Rester ou déménager ? Pour certains, la question ne se pose pas. La Presse est allée à la rencontre de gens qui habitent la même maison depuis plusieurs années et nous racontent pourquoi ils sont bien chez eux. 

Charles-Édouard Carrier Charles-Édouard Carrier
Collaboration spéciale

Christian Dumas
Ville : Chambly, quartier Chambly Le Bourg
Habite sa maison depuis : 12 ans
Type de propriété : unifamiliale

On choisit un quartier pour la proximité de son lieu de travail et ses accès faciles aux grands axes routiers, pour les gens qui l’habitent et le bon voisinage, pour les commodités qu’il offre ou pour le sentiment de sécurité qu’il promet. Dans le cas de Christian Dumas, c’est un véritable coup de circuit que d’avoir trouvé un terrain à Chambly Le Bourg, il y a 12 ans. Ici, ses enfants âgés de 9 et 11 ans et lui-même y trouvent tout ce dont ils pouvaient rêver.

Le père d’une famille monoparentale avait déjà réalisé une autoconstruction. Il a souhaité répéter l’expérience avec un terrain acheté à bon prix dans ce nouveau quartier de Chambly. « Avec ses infrastructures enfouies et un plan d’urbanisme très sévère qui réglemente le type de propriété, la superficie habitable minimale, l’emplacement du garage et l’utilisation du bois, ça annonçait un très beau coup d’œil une fois le projet terminé », se souvient-il. Il a donc choisi un quartier qui promettait d’être homogène et réfléchi.

Et pourquoi Chambly plutôt qu’une autre ville de la banlieue sud de Montréal ? « J’ai grandi en banlieue, je voulais élever mes enfants en banlieue. Je suis de Brossard, mais je ne m’y retrouvais pas et les prix avaient beaucoup augmenté. Ici, c’était similaire à ce que je connaissais. Le prix des terrains était très abordable et comme je travaille à L’Île-des-Sœurs, c’était facile de s’y rendre par l’autoroute 10 qui est juste à côté. »

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Christian Dumas habite une maison qui répond bien aux besoins de sa famille aujourd’hui et pour l’avenir.

Une communauté tissé serré

Un grand sentiment de sécurité est partagé par les parents qui habitent dans Chambly Le Bourg. Les enfants du quartier sont les enfants de tous, et l’entraide s’inscrit dans le quotidien des résidants. En plus d’un groupe fermé sur Facebook pour échanger, les habitants multiplient les occasions de se réunir. « Je pense que la Saint-Jean-Baptiste célébrée dans notre quartier est plus grandiose que celle organisée par la municipalité ! Nous sommes plusieurs voisins à y contribuer, on se cotise, on achète des feux d’artifice, un des voisins fait venir le food-truck de son frère, on a un bar à poutine, des queues de castor, etc. », énumère Christian Dumas.

Dans un quartier où il fait bon vivre, les gens sont souvent plus enclins à s’investir. C’est le cas à Noël ou à l’Halloween où les décorations donnent un air féérique à ce coin de banlieue.

Ce n’est pas rare que la Ville ferme la rue à l’orée du quartier pour célébrer l’Halloween. On voit 250-300 enfants qui passent à la porte et des enfants d’autres quartiers environnants viennent nous visiter.

Christian Dumas

Répondre aux besoins de demain

Christian Dumas habite une maison qui répond bien aux besoins de sa famille aujourd’hui et pour l’avenir. « Au moment de me séparer, je trouvais ça grand et vide quand les enfants n’étaient pas là, mais je m’y suis habitué et je n’ai aucunement envie de déménager. À plus long terme, on pourrait facilement ajouter une chambre supplémentaire et une autre salle de bains au sous-sol si le besoin se fait sentir. » Il y a une autre raison qui le motive à rester à Chambly Le Bourg. Trois lettres qui en disent long : R, E et M.

En effet, loin de penser à une relocalisation, il rêve plutôt au REM. « On entend dire qu’il s’installerait peut-être à Chambly. On dit même qu’il pourrait s’arrêter près de la ferme Guyon, juste à côté. Je ne pense pas qu’à la valeur de la propriété, que je vois comme étant une valeur théorique tant qu’elle n’est pas vendue. C’est surtout pour mes enfants. Dans 10 ans, on peut penser qu’ils iront étudier à Montréal. Si c’est le cas, le REM pourra leur faire gagner beaucoup de temps. »

Près de la nature, la pratique du ski et du vélo ainsi que l’accès aux montagnes de la région, des pistes cyclables et un réseau de sentiers pédestre font le bonheur de Christian Dumas et de sa famille : « Ici, il y a tout ce qu’il faut pour le slow-living. C’est, selon moi, un très bel exemple de réussite urbaniste. »