Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Daniel Ouaknine a pris soin de la Maison Buchanan depuis qu’il l’a acquise, il y a une dizaine d’années. Elle avait abrité l’équipe des ventes du complexe immobilier Le Montmartre, construit à l’arrière. Un appartement-témoin y avait été aménagé, se rappelle l’homme d’affaires, qui y a établi son bureau de notaire et y a à son tour reçu des clients, en plus d’y habiter pendant certaines périodes.

« C’est très pratique, on a huit places dans le stationnement intérieur du Montmartre », fait-il remarquer.

Ce spacieux stationnement, judicieusement installé au bas de la pente, que surplombe la maison, est recouvert de verdure. Résultat : de la terrasse à l’arrière, les occupants ont une vue sur un vaste jardin animé par une fontaine. Les appartements du complexe immobilier entourent cette cour intérieure ombragée et se trouvent à une bonne distance. Le calme règne, loin de la bruyante rue Sherbrooke.

La Maison Buchanan a conservé sa prestance, même si le terrain lui étant rattaché a été considérablement réduit. Lors de sa construction, en 1837, elle était entourée de vergers. Située à l’intersection de la rue Sherbrooke Est et de l’avenue de l’Hôtel-de-Ville (juste à l’est du boulevard Saint-Laurent), c’est le plus ancien bâtiment dans son secteur. Son recul de la rue, la présence de quatre majestueux arbres centenaires à l’avant et la longue allée menant à la porte d’entrée lui permettent de faire bonne impression. L’ajout de l’immense jardin, qui la borde à l’ouest et au sud, contribue à la mettre en valeur.

La demeure a été bâtie pour l’avocat Alexander Buchanan. Elle a été conçue par l’architecte de renom John Ostell, qui s’était installé à Montréal en 1834 et y a laissé sa marque. Il s’agit de l’un de ses premiers ouvrages. Il a ensuite (entre autres) réalisé les plans de l’ancien édifice de la douane dans le Vieux-Montréal, l’immeuble de la faculté des arts de l’Université McGill, les clochers de l’église Notre-Dame, l’église Notre-Dame-de-Grâce, le complexe New City Gas dans Griffintown, etc.

Le manoir est de style géorgien (faisant référence aux quatre rois d’Angleterre George I, II, III et IV, qui se sont succédé avant l’avènement de la reine Victoria et du style victorien). Symétrique, la demeure comporte des éléments inspirés de l’architecture classique de la Grèce et de la Rome antiques. Le portique de pierres grises, qui tranche avec le restant de la maison de briques rouges, en est un exemple.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE

Daniel Ouaknine a pris soin de la maison depuis qu’il l’a acquise, il y a une dizaine d’années. Son fils David, à la tête des boutiques Bois & Cuir, en a profité pour la meubler. Il y demeure depuis quelques mois, découvrant la vie branchée aux alentours.

Des moulures au rez-de-chaussée avaient été endommagées. Daniel Ouaknine a vu à ce qu’elles soient refaites ou réparées. Il a changé le système de chauffage, remettant en fonction des radiateurs à l’eau chaude. « Un système électrique avait été installé, mais ce n’était pas fonctionnel, explique-t-il. Je suis retourné à l’avant-dernier système. »

Il a aussi métamorphosé le grenier, qui comptait cinq bureaux sous un plafond bas. « C’était horrible, dit-il. J’ai tout arraché. J’ai fait refaire le plancher et les poutres ont retrouvé leur beauté. »

La maison semble avoir trois étages, au niveau de la rue Sherbrooke, en comptant son grenier, transformé en une immense chambre avec une spacieuse salle de bains. Elle compte en fait quatre niveaux, bien éclairés, grâce au dénivelé du terrain. Au sous-sol, qui n’en est pas vraiment un, se trouvent donc une cuisine, une salle d’exercice, une salle de jeu et la chambre de l’ancien majordome, qui rappelle le passé glorieux de la maison de 8900 pi2.

La demeure compte aussi une chambre au rez-de-chaussée, quatre autres chambres très spacieuses à l’étage, cinq salles de bains rénovées, deux salons ainsi qu’une salle à manger au rez-de-chaussée. Jusqu’en mars, elle était régulièrement louée par des groupes de touristes, en provenance surtout de New York et de Boston. Ceux-ci déboursaient en moyenne 3000 $ la nuit, par l’entremise de la plateforme Airbnb. La pandémie a changé la donne.

Le fils de Daniel Ouaknine, David, s’est installé dans la maison. Propriétaire et directeur artistique des boutiques Bois & Cuir, il en avait déjà profité pour y disposer du mobilier et des accessoires destinés à une clientèle jeune et avide de design, à un prix accessible. Le jeune homme de 30 ans, classé dans la liste sélecte des « 30 under 30 » (30 de moins de 30 ans) du magazine Forbes, en 2017, s’est approprié le grenier. Il en profite pour découvrir les restaurants et la vie branchée aux alentours.

Habiter au centre-ville, rue Sherbrooke, est vraiment quelque chose de spécial. C’est très agréable de rester dans cette maison.

David Ouaknine

Son père, Daniel, l’a achetée parce qu’il trouvait qu’elle avait beaucoup de potentiel et il voulait en faire sa résidence principale. « C’est unique, une maison comme cela, en plein dans le Quartier latin », s’exclame-t-il.

Il est maintenant prêt à ce que d’autres prennent la relève.

La propriété en bref

PRIX DEMANDÉ : 3 699 000 $

ANNÉE DE CONSTRUCTION : 1837

SUPERFICIE DU TERRAIN : 3794 pi2

SUPERFICIE DE LA MAISON : 8900 pi2

ÉVALUATION MUNICIPALE : 2 459 300 $

IMPÔT FONCIER : 22 501 $

DESCRIPTION

Cette maison, construite lorsque la rue Sherbrooke, au nord du Vieux-Montréal, se trouvait à la campagne, compte six chambres spacieuses et cinq salles de bains, réparties sur quatre niveaux. Les hauts plafonds et les moulures travaillées vont de soi dans cet élégant manoir demeuré relativement intact. La grande terrasse, à l’arrière, donne sur un immense jardin.

COURTIER

Silviu Ion
Engel & Völkers
Montréal

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