Chez Lise Leblanc, tout est blanc. Un blanc crémeux, chaleureux, du genre qu’on aime instantanément, comme son presque homonyme. « C’est Brouillard OC 138, de Benjamin Moore, dit Mme Leblanc. Une teinte qui se marie bien avec le bleu. »

Marie-Andrée Amiot Marie-Andrée Amiot
La Presse

Enfin, tout n’est pas blanc, mais c’est l’effet ressenti dès qu’on passe le seuil de cette maison d’Ayer’s Cliff. Il y a effectivement du bleu dans la grande résidence. Cinquante nuances d’eau, du marine au cobalt en passant par le gris-bleu et d’autres tons nautiques. On se croirait au bord de la mer, à Kennebunkport. « Tant mieux, s’exclame la sexagénaire, c’est l’effet que je recherchais ! » Mais on est plutôt au bord du lac Massawippi, loin de l’océan. Qu’importe, l’effet nautique, quel que soit le plan d’eau, est drôlement réussi.

Idée fixe

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

À l’origine, les cabinets étaient en bois aux tons miellés. Lise Leblanc les a fait peindre en blanc. Elle a conservé la base de l’îlot et a déposé une surface de travail dont la teinte s’apparente aux poutres. Derrière les rideaux se trouvent un garde-manger de type walk-in (au fond) et un butler’s pantry pour préparer les consommations.

Ce petit tour de force est l’aboutissement de plusieurs années de recherche et de réflexion. Pendant trois ans, Lise Leblanc et son mari Jean Tardif ont arpenté les contours du lac Massawippi afin d’y trouver un terrain pour y bâtir la maison de leurs rêves. Les espaces disponibles étaient — et sont toujours — rares. Après des mois de recherche, ils ont enfin déniché un espace qui proposait un panorama formidable.

Mais comme rien n’est simple, ils l’ont vendu peu de temps après.

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Quoi de mieux que des lattes aux murs pour donner un air nautique à la propriété ? À noter, le poteau de départ de la main courante en forme de phare fait sur mesure. Il y a une autre réplique à la base du second escalier qui mène au loft au-dessus du garage.

« Euh… pourquoi ?

— Parce que l’architecte ne voulait pas bâtir la maison qu’on voulait ! »

Car voilà. Le couple savait exactement ce qu’il voulait. Surtout Mme Leblanc, qui avait toujours travaillé dans « le beau ». Propriétaire d’une boutique de vêtements haut de gamme pour dames, chef designer de la brasserie Unibroue et de deux restaurants, conseillère publicitaire de magazines traitant de luxe, Mme Leblanc avait une très bonne idée de ce qu’elle voulait.

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La salle à manger s’ouvre sur le salon, le butler’s pantry et le vestibule. Mme Leblanc a conservé l’œuvre murale peinte à la main qui illustre une scène ancienne. Le luminaire en étain a été peint en blanc comme le reste des meubles.

Je voyais déjà le produit terminé, il suffisait de trouver l’espace pour le réaliser.

Lise Leblanc

Finalement, ils ont eu un coup de chance : les nouveaux propriétaires de l’auberge Ripplecove souhaitaient se départir de la maison de l’ancien propriétaire installée à l’entrée de la vaste propriété. « L’épouse se disait qu’en demeurant si près de l’auberge, elle serait toujours aux aguets, mieux valait qu’elle s’en éloigne un peu ! »

Le couple a donc acheté la maison bâtie en 1999. « Elle était très belle, très chic avec ses boiseries sombres et ses airs classiques, se souvient Mme Leblanc. Le problème, c’est que je voulais une maison blanche aux accents nautiques ! »

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Le grand salon est situé à l’arrière de la maison. Au fond, à droite, se trouve le bureau.

Exit, donc, les murs en gypse, pour les recouvrir de lattes blanches installées à l’horizontale. Pendant six mois, elle a coordonné les travaux de décoration. « On a tout, tout repeint en blanc, les cabinets de la cuisine, ceux des salles de bains, les plafonds [où sont fixées des lattes entre les poutres qui ont conservé leur couleur miel], les fenêtres, tous les meubles qui étaient en bois, absolument tout. » Même les manteaux des deux foyers ont cédé leur place à des habillages blancs. Et le luminaire en étain de la salle à manger est passé sous le pinceau.

Les lattes du plancher chauffant sont en chêne et leurs tons s’apparentent aux poutres. À part l’îlot de la cuisine, ce sont les seules teintes boisées qui ont survécu.

Meubles et accessoires signés Ralph Lauren

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Les cœurs sont un thème récurrent qu’on retrouve un peu partout dans la maison.

Pour compléter le look marin, Mme Leblanc avait son idée. Son designer préféré, l’Américain Ralph Lauren, proposait des meubles et accessoires dans le ton souhaité. « J’ai acheté les meubles chez lui, à Naples aux États-Unis [où le couple possède un condo], et je les ai fait envoyer par camion. » Les tissus sont aussi de Lauren, et c’est une couturière de Québec qui a confectionné les panneaux des fenêtres et autres ouvertures. Mme Leblanc a tout choisi elle-même, des magnifiques poignées en cristal des chambres de l’étage aux plans de travail en pierre naturelle en passant par les miroirs et les œuvres d’art qui habillent les murs. Elle connaît chaque artiste, chaque peintre.

La cuisine n’est pas en reste pour ce qui est du luxe. De chaque côté de la cuisinière Wolfe au gaz se trouvent un wok à induction et un cuiseur à la vapeur. Les poignées en céramique des cabinets sont ornées de cœurs peints à la main et viennent d’Italie. D’ailleurs, les cœurs sont un thème récurrent qu’on retrouve un peu partout dans la maison.

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La maison est vendue avec une grande partie des meubles. Chacun a été choisi avec soin, respectant le fil conducteur du thème nautique, comme cette table qui s’appuie sur du bois d’épave.

C’est qu’il y a eu beaucoup d’amour dans la conception de cette propriété. Hélas, M. Tardif n’a pas pu vivre la retraite qu’il souhaitait, il est mort au moment où il s’apprêtait à y déménager définitivement. Deux ans après sa mort, Mme Leblanc a donc choisi de vivre ailleurs. « C’était un projet de couple, et on a eu beaucoup de bonheur à le réaliser ensemble. Mon mari est mort heureux. »

La propriété en bref

Prix demandé : 1 995 000 $

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Le foyer était recouvert d’un manteau en bois. Mme Leblanc l’a fait enlever pour le remplacer par un autre, blanc.

Année de construction : 1999, rénovée en 2017

Dimensions du bâtiment : 55,90 sur 33,60 

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Mme Leblanc a conçu un loft au-dessus du garage. Les enfants adorent dormir sous les alcôves.

Superficie du terrain : 28 025 pi2

Évaluation municipale : 761 700 $

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Les meubles ont été dessinés par Mme Leblanc et fabriqués selon ses directives. Les lampes ont été importées d’Italie.

Impôt foncier : 4720 $

Taxe scolaire : 1041 $

Courtier : Simon-P. Marcil, Re/Max D’abord, 819 868-6666

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La propriété propose un panorama formidable sur le lac Massawippi. La piscine creusée ainsi que ses abords ont fait partie des rénovations récentes.

Résumé : Le cottage rénové comprend trois chambres avec walk-in et un loft au-dessus du garage jumelé. Il est situé sur la pointe des Peupliers. On y trouve trois salles de bains et une salle d’eau, deux foyers au bois et une cuisine comprenant cuisinière au gaz, wok à induction, îlot et plusieurs cabinets de rangement. La piscine creusée ainsi que ses abords ont fait partie des rénovations récentes. Le bord de l’eau comprend un quai amovible et le lac est navigable.

> Consultez la fiche de la propriété : https://www.centris.ca/fr/maison~a-vendre/17621634