On les appelle les espaces communs, puisque tous les résidants d’un immeuble y ont accès. Or, ces espaces partagés n’ont souvent rien de commun et procurent à chaque complexe sa propre personnalité. Comment évoluent-ils ? Voici un aperçu.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

De nouveaux types d’espaces

Des jeunes et des moins jeunes, des personnes qui vivent seules, des couples et de plus en plus de familles choisissent de vivre dans des complexes en hauteur. Les promoteurs en tiennent compte pour aménager des lieux où les résidants auront le goût d’aller et d’entrer en contact avec les autres.

« Les types de clientèle ont évolué, constate Laurence Vincent, coprésidente de Prével. Il faut s’adapter à des besoins de plus en plus précis. »

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

De plus en plus d’espaces facilitant le travail font leur apparition dans les tours d’habitation, allant d’une simple table rectangulaire avec tous les branchements nécessaires jusqu’à l’accès à une imprimante et un bureau fermé. Un jeune homme s’est installé avec son ordinateur dans le hall d’entrée d’un immeuble du 21e arrondissement, destiné à des locataires.

Le projet Union sur le Parc, en construction dans l’ouest du centre-ville de Montréal, a par exemple été conçu pour attirer des familles, souligne-t-elle. Une salle d’exercice pour enfants jouxtera le centre sportif. Un espace polyvalent pouvant être utilisé pour faire de la cuisine ou du bricolage et tenir des fêtes de famille est également prévu.

Dans la tour Magellan, au cœur de Solar Uniquartier, à Brossard, une salle de jeu avec des jeux de société et un jeu géant de tic-tac-toe sera aménagée. « On s’attend surtout à une clientèle de baby-boomers, indique Marco Fontaine, vice-président, développement résidentiel et marketing, chez Devimco. Ce n’est pas évident d’attirer des familles dans ce projet, parce qu’il y a beaucoup de maisons unifamiliales pas loin. On a conçu un lieu où les grands-parents aimeront aller jouer avec leurs petits-enfants. »

Groupe Sélection vise quatre clientèles distinctes dans ses immeubles locatifs de marques Yimby (pour moins de 35 ans), Rez (pour familles et jeunes ménages), fridöm (55 ans et plus) et Sélection Retraite. Les espaces communs sont conçus différemment. Le premier immeuble Yimby, dans Rosemont, comporte une vaste pièce à aire ouverte où se trouvent une cuisine avec un grand îlot, des tables pour travailler avec son ordinateur ou jouer à des jeux de société, ainsi qu’une zone de jeu avec deux écrans de télé, une table de billard, une table de baby-foot. « C’est important d’avoir plusieurs usages pour optimiser l’utilisation », indique Philippe Olivier Bouclin, vice-président, développement immobilier, de l’entreprise.

Des lieux à partager

ILLUSTRATION FOURNIE PAR DEVIMCO

Dans le futur complexe Maestria, une passerelle très originale reliera les deux tours au 28e étage et servira de démarcation entre les 1045 condos aménagés aux étages supérieurs et les 674 appartements locatifs au-dessous. Le toit de la passerelle, réservée aux copropriétaires, deviendra un belvédère très confortable, l’été, pour voir ce qui se passe à la place des Festivals.

De plus en plus de complexes comportent des appartements en copropriété et en location. Ceux-ci se trouvent dans des tours ou des étages séparés. La frontière entre les espaces communs réservés aux copropriétaires et aux locataires n’est toutefois pas toujours étanche.

« Certaines aires communes se partagent très bien, comme un grand centre sportif et une piscine intérieure, explique Marco Fontaine, de Devimco. D’autres espaces, comme une terrasse sur le toit, sont destinés exclusivement à chaque type de clientèle. »

ILLUSTRATION FOURNIE PAR GROUPE SÉLECTION

Au complexe Espace Montmorency, à Laval, 700 appartements locatifs seront conçus pour accueillir trois clientèles distinctes dans différentes zones (fridöm, Rez et Yimby). Les locataires de divers groupes d’âge auront chacun leurs propres espaces communs, mais ils se côtoieront dans un spacieux centre sportif.

Dans le futur complexe Maestria, dans le Quartier des spectacles, une passerelle très originale reliera ainsi les deux tours au 28e étage et servira de démarcation entre les 1045 condos aménagés aux étages supérieurs et les 674 appartements locatifs au-dessous. Une partie importante des aires communes destinées aux copropriétaires se trouvera au niveau de la passerelle, qui leur sera réservée. Le toit de celle-ci deviendra un belvédère très confortable, l’été, pour voir ce qui se passe à la place des Festivals.

Le complexe Humaniti, à la jonction du Quartier des spectacles et du Vieux-Montréal, comprendra des commerces, des bureaux, un hôtel de l’enseigne Autograph Collection, de Marriott, 314 appartements locatifs du 5e au 25e étage et 152 condos du 26e au 39e étage. « Nous avons préféré faire un très grand gym, un spa, une piscine avec services, accessibles aux clients de l’hôtel, aux copropriétaires et aux locataires, explique Stéphane Côté, président de DevMcGill. Locataires et copropriétaires, en plus d’avoir accès à tous les services de l’hôtel, auront aussi une deuxième piscine sur le toit et un grand salon à leur disposition. On veut que les gens se rencontrent, se mélangent. »

ILLUSTRATION FOURNIE PAR DEVIMCO

Dans la tour Magellan, au cœur de Solar Uniquartier, à Brossard, une salle de jeu avec des jeux de société sera aménagée. S’attendant surtout à une clientèle de baby-boomers, Devimco a conçu un lieu où les grands-parents aimeront aller jouer avec leurs petits-enfants.

Le complexe Espace Montmorency, à Laval, englobera de son côté des bureaux, des commerces, un hôtel et 700 appartements locatifs. Ces derniers, qui relèvent du Groupe Sélection, seront conçus pour accueillir trois clientèles distinctes, dans différentes zones (fridöm, Rez et Yimby). Les locataires de divers groupes d’âge auront chacun leurs propres espaces communs, mais ils se côtoieront dans un spacieux centre sportif, précise Philippe Olivier Bouclin, vice-président, développement immobilier, de l’entreprise.

Une contribution à la communauté

ILLUSTRATION FOURNIE PAR LE CONSORTIUM QMD-MÉNARD

Au cours de la construction de Solstice Montréal, le consortium QMD-Ménard en profitera pour aménager une allée publique est-ouest, qui connectera la station de métro Lucien-L’Allier au Centre Bell. Pour laisser un legs à tous les Montréalais, une œuvre d’art de Vanessa Harden et David Gardener animera la promenade.

Les promoteurs de projets d’envergure ont le souci de s’intégrer dans le quartier et d’y contribuer.

La construction du Solstice Montréal, un immeuble de 44 étages qui se dressera rue de la Montagne, au sud du boulevard René-Lévesque, transformera le secteur. « Nous aménagerons une allée publique est-ouest, qui connectera la station de métro Lucien-L’Allier au Centre Bell, indique Michel Guilbault, vice-président, développement, du consortium QMD-Ménard. Pour laisser un legs à tous les Montréalais, une œuvre d’art de Vanessa Harden et David Gardener animera la promenade. »

ILLUSTRATION FOURNIE PAR DEVMCGILL

Une œuvre d’art, non encore confirmée, enjolivera l’esplanade du complexe Humaniti, en forme de H. « Cela permettra de faire le lien avec la place Jean-Paul-Riopelle, qui se trouve juste en face », souligne Stéphane Côté, président de DevMcGill.

Une œuvre d’art, non encore confirmée, enjolivera aussi l’esplanade du complexe Humaniti, en forme de H. « Cela permettra de faire le lien avec la place Jean-Paul-Riopelle, qui se trouve juste en face », souligne Stéphane Côté, président de DevMcGill.

« Systématiquement, on offre des services qui répondent aux besoins de la communauté, dit Marco Fontaine, de Devimco. Cela dépend de la grandeur du projet. Au Maestria, la cour intérieure sera accessible le jour à tous. Au Solar Uniquartier, à Brossard, il y aura un grand parc central et une section minéralisée afin de tenir des événements pour toute la population. »

Au complexe Union sur le Parc, Prével aménagera une promenade qui mènera à la falaise Saint-Jacques, en plus d’espaces verts à l’avant. « Le parcours était informel, cela deviendra un parc public, indique Laurence Vincent, coprésidente de Prével. Plus on est capable de construire dense et en hauteur, plus on peut libérer au sol des espaces publics qui serviront au quartier. »

Espace Montmorency, réalisé en partenariat par Montoni, le Fonds immobilier de solidarité FTQ et Groupe Sélection, comportera une cour intérieure, qui sera ouverte au public. « Cela va ressembler à l’espace central du Centropolis, avec ses terrasses, mais sans les voitures, révèle Philippe Olivier Bouclin, de Groupe Sélection. Il y aura aussi un auditorium extérieur. »

Les piscines, incontournables

ILLUSTRATION FOURNIE PAR LE CONSORTIUM QMD-MÉNARD

Au Solstice Montréal, une œuvre de Pascale Girardin ornera un des murs autour de la piscine.

« Les piscines sont plus populaires que jamais, constate Marco Fontaine, de Devimco. L’été, les gens aiment bien lorsqu’il y en a une sur le toit. Nous intégrons un plan d’eau dans presque chaque projet. Nous n’avons pas mis de piscine intérieure dans nos immeubles dans Griffintown, mais on l’a fait dans le complexe EstWest, sur le terrain de l’ancien Hôpital de Montréal pour enfants, parce qu’il a deux grandes tours d’environ 600 condos et 540 appartements locatifs. »

Les piscines sont indispensables, dit Stéphane Côté, président de DevMcGill, en précisant qu’il y aura deux piscines extérieures sur les toits du complexe Humaniti. « Des études démontrent qu’à peu près 52 % des gens les veulent, avance-t-il. Ceux qui les veulent les apprécient beaucoup. On vit dans un pays nordique. On a le goût d’être à l’extérieur quand les beaux jours arrivent. »

Laurence Vincent, coprésidente de Prével, estime qu’un point d’eau, que ce soit une piscine ou une fontaine, est toujours agréable. « Cela fait partie des attractions, dit-elle. C’est une des raisons pour se déplacer. Les gens sont sollicités de toutes parts. Il faut que ce qu’on propose soit alléchant. »

Au Solstice Montréal, la salle d’exercice vitrée aura une vue à la fois sur la piscine intérieure et sur l’œuvre de Pascale Girardin, qui ornera un des murs. « L’art a une influence directe sur la qualité de vie des occupants, explique Benjamin Sternthal, directeur du développement. Une autre œuvre de l’artiste, dans le hall d’entrée de l’immeuble, sera visible de la rue. Cela en prend plus pour être un projet exceptionnel. »