Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Marie-Andrée Amiot Marie-Andrée Amiot
La Presse

« Acheter une maison, c’est beaucoup une affaire de cœur. »

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE

Le carrelage à effet tridimensionnel a été installé un carreau à la fois par un céramiste d’expérience.

Voilà la conclusion à laquelle la famille Guay est arrivée après avoir acheté neuf maisons en moins d’un quart de siècle. Charles et sa femme, Isabelle, sont des pros du déménagement et des rénovations. « On a habité un peu partout. Chaque fois, quelque chose nous interpellait. Celle-ci, on l’a choisie pour rapprocher les enfants des écoles et de la ville. » Et pour son potentiel, pourrions-nous ajouter.

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On est immédiatement séduit par les vastes volumes du hall d’entrée. Au sol, les lattes du parquet d’ingénierie sont faites de chêne blanchi, une surface très résistante.

La famille est composée de papa, maman, de quatre enfants de 8 à 15 ans et du nouveau labrador blond Maya. Des sportifs qui déplacent de l’air et qui ont besoin d’espace.

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Cette maison compte deux salons qui sont mitoyens.

Cette huitième acquisition (la neuvième étant la prochaine, déjà achetée !), ils devaient la garder longtemps. Au moins le temps de voir la petite dernière quitter le nid dans une dizaine d’années. D’où les efforts titanesques déployés pour répondre aux besoins de leurs vies actives. Mais la vie réserve parfois des surprises.

À vos plans, prêts, partez  !

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Celui-ci, pour les grands jours et les récitals de piano, abrite aussi le foyer au gaz.

À l’achat, en 2017, même si la maison ne payait pas de mine et était vendue sans garantie légale, le couple avait flairé son potentiel. « C’est une belle construction, dans une jolie rue tranquille ; l’école primaire est à deux rues et on savait qu’on pourrait la rénover à notre goût. » Car pas question pour ces pros d’acheter une propriété clés en main. « Pour nous, rénover, c’est une drogue, confie Charles. On adore l’odeur du bran de scie. On fréquente les allées des centres de rénovation par pur plaisir. On aime se retrouver ensemble à dessiner des croquis des futures pièces. »

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Le garde-corps est véritablement unique. Formé de lattes métalliques, il fait penser à des rubans en papier qu’on déroule. Les pièces sont si longues qu’elles ont dû être assemblées et peintes sur place.

Résultat : chaque pouce des 6000 pi2 a été réfléchi, évalué et rénové. À commencer par les incontournables quand on a affaire à une construction des années 50 : la toiture, les fenêtres (grandes, comme elles le sont dans ces maisons « mid-century modern »), la mécanique, l’électricité, la plomberie (qui doit être en cuivre selon les exigences de la Ville). « On a mis d’équerre toutes les pièces, on a créé un sous-sol vivable (avec gym, chambres des garçons, seconde salle de lessive, cave à vin, etc.), on a réisolé les murs avec du polyuréthane. On a refait la cuisine, les escaliers, les parquets. On a changé les trois salles de bains et les deux salles d’eau, on a créé trois mud rooms [vestiaires d’entrée] … »

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Les quatre murs de la cuisine comportent des rangements. Chaque espace a été soigneusement conçu pour être le plus utile possible.

Puisque le couple était dans le « tant qu’à faire » extrême, il en a profité pour transformer le système de chauffage, passant de mazout et électricité au gaz naturel. « On a ajouté des planchers chauffants et un humidificateur central. » Bref, une nouvelle maison.

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C’est ici que la famille se retrouve pour regarder les matchs de sport ou faire du bricolage : un grand pupitre accroché au mur (invisible à l’écran) est le coin préféré des petites filles de la famille.

Les rénovations ont duré sept courts mois, un record, direz-vous. C’est qu’au moment où ils signaient leur promesse d’achat, le terrain en bordure du lac qu’ils convoitaient a été mis en vente. « On pouvait enfin y bâtir le chalet de nos rêves, se souvient Charles. On s’est donc retrouvés à gérer deux chantiers en même temps ». Bouchées doubles, donc, aux deux endroits.

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Le couple partageait ce lumineux espace jusqu’à récemment. La propriétaire s’est finalement installée dans une des chambres à l’étage.

Décorer

Isabelle s’est occupée du design avec l’aide d’un fidèle collaborateur, Guy Gibeault. « On travaille ensemble depuis longtemps. Quand je vois passer une bonne idée (le couple est adepte des magazines comme Dwell et Interiors), je la soumets à Guy et on en discute. Il semble lire mes pensées. »

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Il y a trois pièces destinées aux vêtements extérieurs dans cette maison. Celle-ci s’ouvre sur une salle d’eau et mène vers la salle de rangement des accessoires de sport.

La rampe, par exemple : « J’avais vu ce garde-corps exceptionnel de Bätttig Design à l’hôtel Reine Elizabeth. C’est M. Gibeault qui a imaginé notre garde-corps inusité. » Composé de trois larges lisières en métal, il semble onduler le long de l’escalier comme des rubans qu’on déroule. D’autres détails étonnent. Prenez les losanges blancs, noirs et gris du carrelage du vestibule installés en cubes. Ou les grandes armoires de rangement en bois du salon qui encadrent le foyer au gaz. Des éléments qui traverseront le temps.

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Une des deux salles d’eau du rez-de-chaussée.

La maison a trouvé un look qui lui rend justice et qui honore la période où elle a été construite. Ces propriétés ont souvent été dénaturées, mais celle-ci a retrouvé ses lettres de noblesse. « Chaque fois qu’on déménageait, on rénovait, on restaurait et on apprenait, indique Isabelle. Cette maison, c’est la somme de nos expériences précédentes. »

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Voici la chambre principale. Les propriétaires ont ajouté une grande salle de bains et deux placards de type walk-in.

Pourquoi déménager après tant d’efforts ? On pourra montrer du doigt la pandémie. « En mars, quand notre vie s’est transformée, on a paqueté nos affaires pour se réfugier en famille au chalet. On y est restés de mars à août, explique Isabelle. Au retour, je me sentais étouffée par la vie urbaine. Charles aussi. On avait travaillé à distance, les enfants étaient heureux dans la nature, on a décidé de s’en rapprocher. » Leur prochaine maison sera donc à quelques mètres du mont Royal, où ils pourront s’amuser dans les sentiers boisés. Les reverrons-nous dans quelques années ? « Ce n’est pas prévu ! » Permettez-nous d’en douter. On sent déjà l’appel du marteau.

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Cette salle de bains adjacente à la chambre principale a été créée par les propriétaires.

La propriété en bref

Prix demandé : 4750 000 $

Année de construction : 1954, entièrement rénovée en 2017

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C’est une des plus grandes chambres que nous ayons vues. Comme dans toutes les autres, il y a deux vastes placards aménagés avec tiroirs, étagères et penderies.

12 pièces comprenant 6 chambres, 3 salles de bains, 2 salles d’eau, 1 foyer au gaz.

Superficie habitable : Environ 6000 pi2

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La chambre de bain des filles.

Superficie du terrain : 10 973 pi2

Évaluation municipale : 3422 800 $

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Les propriétaires ont réaménagé les espaces ouverts du sous-sol pour créer des pièces séparées, dont les deux chambres des garçons, une salle de bains, un gymnase et une seconde salle de lessive. Néanmoins, les volumes sont si grands que l’espace central laisse amplement d’espace pour jouer au hockey.

Impôt foncier : 20 375 $

Taxe scolaire : 3187 $

Courtiers : Félix Jasmin et Sébastien Kadian, Engel & Völkers Montréal

> Consultez la fiche de la propriété

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Le propriétaire a lui-même imaginé cette cave à vin qui peut contenir jusqu’à 1300 bouteilles. Les étagères sont en érable et un mini-compresseur très silencieux assure une température égale.

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Le tour du propriétaire: La maison au 1730, Chemin Saint-Clare, Mont-Royal. La cour arrière.