La pandémie a beau avoir grevé une partie de l’économie et des chantiers au printemps 2020, cela n’a pas pour autant enrayé les projets de croissance immobilière résidentielle de certains secteurs de Montréal, au contraire.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

Les mises en chantier ont connu un bel essor dans la région métropolitaine en 2020, avec une hausse de 9 % par rapport à l’an passé.

Un exemple édifiant : l’arrondissement de Saint-Laurent a approuvé l’année dernière des projets à hauteur de 517 millions de dollars, dont plus de la moitié (quelque 284 millions, représentant 900 logements) concerne le secteur résidentiel, selon un bilan annuel publié lundi. Il s’agit de la plus forte croissance jamais enregistrée en matière de valeur de permis de construction délivrés pour ce secteur de Montréal.

Cette hausse s’appuie sur une palette de chantiers d’habitation dispersés dans l’arrondissement, dont le TOD Bois-Franc (7700 nouveaux logements à terme), qui mise sur la dynamique créée par l’implantation du Réseau express métropolitain (REM), ou encore le projet Cité Midtown, qui naîtra sur un ancien terrain industriel et comprendra 11 immeubles et 800 logements, dont 437 ont obtenu un feu vert en 2020. Le Monarc, prévoyant 675 habitations à terme, a quant à lui grossi de 246 logements en 2020, tandis que les grues chanteront également du côté de l’intersection Alexis-Nihon et Côte-de-Liesse, où s’érigeront 270 logements sur 11 étages.

« On est conscients qu’avec la pandémie, il y a un effet sur l’économie montréalaise et québécoise, mais notre objectif était de continuer de bâtir sur les succès du passé. C’est sûr que nous ne sommes pas Ville-Marie, mais cela reste significatif », a indiqué le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa. L’arrondissement se démarque par la quantité de mises en chantier, mais aussi d’un point de vue qualitatif, dans la mesure où la plupart de ces ensembles résidentiels visent une certification écologique LEED.

Trouver des acheteurs, un défi ?

On construira donc beaucoup dans le secteur, mais tous ces projets trouveront-ils preneur, alors que la pandémie a quelque peu refroidi les appétits pour la métropole ? En effet, un nombre record de Montréalais ont fait leurs adieux à l’île l’an passé, selon des données de l’Institut de la statistique du Québec : « Montréal enregistre des pertes de 35 900 personnes dans ses échanges migratoires avec les autres régions du Québec en 2019-2020. Il s’agit de son plus lourd déficit depuis que les données sont disponibles, soit depuis 2001-2002 », peut-on lire dans un récent bulletin de l’organisme.

Cette tendance ne semble pas inquiéter outre mesure le maire de l’arrondissement. « Année après année, même pendant la pandémie, les gens ont continué de montrer leur intérêt. Personne n’est à l’abri de cet exode, mais je suis optimiste, je pense qu’on a une formule qui a fait ses preuves et qu’on va continuer d’être un pôle d’attraction », avance-t-il. Il fonde ses espoirs entre autres sur les services locaux et l’influence du futur REM, qui comptera neuf stations sur ce territoire.