Le marché immobilier de la grande région de Sherbrooke tire avantage de la vigueur de son secteur manufacturier et des investissements majeurs au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), qui se traduisent par des embauches massives.

Yvon Laprade Yvon Laprade
Collaboration spéciale

« Ça fait plus de 30 ans que je vends des propriétés et, honnêtement, c’est la meilleure période de toutes celles que j’ai connues jusqu’à présent », lance, sur un ton enthousiaste, le courtier Denis Dubord, de RE/MAX.

Au cours du troisième trimestre de 2019, les ventes totales ont augmenté de 12 % et le nombre d’inscriptions a chuté de 17 %. La baisse du nombre de propriétés à vendre se poursuit depuis 13 trimestres consécutifs, selon le tout dernier Baromètre publié par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ).

Un relèvement des prix ?

Malgré cette vigueur, le prix des propriétés (unifamiliales et condos) a fléchi légèrement au cours des trois derniers mois. Des baisses de prix qui n’inquiètent pas outre mesure le courtier Jean-François Bérubé, dirigeant-propriétaire de l’agence Royal LePage Évolution.

On évolue dans un marché très actif. Ce n’est qu’une question de temps avant que les prix commencent à grimper, avec la baisse d’inventaire qui se maintient.

Jean-François Bérubé

Il ajoute : « La maison de 250 000 $ et moins se vend bien et rapidement, et c’est le cas aussi pour celle de 350 000 $ et plus, souligne le courtier d’expérience. On a beaucoup d’acheteurs venant de l’étranger qui disposent de bons moyens financiers. Parmi ceux-là, on retrouve des chercheurs récemment embauchés par le CHUS. »

C’est sans compter, précise-t-il, la présence d’acheteurs de la région de Montréal qui ont « vendu leur propriété avec un bon profit » et qui viennent s’installer en Estrie.

« Dans un certain sens, fait-il valoir, on profite de l’effervescence du marché montréalais. Ça profite aux propriétaires de maisons haut de gamme. »

Cette forte activité immobilière a d’ailleurs valu à son équipe, qui compte sept courtiers, de terminer au premier rang, au Québec, pour le nombre de propriétés vendues au palmarès des courtiers Royal LePage en 2019.

Emploi et maison

Le courtier Denis Dubord se dit tout aussi occupé. « J’ai vendu des propriétés à une vingtaine de futures infirmières qui vont travailler au Centre universitaire, dit-il. Et c’est sans compter les employés d’usine qui ont les moyens d’acheter une maison, plus que jamais, avec les hausses de salaire consenties par leur employeur pour les embaucher ou les maintenir en emploi. »

Selon lui, un manufacturier a même haussé le taux horaire de 2 $ pour le quart de jour et de 3 $ la nuit pour inciter les travailleurs à lui rester fidèles.

La ville est placardée d’affiches « Nous embauchons ». On a ici d’importants besoins de main-d’œuvre.

Jean-François Bérubé

Des inspecteurs débordés

Geneviève Grandmont, courtière immobilière chez Via Capitale Estrie, se réjouit elle aussi du fort niveau d’activité dans le marché de Sherbrooke et des villes environnantes.

« En cinq mois, cette année, j’ai réalisé autant de transactions qu’au cours d’une année entière, l’an dernier. C’est vous dire à quel point ça bouge beaucoup ! », résume-t-elle.

Elle ajoute : « Si on vend autant de propriétés et s’il y a autant d’acheteurs, c’est parce que l’économie va très bien. Personne ne manque de travail, les gens d’affaires, les travailleurs autonomes. Dans le secteur de la construction, les entrepreneurs sont débordés, et [de nombreux] inspecteurs en bâtiment ne peuvent accepter de nouveaux mandats avant trois mois ! »

Le marché sherbrookois

Population : 212 105

Variation (entre 2011 et 2016) : + 4,9 %

Nombre de ménages : 106 082

Prix médian d’une maison unifamiliale : 222 000 $

Prix médian d’une unité en copropriété : 155 000 $

Source : Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec