Rester ou déménager ? Pour certains, la question ne se pose pas. On est bien, on reste. Au cours des prochaines semaines, La Presse vous présente des gens qui habitent la même maison depuis plus de 15 ans. Ils nous expliquent pourquoi ils sont si bien chez eux.

Charles-Édouard Carrier Charles-Édouard Carrier
Collaboration spéciale

Ulric Marcotte, 41 ans

Ville : Gatineau

Habite sa maison depuis : 18 ans

Type de propriété : bungalow

Alors que des adolescents collectionnaient les jeux vidéo et que d’autres dépensaient pour aller au cinéma, Ulric Marcotte accumulait des outils dans le but de rénover sa future maison, mettant de l’argent de côté comme mise de fonds.

Dès l’âge de 13 ans, l’objectif d’Ulric était clair : devenir propriétaire le plus vite possible et ne jamais payer de loyer. « J’étais intéressé par les finances et par l’accès à la propriété, dit-il. En prévision de ma première maison, je demandais des outils en cadeau et je mettais de côté tout l’argent que je gagnais », se souvient-il.

Objectif atteint

Son plan a fonctionné à merveille. À 23 ans, aidé d’un courtier immobilier et après à peine un mois de recherche, il a acheté sa maison.

« Je n’avais pas beaucoup de sous et mon travail dans une station de télé locale était peu payant, dit-il. J’ai alors opté pour une maison avec logis parental : la première année, les anciens propriétaires vivaient au sous-sol, le temps de terminer la construction de leur nouvelle résidence. »

PHOTO FOURNIE PAR ULRIC MARCOTTE

Le propriétaire de 41 ans s’estime comblé par sa maison de Gatineau.

Pour rembourser l’hypothèque, Ulric Marcotte pouvait aussi compter sur le loyer d’un colocataire qui vivait avec lui au niveau supérieur.

Ce n’est que deux ans après la transaction qu’il a pris la décision d’habiter seul, mais toujours en privilégiant une stratégie pour rembourser rapidement sa dette : « Mes premiers emplois dans une station de télé ne me donnaient pas accès à un fonds de pension. J’avais comme objectif de payer ma maison avant l’âge de 40 ans et de me constituer un fonds de retraite de 40 à 60 ans. »

Ce désir d’une retraite paisible l’a amené à acheter, plus tard, un condo locatif et un immeuble à revenus en utilisant les capitaux propres sur la maison.

Nouvelle étape

Pendant un moment, Ulric Marcotte a songé à vendre. Il avait même acheté un terrain dans la ville voisine pour y construire quelque chose de plus spacieux, mais une séparation l’a forcé à revoir ses plans. Il revient sur ces événements avec philosophie : « J’imagine que le destin a fait en sorte que ça n’a pas fonctionné… Entre-temps, la valeur du terrain a doublé et la vente m’a permis de rembourser la dette de la maison. »

Il y a quatre ans, il a rencontré sa nouvelle compagne, qui a vendu sa propriété pour venir habiter avec lui. « Nous avons envisagé d’acheter une maison ensemble, mais nous trouvions plus judicieux de remettre cet achat à plus tard et de nous laisser du jeu au niveau financier, dit-il. J’ai investi alors beaucoup d’argent pour refaire chacune des pièces et m’assurer que ma blonde se sente chez elle ici. »

Choix de vie

« Alors que je devenais propriétaire, mes amis achetaient et meublaient tout en neuf leur appartement ; moi, je récupérais des meubles usagés et leur vieille télé ! », raconte Ulric Marcotte.

Celui qui conduit la même voiture depuis 10 ans et prévoit la conserver pendant 10 autres années se décrit comme étant plutôt terre à terre, sans pour autant se priver de loisirs.

« J’ai le choix de vivre sans stress financier, je fais un voyage ou deux par année, je passe les week-ends au chalet, on va au cinéma, au restaurant, on ne se prive pas, dit-il. Beaucoup de gens autour de moi possèdent des propriétés dont la valeur atteint le double de la mienne. Dans mon cas, l’argent est dans les projets plutôt que dans ma maison. »

À l’aube de la quarantaine, Ulric Marcotte est fier de sa propriété, maintenant au goût du jour et au cœur d’un quartier qui s’est grandement développé au fil des ans : « Elle ne demande pas beaucoup d’entretien, nous sommes près de tous les services, il y a beaucoup de rangement, l’école de mon fils est tout près et nous avons une belle et grande galerie pour nos soirées entre amis. J’ai tout ce qu’il me faut… »