Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Christiane Desjardins Christiane Desjardins
Collaboration spéciale

C’est un sentiment difficile à définir. On visite une maison qui est à vendre et, étrangement, on se sent en territoire connu. Quand on se voit « vivre là » et que les planètes s’alignent favorablement, il y a de fortes chances pour qu’on se retrouve à cuisiner dans cette cuisine devenue la nôtre.

PHOTO MARTIN TREMBLAY, LA PRESSE

En entrant, on arrive dans le « mud room ». Côté pratique : manteaux, bottes, sacs, articles de sport, enfin tout le bazar, disparaissent dans les grands placards. Le plancher chauffant est doux sous le pied de bas.

C’est un peu ce que Frédéric Doré et Ariane Charlebois ont vécu, il y a trois ans, quand ils ont visité cette maison presque centenaire du boulevard Gouin Ouest, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville. « Je ne sais pas pourquoi, mais quand on est entrés ici, les deux, on s’est sentis vraiment bien, raconte Frédéric. On aimait la chaleur de la maison, la luminosité, la tranquillité, les arbres tout autour… »

Au départ, les planètes n’étaient pourtant pas parfaitement alignées pour eux. D’abord, ils étaient trois acheteurs à la vouloir, cette maison. Et puis, c’était une propriété un peu hors normes pour Frédéric, plus enclin aux formes bien définies, à ce qui est droit et à l’entretien réduit. Là, il s’agissait d’une maison construite en 1924, rénovée, certes, mais qui avait quand même les attributs de son âge. Bien sûr, l’extension ajoutée en 2012, parfaitement intégrée à l’architecture originale de la maison, apportait une spectaculaire touche de modernisme. Mais une maison ancienne reste une maison ancienne. De surcroît, celle-ci était surchargée de meubles d’époque.

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L’aspect vieillot a été conservé dans la cuisine, sans délaisser les commodités modernes. Les armoires de cuisine ont été repeintes, un bloc de boucher a été ajouté.

Je ne pensais jamais avoir une maison de ce type-là dans ma vie. Ma conjointe m’a dit : le plancher, ça bouge un peu, ça grince quand tu montes les marches, es-tu sûr de pouvoir vivre avec ça ? J’ai dit oui, je vais m’y faire.

Frédéric Doré

Structure

Des trois acheteurs intéressés, c’est notre couple qui a remporté la mise. Il a fait inspecter la propriété, comme on le conseille toujours, et a même retenu les services d’un ingénieur, pour s’assurer que la structure était solide. Elle l’était, note Frédéric. Seule une petite partie, adjacente à la cuisine, où il n’y a pas de cave, s’était un peu affaissée. « On pense que c’était auparavant une véranda ou une cuisine d’été », dit-il. Le reste de la maison est assis sur une cave en ciment de six pieds de hauteur.

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On se trouve ici dans l’extension ajoutée en 2012. C’est une salle familiale, au plafond cathédrale. La chambre principale se trouve en haut, sur la mezzanine, droit devant.

La maison avait été bien entretenue, mais avait manqué un peu d’amour avant la mise en vente, reconnaît Frédéric. Avant d’emménager, Frédéric et Ariane ont fait faire plusieurs travaux, incluant l’électricité à la grandeur. Exit le vieux filage sur porcelaine qui restait encore dans certaines pièces et les prises sans mise à la terre, ici et là. Les nouveaux propriétaires ont profité du fait que les électriciens avaient fait des « trous partout » pour faire installer des spots, un système de climatisation, centrer ceci, ajuster cela… Ils ont ajouté du rangement, beaucoup de rangement, comme ces grandes armoires bien pratiques dans l’entrée qui tient lieu de « mud room ». Celui-ci est doté d’un plancher chauffant bien agréable sous le pied de bas. Des travaux à l’extérieur ont aussi été réalisés. Le couple évalue avoir investi environ 80 000 $ pour mettre la maison à son goût.

Heureux mariage

Dans le cadre de ces travaux, Frédéric et Ariane ont tenu à respecter le style vieillot de la maison. C’est par l’entremise des meubles et de la décoration, volontairement épurés, qu’ils lui ont insufflé cette touche contemporaine. Voilà un heureux mariage qui crée un espace lumineux, aéré et fonctionnel, dans un cadre qui a de l’âme et du vécu.

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Du salon, on aperçoit la salle à manger, adjacente à la cuisine.

Cette charmante maison a, de plus, l’avantage d’avoir un terrain de 10 000 pieds carrés et d’être adossée à un parc municipal et à un terrain de tennis. Ajoutez à cela que la rivière des Prairies coule pas loin et que deux parcs-nature sont tout près : celui du Bois-de-Saraguay et celui du Bois-de-Liesse. C’est la campagne en ville, pour reprendre l’expression consacrée.

Laisser-aller

Notre couple a eu d’autres propriétés auparavant, des condos à Montréal et des maisons dans le Nord, dont une à Sainte-Anne-des-Monts, que Frédéric aimait particulièrement. Cette maison du boulevard Gouin, leur première véritable maison à Montréal, était un compromis, admet Frédéric. Ce dernier, qui œuvre en import/export de produits alimentaires, voyage environ 12 semaines par année à l’étranger pour son travail. Le reste du temps, il travaille de chez lui. C’est bien agréable de travailler dans un cadre vert et apaisant. Ariane, elle, travaille en marketing à Montréal. L’aspect transport entrait donc en ligne de compte. D’ici, il y a plusieurs chemins pour se rendre au cœur de la ville, sans avoir de pont à traverser.

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Toutes les pièces à vivre sont au rez-de-chaussée. On voit ici une partie du salon, qui jouxte la salle à manger.

Il y a des gens qui demeurent dans la même maison toute leur vie, et il y en a qui ont la bougeotte. Frédéric et Ariane font partie de la seconde catégorie. Ils pensaient rester encore trois ou quatre ans dans la maison du boulevard Gouin, mais un projet qu’ils ont en tête pourrait se concrétiser plus tôt que prévu. Ils envisagent de transformer un duplex en unifamiliale, quelque part sur le Plateau ou dans Rosemont. « On a eu beaucoup de plaisir dans cette maison, et il y a un attachement sentimental particulier, puisque notre fils est né pendant qu’on était ici. Mais c’est le temps de la laisser aller », conclut Frédéric.

La propriété en bref

Prix demandé : 799 000 $

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Tiens, voici le bain, un original juché sur son estrade en bois, qui se donne en spectacle. Cette pièce spacieuse, adjacente à la chambre des maîtres, est inondée de lumière naturelle.

Année de construction : 1924

Pièces : Quatre chambres à l’étage, deux salles de bains

Superficie du bâtiment : 214,61 m2 (2310 pi2)

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Voici une autre vue de la salle de bains. Comme on peut le constater, le plafond en bois a été conservé. Du bois, on en retrouve partout dans la maison. Parfois il est peint, parfois il est au naturel. Il apporte de la chaleur et, utilisé judicieusement, il n’assombrit pas les pièces. Merci aux murs blancs, qui le mettent en valeur.

Superficie du terrain : 946,77 m2 (10 191 pi2)

Évaluation municipale : 672 700 $

Taxes municipales (en 2019) : 3920 $

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Il y a quatre chambres à l’étage, dont une sert de bureau pour Frédéric. On voit ici une partie de la chambre principale, qui se trouve sur la mezzanine. Un grand walk-in permet de ranger tous les vêtements et accessoires.

> Consultez la fiche de la propriété : https://duproprio.com/fr/montreal/ahuntsic-cartierville/maison-a-vendre/hab-9300-boulevard-gouin-ouest-851354