Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d’exception, offerte sur le marché de la revente.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

Il y a 20 ans, Solange Boyer et Gilles Charest ont eu un coup de cœur pour un chalet formé de blocs décalés, inspiré d’Habitat 67, campé au sommet des pentes 40/80, à Sainte-Adèle. Ils ont depuis pris grand soin de la maison à l’architecture originale, qui semble dans certaines pièces tout droit sortie des années 70.

Initialement, d’autres maisons similaires devaient être bâties dans l’ancienne érablière, au sommet de la montagne. Le projet ne s’est pas concrétisé. Le chalet, bâti sur du béton, est donc le seul en son genre.

« Le designer qui a fait construire la maison était associé à un entrepreneur. Il était écologiste avant l’heure. Il ne voulait pas dynamiter. Un rocher au milieu du rez-de-chaussée a donc été recouvert de béton au lieu d’être enlevé. »

Gilles Charest, propriétaire

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

Dans le salon bordé d’une très grande fenêtre, Gilles Charest a l’impression d’être au milieu des arbres.

« Cela explique les différents niveaux et les marches pour se rendre d’une pièce à l’autre, poursuit-il. Peu d’arbres ont été coupés. Une amende de 350 $ était imposée si c’était le cas. »

Une habitation comme celle-là ne pourrait plus être construite de nos jours. « Les planches de cèdre rouge dans la partie centrale font 19 pi de haut, précise-t-il. Essayez de trouver des planches de cette longueur et de cette largeur aujourd’hui ! Cela n’existe plus. L’extérieur aussi est en cèdre rouge de la Colombie-Britannique. C’est magnifique. »

Solange Boyer et Gilles Charest sont les quatrièmes propriétaires. Une vedette québécoise bien connue les a précédés. C’est avec un grand respect qu’ils ont agrandi le chalet (à deux reprises) et modifié certains éléments à l’intérieur, comme l’escalier et l’îlot de la cuisine, pour les rendre plus pratiques. Si bien que malgré son charme vieillot, la demeure n’a rien à envier aux habitations modernes.

Les cubes originaux mesurent 15 pi sur 15 (murs extérieurs). C’est le cas pour la chambre, la cuisine et la salle de bains, au rez-de-chaussée, et pour deux chambres à l’étage. Le salon aux formes arrondies et la salle à manger avec sa table sans pattes maintenue en place par un socle de béton ont aussi ces dimensions. Bien que les pièces soient situées de chaque côté du podium central (le fameux rocher préservé), aucun mur ne les sépare.

Le couple a ajouté deux cubes. Un premier au rez-de-chaussée, doté d’une immense fenêtre, sert de bureau à Solange Boyer. Le second, construit à l’endroit où une terrasse avait été initialement prévue, abrite l’atelier de Gilles Charest. L’artiste peintre, dont les tableaux sont exposés dans huit galeries au Canada et aux États-Unis, y peint ses œuvres de grande dimension.

« Une porte donnait sur le toit, explique-t-il. Nous avons enlevé les planches du mur extérieur, qui devenait un mur intérieur, ainsi que les planches sur un côté du garage. La finition extérieure de la nouvelle pièce est donc faite de bois récupéré. »

« On a essayé de respecter le principe des cubes. Le mur est légèrement décalé par rapport au mur voisin. Nous en avons profité pour ajouter une terrasse, ce qui nous semblait une bonne idée. »

Gilles Charest

La céramique sur le sol au rez-de-chaussée et la mosaïque dans les deux salles de bains, de couleur orangée, rappellent que la maison a été construite en 1974. Le look rétro est contrebalancé par des éléments fort bien pensés pour l’époque : la construction selon les points cardinaux, les immenses fenêtres de type commercial, les portes coulissantes, les fenêtres à battant et l’immense bloc central, où sont concentrés les divers espaces de rangement et la buanderie.

« La maison est complètement différente chaque saison grâce aux vues sur la nature », fait remarquer Pierre Legault, courtier immobilier pour l’agence Via Capitale Rive-Nord.

Les propriétaires y ont passé des moments inoubliables avec leurs enfants et petits-enfants. Ils se départent de leur habitation à regret. « Nous sommes heureux ici, confie M. Charest, qui doit davantage se préoccuper de sa santé tout en continuant de se consacrer à sa carrière florissante en Amérique du Nord. Nous vendons le chalet avant d’être obligés de le faire. »

Il est temps de passer le flambeau à une autre famille.

La propriété en bref

Prix demandé : 569 000 $

Année de construction : 1974

Superficie de la maison : 1940 pi2

Superficie du terrain : 15 445 pi2

Description : La maison de deux étages, située rue du Skieur, à Sainte-Adèle, a été entretenue avec soin et agrandie à deux reprises. Une chambre, un bureau et une spacieuse salle de bains avec une très grande douche se trouvent au rez-de-chaussée, tout comme un salon, une salle à manger et une cuisine comportant beaucoup d’espace de rangement. Il y a deux chambres et une salle de bains compacte à l’étage. Une troisième chambre sert d’atelier. Un garage double, de type tandem, est séparé de la demeure. Piscine creusée chauffée.

Évaluation municipale : 383 600 $

Impôt foncier : 4037 $

Taxe scolaire : 404 $

Courtier Pierre Legault Via Capitale Rive-Nord