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Foyers: problèmes sous la braise

Normand Hamel, de Poêles et foyers Rosemont, au... (Photo Robert Mailloux, La Presse)

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Normand Hamel, de Poêles et foyers Rosemont, au coin du feu avec son petit-fils Louka, deux ans. Le foyer Defiant Encore, de la compagnie américaine Vermont-Casting, est « l'appareil le plus performant sur le marché », dit M. Hamel. Il ne fait pratiquement plus de fumée : 0,7 gramme par heure.

Photo Robert Mailloux, La Presse

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Chauffage et économie d'énergie

Habitation

Chauffage et économie d'énergie

Avec l'arrivée de la saison froide, plusieurs propriétaires cherchent de nouveaux moyens d'économiser de l'énergie. En voici quelques-uns. »

Les vacances de Noël, enfin! Les décorations, le... (Photo David Boily, La Presse) - image 1.0

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Les vacances de Noël, enfin! Les décorations, le feu dans l'âtre et le temps, si on a dix ans, de faire un casse-tête sur le plancher du salon. La jeune Marianne Richard, au centre, a invité ses deux amies, Juliana Kuchta, à droite, et Lily Beauchesne, à gauche. L'activité est sans intérêt pour Pouchie le bichon. Le foyer, homologué EPA (l'Agence de protection de l'environnement américaine), est un modèle Onyx, de la compagnie ICC-RSF de Saint-Jérôme. Il se vend à partir de 2850$. Le contour de pierre, modèle Elk Ridge de la compagnie québécoise Dracmé, se vend 1320$. On peut y ajouter une tablette (495$) et une base de ciment (375$).

Photo David Boily, La Presse

Le feu danse dans la cheminée... Jolie chanson, tant qu'il y reste, dans la cheminée, et ne menace pas de courir dans les murs jusqu'aux étages supérieurs! Les propriétaires de condominium avec foyer sont légions, au Québec, à vivre avec une installation non sécuritaire. Conduits de fumée nus regroupés dans un même puits technique, caisson déposé directement sur les solives, cheminée incompatible avec le foyer en place: il y a péril en la demeure. Ces problèmes se corrigent... non sans flamber quelques milliers de dollars. Ce n'est pas exactement la flambée espérée, mais elle permet d'en finir avec un dossier brûlant. Pour nombre de propriétaires, c'est aussi l'occasion de prendre le virage écologique.

 Un coup d'oeil sur le dessin de la Régie du bâtiment du Québec et on comprend tout. Le feu se propage d'un condo à l'autre, aspiré par un puits de cheminée qui traverse les étages. On a beau avoir un foyer dûment homologué et une cheminée correcte, c'est l'installation qui n'est pas conforme. Le coupable: un trou dans la séparation coupe-feu, censée isoler totalement chaque logement des autres.

L'immeuble est vulnérable même si on renonce à brûler une bûche, car l'incendie peut tout aussi bien prendre naissance dans la cuisine ou le salon et se propager par le puits.

«C'est le problème typique des condominiums, commente Stéphane Archambault, spécialiste en prévention du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM). Pour un concepteur, utiliser un même puits pour plus d'une cheminée fait gagner de l'espace.»

Le Code national du bâtiment, adopté par la Régie du bâtiment du Québec avec quelques modifications provinciales, indique clairement «qu'une séparation coupe-feu doit être intègre», dit Nathalie Lessard, architecte à la RBQ. «Chaque logement doit disposer d'une installation qui retarde la propagation du feu de 45 minutes à une heure.»

L'ingénieur Daniel Olivier, depuis 12 ans à l'emploi de l'Association des professionnels du chauffage (APC), ne cesse de véhiculer le même message que la RBQ et le SIM: «Une gaine technique doit entourer individuellement chaque cheminée.» Pour ce faire, il existe des assemblages homologués, en gypse.

Même son de cloche du côté de Ghislain Bélanger directeur général de l'APC, qui ajoute: «Si la Ville ne met pas ces propriétaires au pied du mur, les assureurs le feront.»

Un propriétaire fait examiner son foyer à la demande de son assureur ou d'un acheteur éventuel. Et quand l'inspecteur se pointe dans un quartier... il se déplace pour la peine. «Juste en observant les toits, on peut repérer les installations non conformes, dit Daniel Olivier. Si les conduits sont rapprochés, il est évident qu'ils n'ont pas de gaine séparée. Mon code de déontologie m'oblige à dénoncer cela.» Et tout le quartier de recevoir un avis de non-conformité du SIM... Chaque propriétaire est tenu d'en aviser son assureur, s'il veut maintenir valide le contrat qui le protège.

Patate chaude

Que faire quand il n'y a pas assez de place pour isoler le ou les conduits? «La solution consiste à espacer les solives du plancher de façon à pouvoir y passer le conduit et son étui de gypse, soutient M. Olivier. Il faut un espace de deux pieds alors qu'on construit généralement avec un espace de 18 pouces. Cela implique de gros travaux alors les gens cherchent un plan B.»

Ils peuvent présenter, détails et photos à l'appui, des «mesures équivalentes» pour colmater la brèche dans le coupe-feu, et les soumettre pour approbation aux instances concernées, soit le service d'incendie de la municipalité (de l'arrondissement dans le cas de Montréal) pour les constructions n'excédant pas huit logements ou deux étages, et la RBQ pour les édifices de plus grande envergure.

«Dans les faits, explique M. Olivier, faute d'inspecteurs, la RBQ pellette la responsabilité dans la cour des municipalités.»

Docteur foyer

Membre de l'Association des professionnels du chauffage depuis 33 ans, Normand Hamel, propriétaire de Poêles et Foyers Rosemont, a «soigné» plusieurs immeubles à condos construits dans les années 80 et 90. «Un autre problème fréquent, confie-t-il, est l'absence de coupe-feu autour du foyer. On ouvre et on voit de la laine minérale, des deux par trois, des canettes de Coke vides... Il faut enlever le caisson, poser le gypse, jointoyer et remettre le caisson.»

Et si on condamne le foyer? On enlève caisson et cheminée, puis on rend au logement une protection coupe-feu intégrale. «Ce n'est pas nécessairement une bonne idée, estime M. Olivier. Ça fait baisser le prix de la propriété.»

UNE SUBVENTION CONTRE UN VIEUX POÊLE

La nécessité d'ouvrir murs et planchers pour rendre une installation sécuritaire est une bonne occasion de changer un appareil de chauffage désuet pour un neuf «à la hauteur des normes écologiques actuelles», fait valoir l'ingénieur Daniel Olivier, de l'Association des professionnels du chauffage (APC). «De toute façon, la durée de vie d'un foyer est d'environ 25 ans».

Argument pour: les lois devraient être plus strictes «d'ici deux ans ou plus», comme l'affirme Ghislain Bélanger, directeur général de l'APC. À la Ville de Montréal et au ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, on planche en effet sur une réglementation qui limitera les émanations polluantes des poêles et des foyers. La verte Victoriaville a pris les devants cet automne en exigeant l'homologation EPA (de l'Agence américaine de protection de l'environnement) pour tout appareil à combustion solide sur son territoire. L'APC, qui presse depuis une décennie les autorités municipales et provinciales de légiférer, préconise une mesure similaire.

Subvention

L'Association lancera cet hiver, en partenariat avec les commerçants, un programme de subventions incitant les propriétaires d'appareils au bois à échanger du vieux contre du EPA. À surveiller dès janvier sur le site de l'APC: www.poelesfoyers.ca  Entre 45 000 et 100 000 poêles et foyers seraient visés dans la seule région de Montréal, selon des estimations avancées par l'industrie.

Le plus récent standard, l'EPA phase deux, pose à 4,1 g/heure le maximum de particules émises. On est loin de la boucane d'il y a 20 ans: entre 40 et 60 g/h.

Tous les combustibles - bois, gaz naturel, gaz propane - émettent en brûlant du CO2, un gaz à effet de serre. Mais le bois est une ressource renouvelable et l'arbre qui grandit puise dans l'atmosphère le CO2 qu'il lui rendra en brûlant ou en se décomposant. Acheté localement et brûlé efficacement, le bois devient un choix écologique.

 ACHETER UN CONDO AVEC FOYER

 Rosanne Héroux, porte-parole de CAA-Québec, organisme qui offre à ses membres un service-conseil en habitation, recommande aux acheteurs de faire une offre d'achat conditionnelle à l'inspection complète du foyer. «En clair: une inspection où on ouvre le mur pour voir derrière le foyer. De plus en plus, les nouvelles constructions ont des trappes de part et d'autre du foyer, à des fins d'inspection ou de réparation.» Stéphane Archambault, du Service de sécurité incendie de Montréal, recommande: «Exigez un certificat de conformité délivré par un professionnel, ingénieur, architecte ou technologue, qui atteste que l'installation du foyer est conforme au Code du bâtiment.» Sinon, faites ouvrir les murs par un inspecteur qualifié, par exemple l'ingénieur de l'Association des professionnels du chauffage: 514-270-4944. Si l'installation n'est pas conforme, négocier le prix du condo en fonction des travaux à effectuer.

 MODIFIER SON CONDO

 La meilleure référence pour trouver un entrepreneur qualifié en matière de chauffage au bois est l'Association des professionnels du chauffage, dont voici les coordonnées: 514-270-4944, www.poelesfoyers.ca . Si on envisage des «solutions de rechange», l'entrepreneur, pour rester en loi, doit soumettre pour chaque cas une demande à la municipalité (ou l'arrondissement ou la Régie du bâtiment du Québec), dans laquelle il décrit sa solution et démontre qu'elle atteint l'objectif de sécurité. À Montréal, on peut s'informer au bureau de prévention incendie de son arrondissement, dont on obtient le numéro au 514-872-3800. Chaque arrondissement peut établir ses spécificités: Outremont, par exemple, exige la présence d'une trappe d'inspection au-dessus du foyer. Le Service prévention incendie de la Ville de Montréal: www.ville.montreal.qc.ca/sim

 




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