Il est possible de rafraîchir son intérieur, l'été. Il suffit d'ouvrir les bonnes fenêtres et, si possible, de tirer profit d'un vieux principe : celui de « l'effet de cheminée».

Lucie Lavigne LA PRESSE

«L'effet de cheminée dans les bâtiments est le même que l'effet de tirage dans une cheminée, explique Jean-Yves Trépanier, professeur au département de génie mécanique à l'École polytechnique de Montréal. Mais si vous habitez une maison de plain-pied sans sous-sol ou un logement d'un étage, vous ne pourrez en profiter.»

Pourquoi? «Parce que ce principe est fondé sur la hauteur de la construction, qui entraîne une différence de pression d'air, ainsi que sur l'écart entre les températures intérieures et extérieures», répond l'expert.

En clair, plus une maison est haute et l'écart de température élevé, plus «l'effet de cheminée» sera appréciable. Par la même occasion, le déplacement de l'air sera accentué dans la maison, ce qui est des plus rafraîchissants pour les occupants.

Effet de cheminée et fraîcheur?

«S'il fait très chaud à l'intérieur de votre domicile et que l'air extérieur est plus frais, la différence de pression d'air entre le dedans et le dehors sera importante. C'est le moment idéal, la nuit par exemple, de générer des courants d'air par effet de cheminée. Ouvrez une fenêtre au rez-de-chaussée et une autre à l'étage supérieur, à proximité de la cage d'escalier. Ouvrez aussi les portes des différentes pièces pour que l'air frais circule aisément et se rende tout en haut, là où il fait le plus chaud», conseille Jean-Yves Trépanier.

Mais qu'arrive-t-il pendant une journée de canicule et sans vent? Dans ces conditions, M. Trépanier avoue qu'il est difficile d'obtenir une climatisation substantielle grâce à «l'effet de cheminée». «À moins de forcer la circulation de l'air au moyen d'un ventilateur placé près d'une fenêtre», suggère-t-il.



La clim naturelle maximisée

Lors de l'agrandissement écologique d'une maison unifamiliale, réalisé dernièrement, l'architecte Maxime Gagné, cofondateur de l'agence Laroche et Gagné, a fait le pari de climatiser les lieux d'une manière entièrement naturelle. Parmi les astuces pour y arriver, il a exploité le principe de «l'effet de cheminée», une technique éprouvée qui a longtemps été utilisée dans les usines.

Maintenant répartie sur quatre niveaux, en incluant le sous-sol, l'habitation est dotée d'un aménagement permettant de mieux évacuer l'air chaud à l'extérieur, pendant la belle saison.

Sur l'une de ses façades, les architectes ont créé une ouverture dans laquelle s'engouffrent les vents dominants de l'été. Ceux-ci circulent dans un tunnel qui se rétrécit, tel un entonnoir, sur la façade opposée. À la sortie, il se produit un courant d'air vif qui aspire très efficacement l'air chaud, libéré grâce à deux fenêtres ouvrantes installées au point culminant de la cage d'escalier.

«Notre objectif était de maximiser la ventilation naturelle produite par l'effet de cheminée», résume l'architecte.

Photo fournie par Laroche et Gagné

Les vents dominants de l'été s'engouffrent dans cette ouverture de 1,8 m sur 3,2 m, qui file au-dessus de la cage d'escalier. Tel un entonnoir, ce tunnel se rétrécit sur la façade opposée de la propriété, à la sortie. Pourquoi? Pour maximiser l'évacuation de l'air chaud vers l'extérieur. Un brise-soleil opaque bloque le rayonnement solaire de l'ouest, en fin d'après-midi, réduisant ainsi les risques de surchauffe à l'intérieur. Ouvrir une fenêtre située sur des niveaux différents permet de tirer profit de la ventilation naturelle engendrée par «l'effet de cheminée» dans la cage d'escalier.