Camion, boîtes à usage unique, papier d’emballage, housse protectrice en plastique et des dizaines d’articles jetés aux ordures : déménager ne rime certainement pas avec environnement et écoresponsabilité. Pourtant, il est tout à fait possible de limiter l’impact environnemental de ce nouveau départ. Voici quelques pistes de réflexion en prévision du 1er juillet.

Charles-Édouard Carrier Charles-Édouard Carrier
Collaboration spéciale

Les encombrants

Ils se nomment ainsi parce que leur taille et leur poids ne permettent pas qu’ils soient ramassés lors de la collecte ordinaire des ordures ménagères. Frigo, barbecue, causeuse, matelas, certains citoyens n’éprouvent aucun malaise à faire un « hit-and-run environnemental en laissant les articles à la rue et en disparaissant », comme le décrit Camille Gagné-Raynauld, chargée de projets en relations publiques chez Équiterre. Heureusement, il est possible de se défaire adéquatement des encombrants en s’informant auprès de son arrondissement, son quartier ou sa municipalité, ou encore en tentant de leur donner une deuxième vie lorsqu’ils sont encore en bon état. « Mais pour ça, on doit le prévoir, faire le tri avant le déménagement et disposer des choses au bon endroit », rappelle-t-elle.

L’emballage

Il y a bien des façons de protéger ses biens lors d’un déménagement, alors pourquoi ne pas préférer des solutions qui éviteront de consommer et de jeter ? « On peut utiliser ce que l’on a déjà sous la main, suggère Camille Gagné-Raynauld. Par exemple, des vêtements, des serviettes ou des couvertures pour emballer la vaisselle plutôt que d’acheter des rouleaux de mousse ou du papier. » Il en va de même pour les cadres, bibelots et autres objets fragiles. Et le matelas ? Au lieu de prendre une enveloppe en plastique, on peut tout simplement utiliser deux draps-housses (« draps contour ») usés, que l’on récupérera pour protéger les planchers lorsque l’on s’attaquera à la peinture de la nouvelle adresse.

Le camion

Le camion est un élément clé du déménagement. Qu’on le loue ou qu’on l’emprunte à des amis, il faut éviter de le prendre inutilement trop gros. Non seulement les objets risquent de bouger lors du transport, mais la consommation d’essence sera aussi plus importante. Et pourquoi ne pas partager un camion ? On sépare la facture et on limite les émissions de gaz. Si l’on mandate des déménageurs, certaines entreprises, comme Déménagement La Capitale, sont membres d’Écoflotte de Ressources naturelles Canada. Cela signifie que les chauffeurs ont suivi la formation écoénergétique du programme canadien Conducteur averti.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Des déménageurs à vélo de l’entreprise Déménagement Myette

Les boîtes Les bacs de plastique réutilisables sont une excellente solution de rechange aux boîtes de carton. « Non seulement c’est plus facile à transporter, mais ça simplifie le travail des déménageurs », rappelle Camille Gagné-Raynauld. PolarBox propose différents forfaits pour la location de bacs et chariots de transport ainsi que de garde-robes faits de plastique. Si l’on opte pour des boîtes de carton, on peut en trouver usagées chez des commerçants et on peut refiler celles que l’on a utilisées à des proches qui déménagent à leur tour.

Le grand jour

Pour éviter d’être pris de court le jour du déménagement, il est important de prévoir une trousse de survie facilement accessible qui évitera d’acheter des articles à usage unique : quelques assiettes, ustensiles, verres, guenilles, du liquide à vaisselle, etc. « On peut aussi penser à une glacière avec des collations préparées, des fruits, des bouteilles d’eau réutilisables pour le jour J », recommande l’intervenante d’Équiterre.

Il est possible de limiter l’empreinte écologique de son déménagement en faisant les bons choix. « Il y a une tendance générale en société avec la prise en compte de l’urgence climatique et la nécessité d’agir, et le déménagement est un bon exemple pour mettre en pratique des comportements plus responsables en termes de consommation et de gestion des déchets. Comme tout comportement écolo, ça deviendra une habitude, un réflexe », termine Camille Gagné-Raynauld.

Quelques ressources

Profiter d’un déménagement pour récupérer davantage avec les conseils de Recyc-Québec : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/citoyens/mieux-consommer/aide-memoire/demenagement-recuperation

Le site Frigo responsable pour disposer d’un appareil réfrigérant ou de refroidissement (cellier, climatiseur, réfrigérateur, etc.) : http://www.frigoresponsable.ca/

Billet d’Équiterre pour donner une deuxième vie aux meubles et objets : http://equiterre.org/en/geste/geste-du-mois-donnez-une-deuxieme-vie-aux-meubles-et-objets

Déménagement sur deux roues

Depuis 10 ans, Déménagement Myette marie vélo et écoresponsabilité en proposant à ses clients un service de déménagement sur deux roues. « C’est parfait pour des distances de moins de 10 km. On déménage toutes sortes d’articles, il n’y a rien qui nous limite. On peut déménager des maisons entières à vélo ! », assure Matthew Gaines, porte-parole de Déménagement Myette. Depuis peu, l’entreprise montréalaise utilise également un camion électrique pour répondre à la demande de clients qui déménagent sur de plus longues distances.