Des propriétaires nous ouvrent les portes de leur demeure d'exception, offerte sur le marché de la revente.

Danielle Bonneau Danielle Bonneau
La Presse

On la voit de loin, avec ses accents vert pomme et sa forme originale rappelant une maison bateau. Dotée de quelques fenêtres en forme de hublots, elle se trouve tout à fait à sa place devant une écluse du canal de Lachine, tout près du fleuve Saint-Laurent, au confluent du lac Saint-Louis.

Jean-Raymond Goyer, artiste aux multiples talents, lui a donné sa personnalité particulière. Il était à la recherche de beaux couchers de soleil dans la région de Montréal (et d’un endroit où amarrer son embarcation) quand il a découvert ce secteur de Lachine, il y a une vingtaine d’années. Il s’est mis à rêver de s’y installer. Lors d’une activité organisée à la marina, il s’est ouvert à une autre participante, devenue depuis sa voisine. «J’aimerais trouver une maison, mais il faudrait qu’elle soit abandonnée, lui avait-il confié à la blague. Je n’ai pas beaucoup d’argent, mais je peux tout refaire.» Son interlocutrice l’a mis en contact avec la propriétaire d’un duplex inhabité depuis sept ans, construit au début des années 1900, et il a tenu parole.

Pour une raison patrimoniale, il ne pouvait pas détruire la modeste maison jumelée de deux étages au revêtement en plastique. Il l’a entièrement refaite entre 2004 et 2007, prenant soin de récupérer le bois à mesure qu’il dégarnissait le plancher et les murs. Sans avoir besoin de creuser, puisque les plafonds au rez-de-chaussée atteignaient dix pieds et demi de hauteur, il a monté le plancher de deux pieds et demi afin d’en faire bénéficier le sous-sol. Il a aussi agrandi le carré original de la demeure pour avoir davantage d’espace dans le sous-sol, où il a aménagé son atelier, et aux trois étages au-dessus.

Écolo avant que le mouvement prenne de l’ampleur, il a patiemment reposé le plancher de merisier, tout aussi beau après 120 ans d’usage, avec l’aide d’amis, d’excellents menuisiers. Lui-même ébéniste, ayant jadis suivi des cours à l’École du meuble, il a rescapé les portes et donné une nouvelle vocation à divers morceaux de bois, qui contribuent à rendre l’habitation chaleureuse. Il s’est aussi préoccupé de l’isolation et de l’insonorisation des murs, ayant recours notamment à de la laine de roche.

Pour le chauffage, un système électrique et un foyer à trois faces à gaz propane, à l’étage, sont mis à contribution, tout comme les rayons du soleil, qui entrent à profusion à travers les grandes fenêtres. Un système échangeur d’air avec contrôle du dioxyde de carbone (CO2) s’assure de la distribution égale de l’air chaud et des entrées d’air frais. Aucun produit, par ailleurs, de la peinture aux armoires de cuisine et de salle de bains en passant par les planchers, n’émet de composés organiques volatils (COV).

Comme sur un bateau

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

La lumière entre à flots dans la cuisine, qui est spacieuse et très fonctionnelle.

Dès l’entrée, on sent qu’on pénètre dans une maison hors de l’ordinaire. Jean-Raymond Goyer, spécialiste du bronze, qui a notamment contribué à la conception du trophée Maurice-Richard et est l’un des fondateurs de la première fonderie du Québec, a laissé aller sa créativité. Passé le pas de la porte, on a l’impression d’être sur le pont d’un navire. Des lumières intégrées dans le plancher, le luminaire en forme de lanterne de bateau, le rappel d’un hublot et l’escalier d’un bleu usé par le temps, au garde-corps formé de cordages, donnent le ton.

«Je ne pouvais pas faire autrement à cause de l’emplacement», soutient l’artiste, qui a plus d’une corde à son arc, comme en font foi le piano, la guitare et les percussions bien en évidence dans l’immense pièce ouverte, à l’étage.

La chambre principale et un bureau (qui pourrait devenir une chambre) se trouvent au rez-de-chaussée, tout comme une salle de bains très moderne, avec un cachet original. Celle-ci est ouverte sur le spa, installé en toute intimité sur le côté de la maison. On comprend pourquoi les chambres ont été aménagées aux niveaux inférieurs (une troisième se situe dans le sous-sol) quand on gravit l’escalier pour se rendre à l’étage, baigné de lumière, avec des vues magnifiques sur le fleuve (à l’arrière) et l’écluse du canal de Lachine (à l’avant).

«La cuisine est ma pièce préférée, souligne Louise Nassif, qui partage la vie de Jean-Raymond Goyer depuis une dizaine d’années. J’ai bougé plein de choses pour la rendre hyper fonctionnelle. On ne se pile jamais sur les pieds.»

La construction juste à côté de maisons en rangée haut de gamme, qui visent la certification LEED et laissent certaines percées vers le fleuve, ajoutera de la valeur à sa propriété, croit M. Goyer. Le sort du terrain, où se trouvait auparavant une vieille usine désaffectée, décourageait des acheteurs potentiels. Cette question maintenant réglée, il est prêt à confier sa maison à d’autres mains. Sa conjointe et lui comptent s’établir dans les Laurentides, près de leurs proches. Une chose est certaine: un lac ne sera pas très loin, et ils verront de beaux couchers de soleil.

La propriété en bref

PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE

Louise Nassif et Jean-Raymond Goyer sont très actifs. Ils réalisent régulièrement de grandes distances sur la piste cyclable accessible tout près de chez eux.

Prix demandé: 999 000 $

Année de construction: Vers 1900

Superficie habitable: 3000 pi2

Superficie du terrain: 1998 pi2

Évaluation municipale: 386 700 $

Impôt foncier: 1581 $

Taxe scolaire: 615 $

Description: La maison de trois étages a été remise à neuf entre 2004 et 2007. Elle compte deux chambres au rez-de-chaussée et une troisième au sous-sol, une salle de bains, deux salles d’eau, un foyer à trois faces à gaz propane et un spa.

Courtière: Edith Bourret, Re/Max L’Espace

Consultez la fiche de la propriété: https://www.centris.ca/en/houses~for-sale~lachine-montreal/10980688