La peintre Lysa Jordan et l’architecte Sergio Castano vivent et travaillent dans leur loft de Saint-Henri, avec leur petit teckel Pablito. Ils y conjuguent vie personnelle et vie professionnelle dans un nombre limité de pieds carrés savamment divisés. Visite.

Sophie Ouimet Sophie Ouimet
La Presse

Vie de château

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Sergio Castano, Lysa Jordan et leur teckel Pablito, qui a obtenu l’autorisation spéciale de monter 
sur le canapé le temps de prendre ce cliché.

L’appartement est situé dans le Château Saint-Ambroise, un ancien bâtiment industriel reconverti en lofts qui accueille majoritairement des entreprises, mais aussi des résidants. « C’est dynamique, on se sent moins isolés que si on travaillait dans une maison. Sinon, en tant que travailleur autonome, ça peut devenir long parfois », explique Lysa Jordan, en nous recevant dans l’appartement lumineux par un matin d’été.

Les résidants apprécient aussi pleinement le quartier, notamment pour sa proximité avec le canal de Lachine et le marché Atwater. « C’est vraiment un beau coin de la ville, en pleine effervescence en plus », ajoute Sergio. Leurs deux bureaux donnent sur l’eau, où ils aiment regarder l’action qui s’y déroule, dont les gens en kayak sur le canal.

Peindre sur le plancher

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Il faut savoir garder l’ordre quand on vit et on travaille dans le même espace. Les cubes blancs (à droite), qui viennent de chez Ikea, aident la peintre à ranger efficacement son matériel.

Puisque le couple vit et travaille dans un seul espace, assez restreint de surcroît, il était important de bien séparer les différentes fonctions. Ici, c’est le bureau de Lysa, même si, la plupart du temps, elle s’installe par terre pour peindre.

Elle travaille toujours sur les deux toiles qui sont accrochées au mur. « Celle de droite est loin d’être terminée, et celle de gauche, je me le demande », lance-t-elle en riant.

La jeune femme est bien occupée, professionnellement parlant. Elle est maintenant représentée par deux galeries, l’une à Gatineau et l’autre à Kamouraska, en plus du magasin West Elm, qui vend ses toiles.

Sans compter les collaborations ponctuelles de toutes sortes. Citons, tout récemment, l’emballage visuel du beurre de noix de cajou à l’aneth de Logan Petit Lot, ainsi qu’une collection de vêtements de triathlon avec l’entreprise Brava.

Coin espresso

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Le café fait partie intégrante de la vie du couple. Il fallait donc réserver une place à cet effet dans le loft.

Le loft a beau être petit, le coin café, c’est sacré ! « On est de grands passionnés de café. Quand on s’est connus, c’est un des sujets qui nous ont soudés », se souvient Sergio.

« C’était comme un rêve, d’acheter une belle machine comme ça », enchaîne Lysa, tout en nous en offrant une tasse. Après de longues recherches, ils ont finalement opté pour la Profitec.

Quelques touches de gypse

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

L’ameublement résulte d’un amalgame de trouvailles, de bricolage et de quelques morceaux originaux.

Puisqu’ils sont locataires du loft, ils n’ont jamais investi dans des rénovations. Toutefois, ils y ont ajouté quelques éléments esthétiques, dont la rampe d’escalier, qu’ils ont recouverte de gypse.

Ils ont aussi ajouté une cloison pour séparer la cuisine du reste de l’espace. « Quand on rentrait, on tombait directement sur la cuisine, qui n’est pas extraordinaire. On s’est dit qu’on voulait voir plus loin, vers le canal », explique Lysa.

Quant à l’ameublement, il résulte d’un savant mélange de bricolage, de trouvailles et de… recherche dans les rebuts. « Ici, les poubelles sont spectaculaires », lance Lysa. En effet, il n’est pas rare que des entreprises se départissent de leurs possessions lorsqu’elles doivent quitter l’immeuble rapidement. C’est dans l’espace débarras du bâtiment qu’ils ont trouvé les quatre chaises en suède de la salle à manger, qu’ils adorent. La table a été bricolée par Sergio ; quant à la chaise blanche, il s’agit d’une originale Herman Miller.

Et, bien sûr, en tant que grands sportifs, ils ont toujours de la place pour leurs vélos. D’abord amateurs de course à pied, ils se sont récemment initiés au triathlon.

Le bonheur des plantes

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Pour rendre ce bureau à la maison plus ergonomique, Sergio et Lysa — qui possède aussi une formation en design d’intérieur — ont opté pour des chaises de bureau Steelcase, réputées pour leur confort.

Le loft est très éclairé grâce à ses immenses fenêtres au look industriel qui percent le mur de briques. Forcément, les plantes y trouvent leur bonheur ! « Ici, n’importe quoi vit. Même pas besoin d’avoir le pouce vert », affirme Lysa.

Dans le coin salon, le tapis, les tables gigognes et le fauteuil vert proviennent de chez West Elm. Le sofa a été déniché chez Sears, à prix d’ami, juste avant que l’entreprise ferme. Quant aux bibliothèques accrochées aux murs, ils les ont fabriquées eux-mêmes.

Chambre en hauteur

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

Les dimensions de la mezzanine sont assez réduites, mais il y a juste assez de place pour un lit et quelques accessoires.

La chambre est perchée à l’étage, en mezzanine. Lysa y entrepose aussi quelques toiles.

À noter que Lysa et Sergio vivent dans le bâtiment depuis six ans, mais il s’agit du troisième loft où ils élisent domicile. Le précédent était plus grand, mais aussi plus cher. Il y a un an, ils ont décidé de déménager dans plus petit, en vue d’économiser pour acheter une maison. C’est maintenant chose faite : ils ont acquis un duplex dans Ville-Émard, où ils emménageront en septembre. Ils ont quand même l’intention de garder leur loft du Château Saint-Ambroise, où Lysa donnera notamment ses cours et ateliers.

Consultez le compte Instagram de Lysa Jordan : https://www.instagram.com/lysajordan_/