Quel bonheur pour les amoureux des sports d’hiver de sortir directement de chez soi les skis aux pieds ! Le concept est si attrayant que les propriétés offertes sur le marché de la vente partent tout schuss. Voici quelques bonnes pistes.

Emmanuelle Mozayan-Verschaeve Emmanuelle Mozayan-Verschaeve
Collaboration spéciale

Mont-Tremblant, Saint-Sauveur, Bromont, Stoneham… les maisons et condos ski-in ski-out à vendre sont rarissimes partout au Québec. « Le concept est qu’on part avec les skis dans les pieds et qu’on rentre avec les skis dans les pieds. De plus, comme ce sont des résidences construites sur des dénivelés, elles offrent un beau panorama en toutes saisons. C’est pourquoi il y a toujours un engouement pour ce type de propriété, comme pour les bords de l’eau l’été. L’inventaire est donc plus limité, que ce soit une unité en copropriété, une maison jumelée ou une unifamiliale », explique Éric Léger, courtier immobilier Équipe Léger/Royal LePage Humania, qui travaille surtout dans la région de Saint-Sauveur.

Michel Naud, courtier immobilier Engel & Völkers à Mont-Tremblant et ses environs, confirme cet intérêt constant. « La demande a toujours été très forte et ces propriétés peuvent même se vendre en offres multiples en moins d’une journée, ces temps-ci, avec l’influence du télétravail. Certains ont aussi envie d’avoir une résidence secondaire pour ne pas être pris en ville et parce que c’est compliqué de voyager actuellement », dit-il.

Autre tendance, selon M. Naud, le marché locatif à long terme : « Souvent, les propriétaires louent leur ski-in ski-out du 15 novembre au 15 avril, ce qui est très lucratif. Après la saison de ski, on retrouve un engouement à l’achat, car les gens ont payé un tarif important pour louer et ils se mettent donc en mode acquisition. »

Faire le bon choix

PHOTO NATHALIE LAPOINTE, FOURNIE PAR ENGEL & VÖLKERS

Ce condo (Étoile du Matin) situé au 1510, chemin du Versant-Soleil, à Mont-Tremblant, est aussi agréable en hiver qu’en été. Il permet d’accéder directement aux pistes de ski et se trouve à cinq minutes du village piétonnier. 337 000 $ + taxes.

Les spécialistes assurent que la demande pour les ski-in ski-out restera toujours forte, mais il faut tout de même cerner ses besoins avant d’acheter. Veut-on y rester à temps plein ? En profiter l’hiver, les fins de semaine ? S’y retrouver aussi l’été en famille ? Louer à des vacanciers ?

Dans le premier cas, il est important de tenir compte des inconvénients liés au secteur récréotouristique, surtout quand on acquiert un condo.

Il faut considérer les réglementations concernant l’aspect locatif des unités de l’immeuble, parce qu’il y a beaucoup plus de va-et-vient et que les locataires peuvent faire le party. On risque donc de manquer de tranquillité.

Éric Léger

« Autre désagrément, selon la saison et la météo, les exploitants de stations de ski vont fabriquer de la neige à plein régime, ce qui peut être assez bruyant nuit et jour. C’est la même chose pour les travailleurs au damage des pistes, qui vont aussi besogner de nuit. Ce ne sont pas de gros inconvénients, mais il faut savoir qu’ils existent. Par ailleurs, idéalement, on loue pendant une année ou deux pour se faire un cercle social, parce que ce n’est pas tant la hauteur de la montagne qui importe, c’est plus l’entourage », conseille Éric Léger.

Des prix au sommet

Les courtiers immobiliers informent que la valeur d’un terrain en bordure d’une pente de ski est supérieure de 15 % à 30 % à celle d’un terrain de l’autre côté de la rue. L’importance de la station a également une influence sur les coûts. Les unifamiliales sont surtout réservées à une élite, mais il existe des solutions de rechange pour les budgets plus modestes, comme le condo résidentiel ou le condo-hôtel. « Le concept de condo-hôtel génère des revenus locatifs qui peuvent supporter les dépenses de l’acquéreur et qui lui permettent d’utiliser le lieu à sa convenance », explique Michel Naud.

Autre option, s’éloigner un peu des pistes, à condition d’être à proximité d’une navette. C’est une tendance intéressante remarquée aussi bien dans les Laurentides que dans la région de la Capitale-Nationale. « On a des unités de condos qui offrent plein de services, dont celui de la navette qui passe toutes les 15 minutes pour nous emmener aux pistes. C’est LA question essentielle qui nous est posée quand les gens cherchent une propriété proche d’une station de ski », précise Marc Bonenfant, courtier immobilier Royal LePage Inter Québec — Stoneham-et-Tewkesbury.

Comme le marché est très réduit, les courtiers suggèrent à leur clientèle d’acheteurs de demander à recevoir des alertes quand un bien qui correspond à leurs besoins est mis sur le marché. N’hésitez pas non plus à consulter les petites annonces de vente en direct.

Un beau projet en cours…

IMAGE FOURNIE PAR FRANÇOIS BARNABÉ, PRÉSIDENT DU NORDEN

Carte des lots du projet Le Norden. Les terrains colorés en rouge sont vendus.

Par ailleurs, un concept d’envergure, Le Norden, commence à prendre forme à Saint-Sauveur. Les rues de ce quartier circonscrit aux abords et au pied des montagnes sont prêtes depuis un an et il reste quelques terrains ski-in ski-out à vendre. « La particularité est d’offrir des terrains avec des services municipaux inclus, dont l’internet avec la fibre et les câbles électriques enfouis », explique François Barnabé, président de l’entreprise.

Actuellement, deux maisons sont en construction et il précise que chaque demeure sera unique afin de respecter la topographie du terrain. Elle sera orientée au mieux pour maximiser la vue. « On essaie de garder une signature de Saint-Sauveur avec ses couleurs, de proposer des maisons actuelles, mais respectueuses du style traditionnel. On a créé un sentier piétonnier qui va jusqu’au village. Il est éclairé de lumières LED bleues, ce qui est très beau le soir, mais pas agressant », dit-il.

Fier de son projet, M. Barnabé croit que Le Norden va devenir le Westmount de Saint-Sauveur : « Ça va être wow par la qualité des terrains, de l’endroit et de l’architecture. »