Le marché des maisons intergénérationnelles demeure marginal, avec un très faible pourcentage des transactions immobilières réalisées année après année au Québec. Mais avec le vieillissement de la population et l’immigration, il est à prévoir que la demande pour de telles propriétés ira en augmentant.

Yvon Laprade Yvon Laprade
Collaboration spéciale

« Chose certaine, dit Charles Brant, directeur, analyse du marché à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), l’offre [des maisons à vendre] n’est pas très grande en ce moment. On peut même avancer qu’il y a une certaine rareté, dans certains secteurs. »

Il croit même que ce modèle de cohabitation est appelé à « décoller » au cours des prochaines années, avec la hausse effrénée des prix de l’immobilier, notamment dans la grande région de Montréal.

Précisons que le nombre de transactions dans ce créneau spécialisé — qui avait atteint un sommet de 1272 en 2017 — a plafonné à 938 en 2019, soit une baisse de 26 %.

« On est une société de plus en plus multiculturelle. Et dans certaines communautés ethniques, on s’entraide entre parents et enfants. Ça pourrait intéresser les acheteurs potentiels de maisons intergénérationnelles. »

— Charles Brant

« Ça pourrait devenir une option intéressante pour loger les familles qui souhaitent accéder à la propriété », soumet-il.

Autre facteur, selon lui, qui pourrait relancer cette option : les prix élevés exigés par les résidences pour retraités autonomes, où il faut débourser des milliers de dollars par mois pour un trois et demi dans une tour…

Une forme de partenariat

Le courtier immobilier et hypothécaire Félix Vallières s’attend lui aussi à ce que ce marché spécialisé prenne de l’expansion.

« Il ne faut pas perdre de vue que l’accès à la propriété, avec la flambée des prix, est de plus en plus difficile, souligne-t-il. Pour contourner cette difficulté, les parents et les enfants pourraient établir une forme de partenariat leur permettant de vivre ensemble, tout en y trouvant leur compte, chacun à leur manière, que ce soit pour l’entretien de la propriété ou pour le gardiennage des enfants… par les grands-parents ! »

Ce regain de popularité pour la maison intergénérationnelle pourrait constituer une bouffée d’air frais pour les vendeurs, qui doivent souvent compter sur des délais beaucoup plus longs que pour la maison unifamiliale avant de trouver preneur.

« Je viens justement de vendre une grosse maison intergénérationnelle de 3000 pieds carrés en 157 jours à Val-David, précise Félix Vallières. Dans un tel marché, c’est un délai relativement court. » 

En chiffres

Prix médian (Montréal) : 473 211 $
Prix médian (au Québec) : 317 948 $
Délai de vente moyen : 141 jours
Source : APCIQ – décembre 2019