« Bonjour ! N’enlevez pas vos chaussures, mais… pourriez-vous vous assurer qu’il n’y a pas de cailloux sous vos semelles ? »

Publié le 30 mai
Marie-Andrée Amiot
Marie-Andrée Amiot La Presse

Euh… bien sûr qu’on va vérifier. À la loupe en plus. C’est que le bois de cerisier du parquet à l’intérieur est impeccable. On ne veut surtout pas l’abîmer. D’ailleurs, tout est nickel dans la jolie maison de Michel Légaré et de Câline Dutet au bord du lac des Deux Montagnes. Les boiseries, les grandes fenêtres, les cabinets de la cuisine… Difficile de croire que cette section de la maison a été rénovée il y a plus de 20 ans.

La propriété est nichée dans une partie rurale de l’île Bizard, face à Pointe-Calumet et à Sainte-Marthe-sur-le-Lac. Pour y accéder, il faut traverser la partie banlieusarde de l’île, puis les terrains de golf, puis enfin continuer vers l’ouest où s’enfilent les propriétés luxueuses en bordure du lac.

Les domaines voisins du couple sont installés sur de vastes terrains qui s’étendent du chemin du Bord-du-Lac au rivage. Dans le cas qui nous intéresse, la maison de M. Légaré est assise à la fin d’un chemin privé de 700 pi. L’allée est en terre et en gazon. Et c’est tout à fait ce qui plaît au proprio. « J’aime l’aspect sauvage de la nature. »

Peut-être à l’extérieur, mais on sent qu’à l’intérieur, le couple préfère le chic apprivoisé.

Michel Légaré vit dans sa maison depuis 52 ans. « Je l’ai achetée en 1969. À cette époque, c’était un chalet de 26 pi sur 26 pi ». Pourquoi l’île Bizard ? « Parce que j’ai passé les étés de ma jeunesse ici. Ma famille louait un chalet tout près. C’est un coin que j’aime beaucoup. »

La maison avait été bâtie autour de 1917. De cette époque, il ne reste que le foyer en pierres du salon. Le reste, au fil du temps, a été minutieusement rénové, démoli et rebâti.

Épurée et chaleureuse

Inspiré par les résidences contemporaines, M. Légaré a fait appel à des architectes pour le guider dans ses nombreuses rénovations. En 2001, c’est Rona Goldenberg qui l’a aidé à convertir le rez-de-chaussée et les pièces communes. L’espace principal a été agrandi et transformé. « On a déménagé la cuisine et troqué l’ancienne galerie grillagée contre un espace intérieur. On a créé une mezzanine pour en faire un bureau et la cuisine est maintenant étalée en longueur. Il y a une salle à manger, un salon et un coin lunch. Ah, et on a changé les fenêtres ! » Et quelles fenêtres ! Encadrées d’acajou, elles occupent une bonne partie de la maison, dont le mur qui s’ouvre sur le lac. D’ailleurs, ce qui frappe quand on entre dans cette maison, ce sont les tonalités du bois qui ont des airs de famille. « On s’est inspirés de l’acajou pour le parquet [en cerisier] et les escaliers. » Et comme on l’indiquait au début, ces boiseries n’ont pas pris une ride.

Tout allait bien, donc, jusqu’à ce que, en 2017, le lac déborde. Une première depuis que M. Légaré a acheté le petit chalet. « La partie principale n’a pas été touchée, mais le pavillon des chambres était installé plus bas. Il a été inondé. » M. Légaré a laissé la nature prendre le dessus en se disant qu’il reconstruirait cette section en la plaçant un peu plus haut. « Cette fois, j’ai fait appel à l’architecte Henri Cleinge, spécialisé en architecture contemporaine. On voulait un univers épuré et moderne. » En traduction libre, pas de toiture en pignon ni de petits rideaux à carreaux.

Je voulais que la première partie s’intègre à la seconde. Et je voulais associer les éléments qu’on avait aimés et qu’on souhaitait conserver. M. Cleinge nous a écoutés.

Michel Légaré

Ce pavillon a donc été bâti avec un toit plat sans pignon. « Le comité d’urbanisme s’y est d’abord opposé, mais s’est rallié à notre vision. »

Le résultat, qui a pris une quinzaine de mois à réaliser, est un amalgame habile entre le nouveau et l’ancien. Pour l’extérieur, on a conservé les lattes de bois, mais on les a installées à la verticale, contrastant avec celles de l’ancien pavillon qui sont horizontales. « Puisqu’on ne pouvait pas agrandir le périmètre, on a opté pour faire un étage où on a logé trois chambres », explique Mme Dutet. Le rez-de-chaussée comprend la chambre principale, une grande salle de bains, deux placards identiques de type walk-in et une salle de lessive. L’architecte a intégré les anciennes fenêtres et les portes coulissantes en verre trempé.

La propriété comprend aussi un autre édifice avec garage double et garçonnière au-dessus. Il y a aussi un quai au bord de l’eau avec de magnifiques arbres centenaires tout autour.

Pourquoi partir alors que les travaux sont terminés ? Parce que le couple de septuagénaires aime les défis. Il y a quelques années, il a acheté plusieurs hectares de terrain à Saint-Donat. Mme Dutet y a fait construire une maison par l’architecte Pierre Thibault. Sur les terrains se trouvent des centaines d’érables. Et que fait-on avec des érables ? Vous l’aurez deviné, ces gens d’action récoltent la précieuse eau. L’an dernier, ils ont mis en boîte plus de 600 conserves de sirop. De nouveaux défis, disions-nous ?

La propriété en bref

  • Prix demandé : 1 399 000 $
  • Année de construction : 2001
  • 16 pièces comprenant 4 chambres, 2 salles de bains, 1 salle d’eau, 1 foyer au bois ; 80 pi de façade en bordure du lac, garage détaché pour 4 voitures avec garçonnière.
  • Superficie du terrain : 58 856 pi⁠2
  • Évaluation municipale : 1 580 000 $
  • Impôt foncier : 11 648 $
  • Taxe scolaire : 1639 $
  • Courtière : Randa Youssef, Re/Max Royal (Jordan), 514 630-7324
Consultez la fiche de la propriété