper le tuyau, installer l'appareil aussi bien que son accès et refaire localement le béton», détaille M. Grondines.

À moins que vous ne réclamiez du plombier qu'il pose une soupape de retenue dans le raccord d'égout de chacun des appareils sanitaires du sous-sol. «Ce qui évite de casser et reprendre le béton», pense tout haut le conseiller en bâtiment.

Durant les années 60, évoque-t-il, visser un bouchon sur l'avaloir était à la mode. L'introduction d'eau par refoulement était alors impossible. «Il ne faut pas faire ça. Si votre chauffe-eau coule sans retenue pendant votre absence, vous serez dans de beaux draps», appréhende-t-il.

Puis, si un couvre-plancher cache votre dalle de béton, que l'endroit où se trouve l'avaloir vous est inconnu, vous n'en mènerez pas large.

Vous savez où il se trouve et avez prévu une trappe d'accès. Fort bien. Mais vous ne pourrez ni voir le couvercle d'accès à la soupape ni l'atteindre. Dans ce cas, ou bien vous brisez le plancher ou bien vous faites introduire une caméra d'inspection dans l'avaloir pour être bien sûr qu'elle est là.