De nombreux jeunes doivent quitter le nid familial pour leurs études et se retrouvent un peu perdus dans des milieux urbains inconnus. Sensible à leur situation, Jérôme Thuillier a créé Coloc’Montréal pour leur offrir des chambres luxueuses et un cadre de vie convivial. Avec Résidence St-Antoine, son projet prend vie.

Passionné de rénovation, le designer d’intérieur Jérôme Thuillier accompagne les gens dans leur projet de design résidentiel depuis plusieurs années et investit également dans l’immobilier en rénovant des maisons anciennes dans le but de les revendre.

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Jérôme Thuillier, designer d’intérieur et créateur de la Résidence St-Antoine Coloc’Montréal

En 2022 et 2023, l’augmentation des coûts de rénovation et des taux d’intérêt complexifie ce type de négociation et M. Thuillier analyse le marché afin de trouver d’autres avenues intéressantes dans son domaine. « J’ai pensé à la location à court terme, mais il y a beaucoup de restrictions maintenant à Montréal et énormément de concurrence en région. »

C’est finalement la quête d’un logement d’un de ses cousins français qui donne au designer l’idée d’un nouveau projet. « Il devait faire huit mois de stage à Montréal et il m’a demandé de l’aide pour lui trouver un endroit où se loger », raconte celui qui est originaire de Paris.

En faisant ses recherches, il réalise que des résidences étudiantes avec des services se développent, mais souvent dans de grands immeubles. « J’ai trouvé le concept inspirant, surtout si je le faisais à taille humaine au sein d’une maison. On connaît beaucoup de couples en France dont les enfants doivent partir étudier à l’étranger et en tant que parents, on espère pouvoir les installer confortablement », constate ce père de quatre enfants. Il achète alors une maison unifamiliale en janvier dernier pour un prix raisonnable, à quelques pas de l’Université Concordia, puis se lance dans son nouveau projet qu’il nomme Coloc’Montréal.

Favoriser les échanges

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Cette maison unifamiliale a été transformée pour accueillir des chambres destinées aux étudiants.

Avant d’acquérir la maison, Jérôme Thuillier contacte les services municipaux pour savoir s’il est possible de changer la vocation du bâtiment pour y faire des chambres d’étudiants. Comme le concept reste celui d’une maison familiale, il n’y a pas de règle spécifique, contrairement à une maison de chambres, où chaque locataire a sa cuisinette. À la Résidence St-Antoine, les étudiants partagent la cuisine, la salle à manger, le salon, la buanderie et la terrasse.

Ces pièces partagées facilitent les rencontres et évitent l’isolement des jeunes locataires. Ils peuvent tous se réunir autour de la grande table pour prendre leurs repas ensemble s’ils le souhaitent, mais chacun bénéficie de son garde-manger et de son propre espace dans les réfrigérateurs et les congélateurs.

Un design au goût du jour

  • La jolie cuisine donne sur une grande terrasse extérieure. Chaque étudiant possède son garde-manger et des espaces réservés dans le frigo et le congélateur.

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    La jolie cuisine donne sur une grande terrasse extérieure. Chaque étudiant possède son garde-manger et des espaces réservés dans le frigo et le congélateur.

  • La terrasse extérieure

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    La terrasse extérieure

  • Le salon s’ouvre vers la salle à manger et la cuisine.

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    Le salon s’ouvre vers la salle à manger et la cuisine.

  • L’immeuble compte quatre chambres de tailles identiques.

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    L’immeuble compte quatre chambres de tailles identiques.

  • Les quatre chambres se partagent deux salles de bains.

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    Les quatre chambres se partagent deux salles de bains.

  • Il y a également deux suites avec lit double, coin bureau et sofa, qui possèdent leur propre salle de bains.

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    Il y a également deux suites avec lit double, coin bureau et sofa, qui possèdent leur propre salle de bains.

  • Une des salles de bains

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    Une des salles de bains

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Pour adapter les lieux à leur nouvelle vocation, le designer a redivisé les espaces. « Certaines chambres étaient très grandes et d’autres très petites. Le principe était de créer quatre chambres de taille identique (approximativement 12 m² chacune) qui se partagent deux salles de bains », explique-t-il.

Les chambres plus vastes ont été conservées, mais réaménagées, et certains murs ont été supprimés pour réaliser des espaces dans l’esprit d’une suite moderne. « On a deux suites d’environ 22 m² chacune qui comprennent un coin salon, un coin bureau, un lit double et leur propre salle de bains ».

L’ensemble a été relooké et le propriétaire a aussi profité des travaux pour refaire le système de climatisation et de chauffage grâce à l’aide de la subvention du programme LogisVert.

Des services en plus

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Des chambres d’étudiants, mais un peu comme à l’hôtel, avec plusieurs services fournis, dont le ménage

À ces espaces luxueux s’ajoutent des services d’entretien, puisqu’une entreprise de ménage s’occupe de nettoyer les parties communes chaque semaine et les chambres deux fois par mois. Les serviettes et les draps sont fournis, les premières étant changées toutes les semaines et les seconds à chaque quinzaine. Le prix des chambres débute à 1275 $ et celui des suites, à 1675 $ pour une personne et à 1875 $ pour deux personnes, tout inclus (loyer, électricité, eau, chauffage, internet haute vitesse illimité, services de ménage).

« C’est important de faire un suivi régulier pour bien gérer tous les services associés et avoir un certain contrôle de l’état des lieux. Ici, on n’est pas dans une tour d’immeuble qui accueille des étudiants, alors il y a un côté plus humain », précise Jérôme Thuillier, qui met un point d’honneur à faire les présentations du lieu aux étudiants et à leurs parents par visioconférence pour les rassurer.

Un projet qui pourrait faire des petits ?

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Est-ce que ce modèle fera des petits ? L’avenir nous le dira.

Ce projet-pilote est tout récent, alors il est impossible pour le moment d’évoquer sa rentabilité, mais si l’expérience est probante, M. Thuillier compte créer d’autres résidences Coloc’Montréal.

Selon lui, il est important de réunir certains points pour maximiser la réussite d’une telle entreprise. « L’essentiel reste l’emplacement, qui doit être proche des grandes écoles et du métro. La proximité du BIXI est aussi un plus, parce qu’il y a beaucoup de pistes cyclables à Montréal », énumère-t-il.

Ensuite, ajoute-t-il, il faut avoir un courtier immobilier de bon conseil, un designer ou une vision du design, puis un technologue en architecture au besoin. « Bien sûr, il faut aussi se faire connaître, alors on a créé notre site internet que l’on diffuse sur les réseaux sociaux notamment dans les groupes en France, puis on s’est déplacés dans chacune des écoles pour leur faire part de notre existence. »

Consultez le site de Coloc’Montréal