Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Marie-Andrée Amiot Marie-Andrée Amiot
La Presse

Vivre au centre du cosmos. Le rêve. Mais où trouver ce fameux épicentre ? « Là où on est », affirme M. François, philosophe. Son centre à lui orbite autour de deux univers. Il y a celui de ses intérêts professionnels, en ville, puis il y a l’autre, à la campagne, pôle vital de sa vie familiale.

Dans les deux cas, M. François et sa femme ont choisi des lieux de vie près de leurs intérêts. Pour l’homme d’affaires, énergique septuagénaire, cela a toujours été de demeurer à « moins de 10 minutes de marche de tout, y compris [son] bureau ».

La famille a donc vécu à différentes adresses, près des restaurants et des boulangeries, des cliniques et des écoles. « En ville, je ne veux pas utiliser ma voiture. » Après le départ des enfants, il a fallu trouver une propriété correspondant à ces critères. « On en avait choisi une très correcte, mais un peu excentrique. Rapidement, on a constaté que la moindre course exigeait de sauter dans la voiture. Ce n’était pas idéal. »

Le couple a refait ses devoirs. D’abord, en déterminant un quartier : « J’avais ciblé la rue Sherbrooke, entre Guy/Côte-des-Neiges et Drummond. » À deux pas du Musée des beaux-arts et du Ritz-Carlton. Puis, l’appartement : « Il fallait qu’il soit volumineux, éclairé et au rez-de-chaussée, pour qu’on ait l’impression d’être dans une maison où on peut recevoir. » Autre condition, il devait être rénové et modernisé.

De prestigieux noms

Rue Sherbrooke, autour des artères définies par M. François, trônent de grands édifices qui datent du début du XXe siècle. D’anciens immeubles d’appartements transformés en copropriétés dont les espaces varient du simple à presque l’infini. Il y a le Port-Royal, l’Acadia, le Château, le Linton... Leur architecture extérieure rappelle les édifices new-yorkais et s’apparente au bâti de ce tronçon de la rue Sherbrooke. Très old school, diraient les anglos. Très chic aussi.

Au fil des ans, ces propriétés ont, pour la plupart, subi d’importantes et essentielles rénovations. Les appartements ont été modernisés, les salles de bains et les cuisines, rajeunies. Les plafonds de 11 pi assurent des espaces aérés où on a l’impression d’être dans une pièce surdimensionnée.

C’est là que M. François a finalement trouvé son centre de l’univers urbain. La façade et la belle marquise en fonte noire qui coiffe l’entrée ainsi que les vitraux de style Beaux-Arts qui ornent sa surface ont sûrement joué en sa faveur.

  • Avec sa marquise en fonte et ses magnifiques détails ornementaux, la façade du Linton, édifice emblématique de la rue Sherbrooke Ouest, impressionne toujours les passants 113 ans après sa construction.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Avec sa marquise en fonte et ses magnifiques détails ornementaux, la façade du Linton, édifice emblématique de la rue Sherbrooke Ouest, impressionne toujours les passants 113 ans après sa construction.

  • Voici la vue de l’appartement une fois le seuil passé. Le vestibule et le couloir sont recouverts de travertin alors que les parquets des pièces sont en lattes de bois.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Voici la vue de l’appartement une fois le seuil passé. Le vestibule et le couloir sont recouverts de travertin alors que les parquets des pièces sont en lattes de bois.

  • Le salon est une pièce double. Il est abondamment éclairé par les grandes fenêtres, tout comme les autres pièces. Les foyers ne sont pas fonctionnels, mais ajoutent une touche classique aux pièces.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Le salon est une pièce double. Il est abondamment éclairé par les grandes fenêtres, tout comme les autres pièces. Les foyers ne sont pas fonctionnels, mais ajoutent une touche classique aux pièces.

  • La salle à manger se trouve tout au fond du couloir, près de la cuisine. Les murs blancs présents partout dans l’appartement permettent de mettre en valeur la vaste collection d’œuvres d’art du propriétaire.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    La salle à manger se trouve tout au fond du couloir, près de la cuisine. Les murs blancs présents partout dans l’appartement permettent de mettre en valeur la vaste collection d’œuvres d’art du propriétaire.

  • Le séjour est installé à la droite du couloir et mène vers la seconde partie de l’appartement. C’est ici qu’on écoute de la musique et la télé. La pièce est suffisamment grande pour recevoir des joueurs autour d’une table et des chaises.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Le séjour est installé à la droite du couloir et mène vers la seconde partie de l’appartement. C’est ici qu’on écoute de la musique et la télé. La pièce est suffisamment grande pour recevoir des joueurs autour d’une table et des chaises.

  • Nichée entre la salle à manger et le salon et en enfilade côté sud-ouest, cette pièce est utilisée comme bureau.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Nichée entre la salle à manger et le salon et en enfilade côté sud-ouest, cette pièce est utilisée comme bureau.

  • La cuisine, signée Denis Couture, inclut une table avec quatre chaises où l’on peut manger. À noter, le placard (butler’s pantry) qui abrite d’autres rangements ainsi qu’un cellier. Les revêtements du comptoir sont en granite.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    La cuisine, signée Denis Couture, inclut une table avec quatre chaises où l’on peut manger. À noter, le placard (butler’s pantry) qui abrite d’autres rangements ainsi qu’un cellier. Les revêtements du comptoir sont en granite.

  • L’appartement est également doté d’une terrasse directement reliée à la cuisine, un atout rare dans l’immeuble.

    PHOTO FOURNIE PAR SOTHEBY’S INTERNATIONAL REALTY QUÉBEC

    L’appartement est également doté d’une terrasse directement reliée à la cuisine, un atout rare dans l’immeuble.

  • C’est à l’autre extrémité de l’appartement que le propriétaire a installé la chambre principale. Elle est située à quelques pas d’une grande salle de bains ainsi que d’un placard de type walk-in.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    C’est à l’autre extrémité de l’appartement que le propriétaire a installé la chambre principale. Elle est située à quelques pas d’une grande salle de bains ainsi que d’un placard de type walk-in.

  • Les trois salles de bains ont été entièrement rénovées. Celle-ci est à côté de la chambre principale.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Les trois salles de bains ont été entièrement rénovées. Celle-ci est à côté de la chambre principale.

  • Il y a cinq chambres dans cet appartement, dont celle-ci, convertie en bureau.

    PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPÉCIALE

    Il y a cinq chambres dans cet appartement, dont celle-ci, convertie en bureau.

  • L’édifice a conservé son charme du début du siècle dernier. Cette pièce commune est au rez-de-chaussée et permet aux résidants de recevoir des invités.

    PHOTO FOURNIE PAR SOTHEBY’S INTERNATIONAL REALTY QUÉBEC

    L’édifice a conservé son charme du début du siècle dernier. Cette pièce commune est au rez-de-chaussée et permet aux résidants de recevoir des invités.

  • En 2018, le Linton s’est doté d’une terrasse installée sur le toit.

    PHOTO FOURNIE PAR SOTHEBY’S INTERNATIONAL REALTY QUÉBEC

    En 2018, le Linton s’est doté d’une terrasse installée sur le toit.

  • C’est par ici qu’on entre dans la partie secondaire du condo. Les deux appartements, qui ne font qu’un, pourraient être de nouveau cloisonnés si le besoin s’en faisait sentir.

    PHOTO FOURNIE PAR SOTHEBY’S INTERNATIONAL REALTY QUÉBEC

    C’est par ici qu’on entre dans la partie secondaire du condo. Les deux appartements, qui ne font qu’un, pourraient être de nouveau cloisonnés si le besoin s’en faisait sentir.

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Puis, il y avait l’appartement. Un condo de près de 3500 pi2 entièrement rénové auquel il a ajouté sa touche. Le hall d’entrée donne le ton avec son sol en travertin et ses belles vitres gravées. Il y a aussi les grandes fenêtres et les nombreuses pièces.

On est ici dans un lieu qui a conservé son charme et son luxe, mais qui a su se renouveler sans dénaturer l’esprit de l’édifice.

C’est ce qui a séduit M. François, qui sait apprécier les choses belles et authentiques tout en affectionnant la modernité. L’espace unique de cet appartement l’a convaincu aussi. « L’appartement est formé de deux unités reliées, chacune avec son entrée. C’est ce que je cherchais. Dans la seconde partie, on a installé un bureau pour permettre aux clients d’entrer sans déranger le reste de la maisonnée. » Selon sa courtière, Karen Karpman, on pourrait très bien recloisonner cette unité et rétablir son intégrité.

Les parquets reluisent, tout comme la cuisine et les trois salles de bains. On est ici dans un lieu de prestige où les pièces sont chaleureuses. Les grandes fenêtres illuminent chaque pièce. « C’est une solution de rechange intéressante à une maison unifamiliale », affirme sa courtière, Mme Karpman.

Mieux, il est à 10 minutes de marche de... tout.

Pourquoi partir ? Parce qu’il y a aussi la maison de campagne. Avec la pandémie, M. François a constaté qu’il pouvait s’absenter de la ville tout en continuant à travailler. Il reviendra sûrement, mais profitera davantage de son lieu bucolique où se réunit la famille.

Petite histoire du Linton

Érigé en 1907 et conçu par les architectes Samuel Arnold Finley et David Jerome Spence, l’immeuble résidentiel de 10 étages visait d’abord des clients fortunés – surtout des femmes seules – qui cherchaient à remplacer leur grande maison du Mile carré doré par un appartement au centre-ville. Le personnel domestique se faisant de plus en plus rare (et coûteux), ces Montréalais privilégiés souhaitaient néanmoins préserver leur confort.

Dans cet immeuble comme un hôtel, on offrait des services de traiteur (chaque appartement possédait son monte-plats) et des services comme la lessive et l’entretien ménager. À l’instar des édifices new-yorkais, il proposait le nec plus ultra en matière de modernité avec des ascenseurs et des sonneries électriques. Une téléphoniste acheminait les appels aux locataires qui possédaient un téléphone, une rareté à cette époque. En 1908, le Linton dépassait tous les autres immeubles résidentiels de la ville.

En 1953, l’immeuble s’est converti en copropriété multilogement par actions.

Les intérieurs comme les extérieurs ont été soigneusement dessinés. On y trouve des éléments nobles comme le marbre, le bois travaillé, des vitraux. La maçonnerie de la façade en terre cuite avec un fini de glacis (restaurée en 2011) colore les composants. C’est un des rares édifices montréalais à en posséder. La salle commune du rez-de-chaussée rappelle les impressionnants châteaux anglais avec ses vitraux et ses boiseries.

Selon la courtière Karen Karpman, le Linton, qu’elle connaît bien, vit aussi de son temps. « En 2018, l’édifice a été doté d’une terrasse sur le toit ainsi que d’une salle d’exercices. Et c’est toujours un endroit de prestige avec son service de conciergerie en tout temps, comme à ses débuts ! »

> Consultez la fiche de la propriété

La propriété en bref

Prix demandé : 2 895 000 $
Année de construction : 1906
Pièces : 9 pièces comprenant 5 chambres, 3 salles de bains, 2 garages, 2 casiers, terrasse adjacente à la cuisine
Aire habitable : 3484 pi2
Charges annuelles de copropriété : 46 452 $, comprenant les impôts fonciers, la taxe scolaire, les coûts d’exploitation, les frais d’entretien des aires communes, l’assurance bâtiment, les frais de chauffage, la consommation d’eau chaude. Tout acheteur au Linton doit être approuvé par le conseil administration de l’immeuble des Appartements Linton. Le transfert des actions sera effectué par les Appartements Linton. Des frais sont applicables. Il n’y a pas de droits de mutation.
Courtière : Karen Karpman, Sotheby’s International Realty Québec