C'est la période de l'année où les oisillons tombent de leur nid, où les bébés écureuils se retrouvent entre les griffes de gros matous de ruelle. Faut-il sauver ces petites créatures vulnérables d'une mort presque certaine?

Ève Dumas LA PRESSE

«L'idéal serait de le porter dans un boisé pour que la maman vienne récupérer son petit ou pour laisser la nature suivre son cours», nous dit-on lorsqu'on appelle au numéro (sans frais) du ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs du Québec.

On vous répondra la même chose à la Société protectrice des animaux, au Berger blanc, au Centre de la nature de Laval.

Si vous appelez une clinique vétérinaire, on vous dira invariablement que ces petites créatures nuisibles ne sont pas les bienvenues. «En intervenant, on ne laisse pas la nature s'autoréguler et on fait plus de mal que de bien», affirme Pierre Couture, président du Berger blanc. Les oiseaux, eux, ont un peu plus de chance que les écureuils et les ratons. Ils ont le Nichoir, un centre de réadaptation pour oiseaux sauvages, situé à Hudson.

Cas vécu

L'amie des écureuils Iwonka Ciombor, elle, n'a pas le coeur de laisser mourir les petits écureuils. Sa fille pratique le métier de vétérinaire. Elle a également une amie à la SPCA. Lorsque la Montréalaise a appris que les écureuils orphelins ou blessés étaient pour la plupart euthanasiés, elle a décidé de les soigner elle-même, dans sa maison. «Je ne connaissais rien là-dedans, mais je suis tombée sur un beau forum américain (thesquirrelboard.com), où j'ai tout appris. Il faut savoir que sauver un bébé écureuil, c'est très exigeant.»

Mme Ciombor soigne à ses frais les petits écureuils qu'on lui apporte, puis elle les relâche progressivement dans la nature.

Dans un premier temps, elle fait un traitement contre les puces. «Il n'y a pas lieu de s'inquiéter pour la rage, mais je ne veux pas contaminer mon chien avec des parasites», explique-t-elle. «Lorsqu'ils sont prêts à retourner dans la nature, je les mets dans des cages de relâche pour voir s'ils ont les bons réflexes et s'ils répondent aux signaux d'alarme. Au début, ils sont encore un peu apprivoisés. Mais ils finissent par redevenir sauvages. Il est important de ne pas les déménager et de les relâcher le plus près possible de l'endroit où ils ont été trouvés.»

Bien que cela ne soit pas encouragé, loin de là, Mme Ciombor a bel et bien le droit de faire ses «sauvetages».

Le règlement sur les animaux en captivité stipule qu'«aucun permis n'est requis pour la garde en captivité, à des fins personnelles [...] d'au plus 10 animaux des espèces indigènes mentionnées à l'annexe I». L'écureuil gris figure à l'annexe I.

RESSOURCES

Ministère du Développement durable, de l'Environnement, de la Faune et des Parcs : Ligne sans frais 1 877 346-6763

Action pour les animaux urbains: 514-366-9965

Le Nichoir: 450-458-2809