Un entrepreneur en déneigement actif dans la région de Sherbrooke a trouvé un moyen simple, écologique et surtout très peu dispendieux de tempérer son garage où il stationne ses tracteurs.

Claude Plante LA TRIBUNE

Un entrepreneur en déneigement actif dans la région de Sherbrooke a trouvé un moyen simple, écologique et surtout très peu dispendieux de tempérer son garage où il stationne ses tracteurs.

L'hiver dernier, pour «chauffer» le bâtiment de 30 pieds sur 50 pieds situé sur le chemin de Saint-Élie, Benoît Reginster n'a déboursé qu'environ 30 $! Son procédé utilise un principe simple de la géothermie pour garder en tout temps l'intérieur de son garage à neuf degrés Celsius.

«Neuf degrés, en plein hiver, quand il fait - 30 degrés dehors, c'est quand même chaud lorsque tu entres à l'intérieur», lance cet agriculteur de Saint-Alexandre en Montérégie, qui fait du déneigement depuis 2005 dans la région sherbrookoise.

«On peut entrer sept tracteurs dans le garage. Sept tracteurs l'hiver, c'est 48 tonnes de métal bien gelé. C'est froid. Douze heures après, tout est dégelé. Le plancher se tient toujours à neuf degrés.»

 Il fallait y penser. Quand il a fait construire son garage, Benoît Reginster a fait creuser un puits artésien de 200 pieds de profondeur. Il a fait installer en même temps un tuyau rempli d'eau qui descend à cette profondeur et qui remonte vers le niveau du sol.

L'eau du tuyau circule grâce à une pompe qui fait ensuite passer le liquide dans un système de serpentins installé dans le plancher de béton. «À 200 pieds de profondeur, la température est toujours à neuf degrés. Donc, quand l'eau remonte, elle est à neuf degrés», explique-t-il, lors d'un entretien exclusif à La Tribune.

«La pompe qui fait circuler l'eau prend environ 125 watts. C'est comme une ampoule électrique. Ça coûte 18 ¢ par jour! À l'heure où on parle d'économiser l'énergie, je pense qu'il faut faire connaître cette idée. Combien de garages, d'entrepôts et d'usines on pourrait chauffer comme ça?»

Benoît Reginster est en demande de brevet pour sa découverte. Il a contacté Hydro-Québec pour qu'on se penche sur ce mode de chauffage. Des experts sont venus examiner son installation. Il attend des réponses.

«Les ingénieurs d'Hydro-Québec n'en revenaient pas. Ils m'ont dit que le système gèlerait. Ça n'a pas gelé. J'ai mis de l'alcool de bois dans l'eau», mentionne-t-il.

M. Reginster évalue le coût de son installation à environ 8000 $. Le puits à lui seul coûte environ 6000 $. «Mais un puits, il m'en fallait un quand même pour avoir de l'eau dans le garage», dit-il. Pour le chauffage à l'huile, à l'électricité, au gaz ou au bois, il faudrait investir quelques milliers de dollars quand même, ajoute-t-il. L'isolation du garage est tout ce qu'il y a de normal.

Recherches en cours

Benoît Reginster souhaite qu'on lui vienne en aide pour poursuivre ses recherches et examiner les possibilités d'un tel procédé pour des bâtiments plus imposants encore.

D'où vient cette idée? Sur sa terre, dans la région d'Iberville, une source en surface coule à l'année, même l'hiver. Sa résidence est équipée d'un chauffage dans le plancher. C'est en jumelant les deux qu'il a songé à ce procédé pour son garage.

«L'eau de la source se trouve à être chaude l'hiver. C'est là que j'ai décidé de l'essayer pour mon garage.»

Ce grand débrouillard a même sa petite idée qu'il souhaite appliquer éventuellement au chauffage d'une maison...