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L'art de cohabiter à Noël

Peu importe la taille du rassemblement, il est...

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Peu importe la taille du rassemblement, il est possible pour chaque membre de la famille d'avoir son espace durant le temps des Fêtes.

Gilles Angers
Le Soleil

Comme on s'entasse à la maison durant les Fêtes! Conçue d'ordinaire pour quatre ou six personnes, une quinzaine, voire davantage, viennent, certains soirs, s'y ajouter. Sans compter peut-être quelques parents et amis débarqués pour quelques jours. Mais pour réussir de pareils rendez-vous, il faut d'abord s'organiser et déléguer au lieu de se persuader de tout faire soi-même. On doit se réserver des moments pour se reposer et miser sur l'esprit de service des invités. Finalement, vaut mieux ne pas s'emporter pour une bagatelle ou le «relâchement des freins» d'une personne qui a pris un verre de trop.

«N'entrez en guerre contre personne, ce n'est pas le temps. Évitez les propos de nature à susciter des conflits. Dérobez-vous poliment à celle ou celui qui cherche querelle. Contenez vos impatiences, ne soyez pas acrimonieux. Car cela coûte beaucoup d'énergie et est générateur de stress», met en garde Guy Lafond, psychologue à la retraite de Québec.

Sortez, allez marcher ou jouer. Ou prenez tout simplement un «bon bol d'air». Mettez-vous à l'écoute des enfants, des personnes seules ou différentes que vous accueillez. Ils sont de remarquables exutoires. «Et sachez que chaque personne est unique. Qu'elle a quelque chose à vous apprendre et réciproquement», continue M. Lafond.

Et si la horde d'invités part tardivement alors que vous êtes moulu de fatigue ou que les beaux-parents étirent leur séjour, ne vous hâtez pas d'en prendre ombrage. «Croyez qu'ils se sentaient bien... grâce à vous», schématise le psychologue.

Cependant, si le désordre dans la maison vous est insupportable, si la moindre égratignure sur un meuble ou le plancher vous met dans tous vos états, ou que vous êtes porté «à faire une syncope pour un verre de vin renversé», peut-être vaudrait-il mieux ne pas recevoir, suggère-t-il.

Finalement, M. Lafond tient à remettre les pendules à l'heure. «Les ménages où, durant les Fêtes, on se crêpe le chignon sont moins nombreux qu'on ne le croit. Et 17 personnes, par exemple, vers qui va toute votre affection et qui entrent chez vous, cela est merveilleux!» trouve-t-il. Quand bien même il se produirait quelques irritants...

Bonne organisation

Selon Michèle Paris, organisatrice professionnelle au service de la société En Place de Saint- Nicolas, la réduction de la probabilité de chicanes passe par une bonne planification, une organisation repensée des espaces et du rangement, un partage des tâches entre hôtes et invités, puis des périodes de repos «avant, pendant et après les événements», insiste-t-elle.

«En tant qu'hôte, ne vous employez pas à tout faire et tout contrôler. Vous ne gagneriez que fatigue et humeurs instables. Et les invités, eux, seront un peu gênés par votre zèle. Ayez l'humilité d'accepter de l'aide, vous ne vous en porterez que mieux. Car la peine ne doit pas l'emporter sur le plaisir», plaide Mme Paris.

Pendant un repas, afin de prendre part aux plaisirs de la conversation à table, il faut se sentir à l'aise de proposer aimablement à une personne, qui se complaît dans la position assise, de prendre le relais aux chaudrons, au service ou à la vaisselle. Elle ne devrait pas s'y opposer.

Première règle pour réussir son projet : accueillir la visite dans une maison en ordre. En principe, tout doit être «nickel». Afin que la visite puisse la voir telle que dans sa propreté, avant de se dévêtir. Puis faites en sorte que chacun sache se gouverner sans attendre expressément de l'aide : où déposer promptement son paletot, ses bottes, ses cadeaux ou ses valises; puis où se trouve la salle de bains, la chambre, le cas échéant, qu'il occupera, là où les enfants pourront jouer et là où il pourra, en temps et lieux, les coucher.

«En fait, la clé est dans les communications», croit l'organisatrice. On se marchera sur les pieds, d'accord. Mais moins, et sans sortir les gants de boxe.

Se faciliter la vie

D'un autre côté, on peut, techniquement, se faciliter la vie. On acquerra ou on louera des cubes de rangement, des jeux vidéo, un téléviseur supplémentaire, des crochets amovibles de porte de chambre à coucher, des chaises et des tables pliantes. On montera éventuellement une tente, dans une pièce, pour les enfants. La baignoire servira de vestiaire à bottes, le lit de la chambre principale, de penderie.

Mais être bien équipé ne règle pas tout. «Il arrive qu'on le soit trop», continue Mme Paris. C'est pourquoi il faut également une approche stratégique pour leur distribution et leur emploi. Et un esprit commun d'ordre et de collaboration. Autrement, à quoi bon tout un luxe d'accessoires?

«Puis on se fera à l'idée que les lieux ne seront pas comme dans un magazine de décoration», continue Mme Paris. Et tout ce climat est, au fond, charmant durant les Fêtes, renchérit-elle.

Finalement, il faut connaître ses limites. Si la tâche à accomplir est trop lourde, et que le rendez-vous revêt beaucoup d'importance pour la famille, on peut louer une salle, recourir aux services d'un traiteur, partager les coûts et les responsabilités. À moins qu'à la maison même, on demande à chaque convive ou à chaque famille d'apporter un mets. Avec un partage des tâches, dont chaque membre de la famille sera prévenu et qu'on affichera sur le frigo.

 Réunions familiales : plaisir partagé

 Recevoir des proches, avec lesquels on se sent bien, durant quelques jours, c'est un morceau de bonheur qu'on s'offre. À la condition de ne pas se faire mourir à la tâche qui peut, du reste, être partagée. Comme le plaisir.

 «On change de routine, on discute, on sort, on s'adonne à des jeux de société, on fait la popote. Mais comme hôte ou comme invité, on peut s'excuser de ne pas participer à une activité de temps à autre pour prendre un peu de répit», estime Michèle Paris, organisatrice professionnelle sous la bannière En Place, à Saint-Nicolas.

 Bien sûr, il faut planifier son menu à l'avance. Et faire le partage des corvées. «Sauf exceptions, on doit se faire à l'idée qu'on ne peut recevoir avec tout le raffinement qu'on voudrait. Comme multiplier des petits plats dans des grands», trouve-t-elle.

 Offrir son espace, son matériel et son temps est déjà, selon elle, un «précieux cadeau». Les invités, le moindrement sensibles, en sont conscients. En contrepartie, ils proposent leur aide, leur contribution en ressources ou en argent. Chose certaine, il ne faut pas que l'effort et la fatigue soient concentrés sur les mêmes personnes. De peur que l'impatience et l'irritation ne gâtent le plaisir.

 Partage

 Ainsi, sur une aussi longue période, il serait raisonnable de confier «alternativement» à des invités le soin de préparer tel repas, à d'autres de desservir, de laver et de ranger la vaisselle.

 Dans un gîte, où plusieurs familles prennent part au séjour, pareil partage est vital, d'après Mme Paris. Pour la popote, le ménage et les frais. Et si l'un ou l'autre s'y dérobe, il faut lui en parler en tête-à-tête, sans éclats de voix.

 C'est chez vous que vous recevez? Faites de la place dans les garde-robes. Si chacun a sa chambre, c'est le «confort ultime», applaudit l'organisatrice professionnelle. On peut se donner la liberté d'une heure ou deux de sommeil ou de repos pendant que les autres sont affairés. Cependant qu'il y a moins de vêtements, d'objets personnels et de valises à la dérive.

 «Et si, parmi vos invités, il y en a qui préfèrent s'installer à l'hôtel, n'en prenez pas ombrage», préconise Mme Paris. Car ces gens voudront mettre toutes les opportunités de repos de leur côté tout en vous soulageant d'une partie de la besogne.

 Quant à l'emploi de la salle de bains et de la douche, il n'est pas interdit d'établir un horaire. Concernant les serviettes humides, par la force du nombre, elles peuvent être encombrantes. Avant de les mettre dans la manne, disposez-les sur un sèche-linge qu'on mettra soit dans la salle de lavage ou à proximité, par exemple, de l'entrée d'air frais du ventilateur récupérateur de chaleur.

 Évaluation

 Enfin, que ce soit pour les réceptions d'un soir ou sur une période de quelques jours, faites peu après le bilan. Voyez, recommande Mme Paris, ce qui a bien ou mal fonctionné, ce qu'on a paru aimer ou moins, que ce soit au niveau de la nourriture ou de la boisson, de la distribution fonctionnelle de l'espace, des facilités de rangement, etc. Mettez tout ça par écrit. Rangez vos notes dans un tiroir, sinon dans votre ordinateur personnel. «De sorte que, l'an prochain, vous puissiez recommencer sur de meilleures bases.»

 




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