Est-ce la preuve que le marché immobilier s'emballe? Ou bien a-t-on affaire à des investisseurs visionnaires, croyant au potentiel touristique de la région?

Simon Diotte COLLABORATION SPéCIALE, LA PRESSE

Est-ce la preuve que le marché immobilier s'emballe? Ou bien a-t-on affaire à des investisseurs visionnaires, croyant au potentiel touristique de la région?

Située à deux heures de Montréal, l'auberge du lac Taureau, un établissement quatre étoiles de 100 chambres qui connaît un grand succès auprès des Européens, termine actuellement la construction et la vente de la phase I de son agrandissement: 29 copropriétés hôtelières faisant partie intégrante de l'auberge.

Les condotels sont construits dans un bâtiment en bois rond, la marque de commerce de la région, avec un recul progressif des étages, ce qui permet à chacun de profiter d'une grande terrasse ensoleillée face au lac Taureau.

«La grande différence avec Tremblant, c'est que notre territoire est encore à l'état sauvage et devrait le rester. Selon le plan directeur du parc régional du lac Taureau, la moitié des berges du lac seront préservées de toute exploitation», affirme Mario Gouin, directeur général de l'Auberge.

Le luxueux aménagement intérieur des condotels du lac Taureau est de style champêtre, avec poutres apparentes, plafond et plancher en bois.

Là où les condos du lac Taureau se distinguent, c'est dans l'aménagement des appartements. Dessiné par l'architecte Paul Dumas, le nouveau bâtiment comprend 29 condos, mais compte le double de chambres. En effet, chaque unité se divise en deux chambres communicantes : la suite, avec cuisinette, et la chambre de luxe.

Chaque section possède une vue sur le lac, sauf exception, et un foyer au gaz. Le gestionnaire peut donc louer la suite ou la chambre séparément, ou encore louer le condo en entier. «On croit qu'avec trois possibilités de location, on va pouvoir maximiser les revenus», explique Johanne Bonin, responsable immobilier. Les revenus de location sont par la suite partagés à parts égales entre les copropriétaires et le gestionnaire. Selon les calculs du promoteur, avec un taux d'occupation de 37 %, les condos font leurs frais.

Le luxueux aménagement intérieur est de style champêtre, avec poutres apparentes, plafond et plancher en bois. Les propriétaires pourront profiter des services de l'hôtel (piscine intérieure, spa, bistro, etc.) sans mettre le nez dehors, grâce à une passerelle. Cependant, dans ce genre de projets, les propriétaires ne peuvent occuper leur unité à l'année. Ils peuvent occuper leur suite 36 jours par année, et la chambre de luxe un autre 36 jours.

Au moment de mettre sous presse, il ne restait que quatre unités à vendre. Et contrairement aux condotels de Montréal et de Tremblant, en bonne partie acquis par des étrangers, la plupart des condotels ont été achetés par des Québécois : des avocats, des médecins ou des hommes d'affaires capables de situer Saint-Michel-des-Saints sur une carte.

Avec ce projet en tête, la région de la Matawinie (la partie nord de Lanaudière) veut développer dans les années à venir son industrie touristique, une façon de pallier la crise forestière qui secoue Saint-Michel-des-Saints. Présentement, les deux usines de l'endroit sont fermées. «L'Auberge du lac Taureau est maintenant le principal employeur de la région en haute saison», affirme France Chapdeleine, directrice générale de la Chambre de commerce de la Haute-Matawinie.

Autrefois reconnus pour la chasse et la pêche, la Matawinie veut maintenant se développer en misant sur l'écotourisme. D'autres endroits aux abords du lac Taureau sont déjà réservés pour la construction de centres de villégiature quatre saisons. À terme, on pourrait y ériger jusqu'à 1600 chambres.

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Pour en savoir plus: www.lactaureau.com ou www.matawinie.org (parc régional du lac Taureau)