Vous souhaitez mettre la main sur une propriété située au centre de l’île de Montréal ? Sachez-le, la bataille ne sera pas facile. Les adversaires seront nombreux. Voici quelques conseils et stratégies pour tirer votre épingle du jeu.

Valérie Simard Valérie Simard
La Presse

Faire ses devoirs

La première chose à faire avant de se lancer dans la mêlée est d’obtenir une préqualification hypothécaire pour connaître sa capacité d’emprunt et rassurer le vendeur lors d’une éventuelle promesse d’achat. « C’est essentiel, affirme Marie-Josée Houde, courtière immobilière chez RE/MAX du Cartier. Dans un contexte d’offres multiples, le vendeur favorisera toujours, outre le prix, la sûreté transactionnelle. » Rémy Babin, courtier immobilier chez Via Capitale du Mont-Royal, conseille à ses clients de magasiner des propriétés dont le prix affiché est en deçà de leur budget maximal et de la somme pour laquelle la banque les a préapprouvés. « Tant mieux si on trouve en dessous, mais c’est sûr que si on s’en va en surenchère, je veux avoir la place pour aller chercher ce qu’ils veulent », explique-t-il.

Courtier ou pas ?

À moins de très bien connaître les rouages de l’immobilier, il peut être difficile de faire sa place comme acheteur dans le marché actuel sans être représenté par un courtier. « Vous allez me dire que je prêche pour ma paroisse, mais c’est la réalité, soutient Marie-Josée Houde. Le marché va très vite et nous, on fait ça à temps plein. On est en mesure de voir les propriétés au moment où elles sont mises en marché. »

Soulignons que lorsque l’acheteur n’est pas représenté par un courtier, il est pris en charge par le courtier inscripteur, qui n’a alors pas à partager sa commission avec le représentant de l’acheteur. « Le courtier qui vend la propriété a un contrat avec son vendeur, précise Rémy Babin. Il doit, par son mandat, protéger son vendeur, veiller à ses intérêts et aller chercher le meilleur prix. Et tu vas aller négocier avec lui ? »

Dans une situation d’offres multiples, l’acheteur peut-il penser être avantagé s’il est représenté par le courtier inscripteur ? « Si on travaille avec honnêteté et qu’il n’est pas le meilleur acheteur, il ne sera pas favorisé, répond Marie-Josée Houde. Ça ne devrait pas se produire. » En vertu de la loi, un courtier ne peut offrir de l’information privilégiée à un acheteur dans un contexte d’offres multiples.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Vous cherchez un condo de trois chambres, au rez-de-chaussée, avec une cour, un stationnement et, de surcroît, près d’une station de métro ? Il faut parfois faire des compromis…

Stratégie de séduction

Comme les acheteurs sont nombreux, il importe de se démarquer. Ainsi, il n’est pas rare que le courtier immobilier Maxime Tardif et son équipe chez Royal LePage sollicitent, au nom de leurs clients, les propriétaires d’immeubles qui ne sont pas à vendre. Ils déposent dans leur boîte aux lettres un texte avec photo qui présente leurs clients et ce qu’ils recherchent. Une stratégie qui fonctionne souvent, selon Maxime Tardif. « Il y a beaucoup de gens qui ne sont pas nécessairement prêts à afficher leurs propriétés, mais qui vont dire : “Si tu as un acheteur, présente-le-moi.” On essaie de provoquer quelque chose en préparant une offre d’achat. Souvent, l’acheteur n’a pas visité. C’est conditionnel à la visite des lieux. »

La promotion de l’acheteur au moment du dépôt de la promesse d’achat est aussi chose courante. Certains courtiers présentent même au vendeur une vidéo de présentation de leurs clients.

Être ouvert aux compromis

Vous cherchez un condo de trois chambres, au rez-de-chaussée, avec une cour, un stationnement et, de surcroît, près d’une station de métro ? Peut-être devrez-vous faire un compromis. « Soyez prêts à faire des concessions, conseille Rémy Babin. Si une propriété satisfait huit de vos dix critères, achetez-la. Arrêtez de perdre votre temps à gauche et à droite parce que ça tourne tellement vite. » Il ajoute avoir vu plusieurs personnes faire des compromis sur l’emplacement. « J’ai vu des acheteurs qui se sont décentrés, qui se sont dit : “Je vais aller dans le fin fond du Sud-Ouest, à la station de métro Angrignon.” C’est quand même pas pire, ce quartier-là, mais eux, ils voulaient être dans Griffintown ou dans Ville-Marie. »