Avec la climatisation, on paie toujours d’une manière ou d’une autre: en argent, en énergie, en bruit, en inconvénients. Moins on dépense d’un côté, plus on débourse ailleurs.

Avec la climatisation, on paie toujours d’une manière ou d’une autre: en argent, en énergie, en bruit, en inconvénients. Moins on dépense d’un côté, plus on débourse ailleurs.

 >> Consultez nos tableaux comparatifs:



«La saison chaude approche et je désire magasiner un climatiseur», nous écrit un lecteur. Il s’intéresse à un appareil portatif, qu’il pourrait déplacer d’une pièce à l’autre selon les besoins. «Tout ce que je consulte porte sur la force en BTU par rapport à la superficie de la pièce. Aucun des modèles mobiles n’est recommandé en fonction du bruit, du poids et surtout de l’efficacité.»

 Malheureusement pour lui, les modèles portatifs sont justement les moins efficaces, les plus lourds, les plus bruyants. «Toutes les composantes bruyantes sont à l’intérieur de la maison», explique Daniel Marsolais, enseignant en réfrigération à l’école Polymécanique de la Commission scolaire de Laval. Et ces mêmes composantes dégagent de la chaleur dans la pièce même qu’on cherche plutôt à rafraîchir.

Pour ajouter l’insulte à l’injure, les appareils portatifs sont aussi les plus chers des climatiseurs individuels. Dès lors, pourquoi les choisir? C’est la solution de dernier recours, quand toutes les autres ont été écartées.

 Le dilemme de notre lecteur résume toute la problématique de la climatisation domestique: comment obtenir le maximum d’effet avec le minimum de désagrément, au meilleur coût possible?

Car chaque technologie a ses défauts. Prix élevés pour les climatiseurs centraux et biblocs. Triste esthétique et fenêtres obstruées avec les appareils qui s’y installent. Bruit, et encombrement pour les appareils portatifs.

 La capacité de refroidissement d’un climatiseur est mesurée en British Thermal Unit par heure (Btu/h) et indique la quantité de chaleur qu’il peut retirer de l’air en une heure. En raccourci, cette capacité est exprimée en BTU.

Les appareils qui affichent une même capacité, 10 000 BTU par exemple, ont-ils tous le même rendement? Dans les mêmes conditions, ils retireront la même quantité de chaleur de l’air, répond Daniel Marsolais. C’est ensuite que la différence s’installe.

 Les climatiseurs portatifs

Les appareils portatifs sont les moins efficaces des climatiseurs. «Ils dépensent plus d’énergie pour effectuer le même travail», soutient Daniel Marsolais. Néanmoins, depuis 10 ans, la technologie a beaucoup évolué et les prix ont diminué de moitié.

La dissipation de l’eau de condensation en est un excellent exemple. Avec les appareils portatifs de première génération, elle était recueillie dans un bac qu’il fallait vidanger à intervalle régulier. Les climatiseurs mobiles utilisent maintenant un dispositif qui évapore l’eau en le pulvérisant sur le condensateur, pour l’expulser ensuite par le conduit d’évacuation.

 Autre progrès: l’appareil à deux conduits. Avec un seul conduit, l’air expulsé est remplacé par de l’air chaud qui pénètre par les ouvertures, sous les portes, par l’enveloppe du bâtiment. Avec l’ajout d’un second conduit, on évite cet inconvénient.

Selon André Blain, propriétaire de Climatisation Beaubien, un appareil de 12 000 BTU à un seul tuyau n’équivaut en fait qu’à 7500 BTU. Avec deux tuyaux, il parvient à produire un rendement d’environ 9500 BTU, suffisant pour climatiser quelque 400 pi2, estime-t-il. C’est le type d’appareil que devrait viser notre lecteur échaudé.

 Chez Climatisation Beaubien, on offre un intéressant service qui peut donner des idées à quelques bricoleurs: le client apporte la moustiquaire de sa fenêtre à battant, que l’on remplace par une plaque d’acrylique de mêmes dimensions. Des ouvertures y sont taillées, où s’adaptent les embouts des conduits. Il n’est pas nécessaire de retirer le battant, et on peut même le refermer lorsque l’appareil ne fonctionne pas. C’est là un avantage paradoxal sur le climatiseur de fenêtre.

RAFRAÎCHISSONS NOS NOTIONS: ABRÉGÉ DE CLIMATISATION

 Vous avez le choix entre trois catégories d’appareils: individuels, biblocs, centraux. Par ordre croissant d’efficacité. Et de prix, bien sûr.

 Le climatiseur de fenêtre

Les climatiseurs de fenêtres sont soumis à des contraintes d’espace qui les obligent à concentrer toute la mécanique dans un volume restreint, ce qui influe à la fois sur la qualité des échanges thermiques et sur le niveau sonore. Les proverbiales vibrations de l’appareil lui ont d’ailleurs valu le surnom peu élogieux mais évocateur de window shaker.

 «Il offre quand même un bon rendement, soutient André Blain, propriétaire de Climatisation Beaubien. Le bruit a beaucoup diminué depuis 10 ans.». La durabilité aussi, malheureusement. «Auparavant, les climatiseurs de fenêtre duraient 25 ans, poursuit-il. Maintenant, si on atteint 10 ans, c’est beau.»

Ils offrent néanmoins un immense avantage: ce sont les moins coûteux.

 Ces appareils ont été conçus à l’origine pour des fenêtres à guillotine. Certains modèles sont construits à la verticale pour les fenêtres coulissantes, mais ils sont à la fois plus rares, plus bruyants, et plus coûteux. Il n’existe aucune solution simple pour les fenêtres à battant, hormis le retrait de celui-ci.

La plupart des climatiseurs offrent une meilleure circulation d’un côté que de l’autre. Si la fenêtre où vous installerez le climatiseur est décentrée dans la pièce, assurez-vous que le flux d’air peut être dirigé dans la direction voulue. La programmation, ou au minimum une minuterie, est indispensable pour réduire la consommation d’énergie pendant les périodes d’absence.

 Les biblocs

Les systèmes biblocs et centraux séparent les fonctions mécaniques de l’appareil en deux modules indépendants. Le compresseur, le condensateur et son ventilateur sont placés à l’extérieur. Des conduites où circule le liquide réfrigérant le relient à un ou plusieurs diffuseurs intérieurs. Chacun regroupe un évaporateur qui refroidit l’air et un ventilateur qui le distribue dans l’appartement.

C’est une solution efficace, discrète autant pour l’œil que pour l’oreille. Du côté du portefeuille, par contre, le bibloc se fait remarquer avec insistance. Pour un appareil de 12 000 BTU/h, suffisant pour climatiser une petite maison de plain-pied, il faut compter environ 2000 à 2200 $ pour un appareil de qualité moyenne, et jusqu’à 3000 $ pour un appareil haut de gamme, installation comprise. Robert Thivierge, président de la Corporation des entreprises de traitement de l’air et du froid (CETAF), déconseille les produits chinois, et recommande plutôt les marques japonaises ou coréennes.

 L’efficacité des appareils biblocs leur permet de climatiser de plus grandes surfaces qu’un climatiseur de fenêtre de même capacité nominale, soutient-il. Selon la méthode empirique courante, on calcule approximativement 12 000 BTU pour 1000 pi2 de superficie (93 m3). «Il ne faut pas que l’appareil soit surdimensionné», avise Robert Thivierge.

Les appareils centraux

 Les climatiseurs centraux distribuent l’air dans toute la maison par des conduits d’aération. C’est la solution idéale, quoique coûteuse, pour les maisons dotées d’un système de chauffage central à air pulsé. Comme avec les biblocs, le condensateur est situé à l’extérieur, et est reliée par des tuyaux à l’évaporateur intégré au système de chauffage. Ce système permet une distribution uniforme de l’air frais dans toute la maison, pour un confort supérieur.

Il faut facilement compter 8000 $ à 10 000 $ pour une maison de moyenne dimension.

LA CLIM DANS LE CALME

Comment trouver un appareil peu bruyant?

Vous devez choisir un appareil de fenêtre ou portatif et vous vous inquiétez du bruit? Vous avez raison. Idéalement, vous ne devriez acheter un appareil qu’après l’avoir entendu fonctionner et avoir comparé son ronron à celui de ses concurrents. Malheureusement, cette précaution est souvent difficile à mettre en œuvre dans les magasins à grande surface.

Selon André Blain, un appareil de fenêtre peut produire un bruit de 45 à 50 décibels. Les appareils portatifs émettent de 50 à 70 décibels.

Quelques – rares – fiches signalétiques indiquent le nombre de décibels produits par l’appareil. Reste à savoir dans quelles conditions cette mesure a été effectuée: fonctionnement léger ou à plein régime? À cet égard, parmi ceux que nous avons consulté, le site web de Future Shop présentait les renseignements les plus complets.

Si on ne peut écouter le doux chuintement de l’appareil, le prix demeure un indice de qualité. Évitez les appareils d’entrée de gamme.

 

LES PRIX: COMBIEN COÛTE LE BTU?

Pour les appareils de fenêtres ou portatifs, les consommateurs visitent habituellement les quincailleries et magasins à grande surface. Nous avons comparé les prix et modèles de six chaînes: Home Depot, Wal-Mart, Canadian Tire, Costco, Rona et Future Shop.

 Une simple division nous apprend que pour les appareils de fenêtre, on paiera entre 1,25 $ et 4 $ pour 100 BTU/h de refroidissement. Curieusement, il peut revenir moins cher de payer deux appareils de 5000 BTU qu’un seul de 10 000 BTU.

Avec les climatiseurs de fenêtre verticaux, ces 100 BTU/h coûtent généralement entre 4 $ et 5,25 $. Les appareils mobiles, pour leur part, climatisent à raison de 5 $ à 6,25 $ pour 100 BTU/h.

 Les appareils biblocs sont dans une autre classe: les 100 BTU coûtent de 20 à 25 $. Mais on les choisit pour d’autres raisons…

Le prix d’une bonne garantie

 Le prix de l’appareil dépend également de sa garantie. Certaines couvrent les pièces pendant deux ans, mais il faut traîner la bête de 30 kilos jusqu’au centre de service… s’il existe. Les garanties plus complètes incluent jusqu’à cinq ans de service à domicile, souligne André Blain, de Climatisation Beaubien. Ainsi, pour un climatiseur de fenêtre de 5000 BTU, on peut payer moins de 100 $ pour un appareil rudimentaire doté d’une garantie du même calibre, et jusqu’à 250 $ pour un appareil de qualité assorti d’une garantie conséquente.

Choix d’un appareil

 QUELQUES QUESTIONS À SE POSER

1. Quelle superficie voulez-vous climatiser?

 La surface de l’espace à climatiser détermine largement la puissance de l’appareil, que le tableau ci-joint vous permettra d’estimer.

En théorie, il faut prendre également en compte l’ensoleillement, le nombre d’occupants, l’utilisation de la pièce. Pour un résultat plus précis, le site de l’Office de l’efficacité énergétique propose un outil interactif pour évaluer vos besoins en climatisation (www.oee.nrcan.gc.ca, sous l’onglet Énergie consommé à des fins personnelles, secteur résidentiel, appareils de climatisation).

 Ne faites pas l’erreur de choisir un appareil trop puissant. Une part importante du confort résulte de la déshumidification. Un appareil qui fait chuter trop rapidement la température de la pièce n’aura pas le temps de déshumidifier suffisamment l’air, ce qui produira un effet de cave.

2. Quel est votre budget?

 La solution de climatisation est largement dictée par votre budget. Pour les mêmes 12 000 BTU théoriques, un appareil de fenêtre vous coûtera 2000 $ à 2500 $ de moins qu’un système bibloc. Mais le confort, le niveau sonore et la discrétion du second peuvent en valoir le prix.

3. Où voulez-vous installer votre climatiseur?

 Pour les climatiseurs de fenêtres, la dimension de l’ouverture sera souvent le critère principal. André Blain, de Climatisation Beaubien, vend un appareil de 5000 BTU dont les performances sont très moyennes, reconnaît-il, mais dont la petite taille lui permet de se loger dans une ouverture de 16 po (40 cm).

Pour les très petites fenêtres ou les portes-fenêtres, la seule option demeure les appareils mobiles, qui sont équipés de pièces d’obturation étroites et ajustables.

 

ENERGY STAR: GAGE DE QUALITÉ?

 

Les climatiseurs individuels reçoivent une cote de rendement énergétique (EER), qu’on calcule en divisant leur capacité de refroidissement par leur puissance électrique à une température donnée. Pour les appareils de fenêtre de 120 volts, elle varie de 9,7 à 12.

Plus la cote EER est élevée, plus l’appareil est efficace à l’égard de sa consommation d’énergie.

 Les appareils de climatisation centrale et biblocs reçoivent pour leur part une cote de rendement énergétique saisonnier (SEER), qui varie de 10 (moindre efficacité) à 17 (les plus performants).

Si le climatiseur répond à certaines normes de haute efficacité énergétique, il peut arborer l’étoile Energy Star. Le seuil d’admissibilité des climatiseurs de fenêtres se situe aux environs de 10,7.

 Combien économiser avec un appareil Energy Star?

Sur la base de la consommation d’énergie établie par l’OEE, nous avons établi un tableau qui compare les coûts typiques d’utilisation.

Pour la région de Montréal, dans la gamme des appareils de 5000 BTU à 12 000 BTU, les économies d’un appareil à haute efficacité s’étagent de 4 $ à 10 $ par saison.

 Un signe de qualité?

Energy Star, indice de qualité? «Les équipements sont testés selon une norme d’efficacité énergétique, répond Anne Wilkins, gestionnaire des programmes ÉnerGuide et Energy Star à l’OEE. On ne fait aucun test par rapport à la qualité.»

On peut néanmoins penser que les efforts consacrés à atteindre ces seuils d’efficacité déteignent quelque peu sur l’ensemble de l’appareil. Dans les tests effectués par Consumer Reports en juillet 2007, les appareils répondant aux normes Energy Star occupent l’essentiel des places au sommet des classements. En somme, à défaut d’autres points de comparaison, mieux vaut choisir un appareil Energy Star.

 Vous trouverez sur le site de l’Office de l’efficacité énergétique du Canada les répertoires des climatiseurs individuels et centraux (www.oee.nrcan.gc.ca), avec leur cote d’efficacité énergétique. Malheureusement, il n’existe encore aucune homologation pour les appareils portatifs, qui ne sont pas répertoriés par l’OEE.

QUELQUES CONSEILS

 

Comment se rafraîchir en réduisant les frais? Voici quelques conseils de l’Office d’efficacité énergétique du Canada.

-Réglez le thermostat à la plus haute température que vous jugez encore confortable. L’OEE recommande 25 °C. La déshumidification de l’air joue un grand rôle dans la sensation de confort.

 -Ne laissez pas la chaleur s’accumuler durant la journée, pour tenter ensuite de faire baisser rapidement la température en poussant le climatiseur au maximum. Il est plus efficace de climatiser la pièce graduellement, en utilisant la minuterie et le thermostat programmable.

-Si la pièce demeure inoccupée pendant plus de quatre heures, réglez le thermostat à 28 °C.

 -En soirée et le matin, utilisez le ventilateur du climatiseur pour faire entrer l’air frais de l’extérieur.

-Fermez les portes et fenêtres de l’espace que doit climatiser l’appareil. Gardez les portes des placards closes. Durant le jour, fermez rideaux et stores des fenêtres exposées au soleil.

 -Réduisez l’utilisation des appareils qui génèrent de la chaleur. Si des luminaires doivent rester allumés durant de longues périodes, privilégiez les fluorescents compacts.

-Nettoyez le filtre d’air régulièrement, pour maintenir l’efficacité de l’appareil à son maximum.