Un air pur et sans contaminants. C'est le rêve de toute personne souffrant d'allergies ou de problèmes respiratoires. Pour les accros des mouchoirs, les purificateurs d'air portatifs peuvent paraître bien tentants. Mais ils ne sont pas une panacée. Petit tour d'horizon.

Stéphanie Martin (collaboration spéciale) LE SOLEIL

Un air pur et sans contaminants. C'est le rêve de toute personne souffrant d'allergies ou de problèmes respiratoires. Pour les accros des mouchoirs, les purificateurs d'air portatifs peuvent paraître bien tentants. Mais ils ne sont pas une panacée. Petit tour d'horizon.

 Magasiner un purificateur d'air n'est pas une mince affaire. Les appareils présentent une variété étourdissante de formes, de caractéristiques et - encore plus embêtant - de prix. Malgré tout, le principe de fonctionnement demeure le même : l'appareil aspire l'air et en capte les contaminants, sous forme de particules, qui sont retenus dans des filtres.

 Il existe trois types de purificateurs d'air domestiques portatifs : mécaniques, électroniques et à ionisation. Le premier type fonctionne avec des filtres dont le maillage de fibres retient les particules. Les filtres peuvent être installés seuls ou en séquence. Le plus performant est le HEPA (High Efficiency Particulates Air), qui peut retenir de très fines particules, jusqu'à 0,3 micron ou millième de millimètre (la fumée du tabac, par exemple).

Le purificateur électronique crée quant à lui un champ électrique qui ionise positivement les particules aspirées dans l'appareil. Elles adhèrent ensuite au filtre, qui est chargé négativement, grâce au passage d'un courant électrique.

 Les purificateurs à ionisation ne contiennent pas de plaque filtrante chargée. Ils ionisent négativement les particules de l'air et celles-ci vont se fixer mécaniquement sur les surfaces de la maison qui sont chargées positivement (murs, meubles, etc.).

 Certains purificateurs combinent également l'une ou l'autre de ces technologies. De plus, les types de filtre varient. Certains, dits «permanents», sont lavables à l'eau et réutilisables. Mais plus on les lave, plus leur efficacité diminue et, éventuellement, il faudra les remplacer, rappelle un conseiller chez Sears. Aussi, informez-vous du coût de remplacement des filtres avant de faire l'achat, car vous pourriez bien avoir la surprise de payer 100 $ pour remplacer le filtre d'un appareil que vous aurez payé 400 $...

 La première question à se poser lorsqu'on veut faire l'achat d'un purificateur est la grandeur de la pièce dans laquelle on veut l'installer. En effet, les appareils sont calibrés selon le volume d'air à purifier. C'est souvent aussi ce qui fait varier les prix d'un appareil à l'autre. Un purificateur de faible puissance ne sera pas efficace dans une pièce trop grande. Inversement, un appareil trop puissant dans une petite pièce vous semblera sans doute trop bruyant.

 Efficaces ou non?

 Peu d'études ont mesuré adéquatement l'efficacité de ces appareils pour améliorer la qualité de l'air ou pour diminuer les symptômes d'allergies ou les problèmes respiratoires tels l'asthme, souligne Pierre Lajoie, chercheur à la direction des risques biologiques, environnementaux et occupationnels de l'Institut national de santé publique du Québec. Selon une recension effectuée par M. Lajoie, un groupe de travail aux États-Unis, à la fin des années 80, a conclu que les purificateurs mécaniques simples avaient une efficacité d'environ 75 % pour capter les grosses particules comme le pollen. Le filtre HEPA était quant à lui efficace à 99,97 % pour les minuscules particules de moins d'un micron. Les purificateurs électroniques ont une efficacité de 100 % pour le pollen et de 80 % pour les microparticules. Une étude récente effectuée au Québec a confirmé ces résultats.

 En ce qui a trait à la santé, si certaines études ont noté une amélioration significative, mais faible, de certains symptômes liés à l'asthme, les résultats en général sont peu probants.

Le mieux, souligne M. Lajoie, est de corriger le problème à la source, en éliminant la fumée, la poussière, l'humidité, par exemple. L'emploi d'un purificateur est une bonne mesure complémentaire. «Ils sont efficaces, mais ils doivent être bien entretenus, sinon leur efficacité diminue grandement», avise-t-il.

 Et attention, certains appareils, s'ils sont négligés, peuvent libérer de l'ozone, indique le chercheur. Une raison de plus de les entretenir rigoureusement.

 

Photo Stéphanie Martin, Le Soleil

Purificateurs à ionisation Sharp. Également munis d'un filtre HEPA pour une double filtration. Pour petites et grandes pièces. 199,99 $ et 399,99 $ chez Sears.