La télé 3D, pour l'instant, n'est pas accessible à tous les portefeuilles. Pour voir des images en trois dimensions, il faut se procurer un téléviseur haut de gamme. Il faut aussi se doter d'un lecteur de disques Blu-ray 3D et de lunettes 3D qui coûtent chacunes de 150$ à 200$. Comme la plupart des manufacturiers donnent un ou deux films, ainsi qu'une ou deux paires de lunettes à l'achat de leurs produits 3D, les familles doivent acquérir d'autres paires supplémentaires.

Danielle Bonneau
Danielle Bonneau LA PRESSE

Les téléviseurs pouvant afficher des émissions, des transmissions d'événements sportifs et des films en trois dimensions sont avant tout des téléviseurs conventionnels haut de gamme, optimisés (entre autres) pour reproduire des images nettes, même lors de scènes aux mouvements rapides. Lorsqu'ils le désirent, les consommateurs accèdent à la fonction 3D par le biais de leur télécommande. Ils devront alors porter des lunettes pour profiter à plein de l'expérience.

Dotés d'écrans variant entre 40 et 65 pouces, les téléviseurs font appel, selon les manufacturiers, à la technologie plasma ou encore, à affichage à cristaux liquides (avec un éclairage à base de diodes électroluminescentes DEL, placées derrière l'écran). La majorité incorpore diverses fonctions et services, dont un accès direct à l'internet.

Les prix des téléviseurs? Ils s'échelonnent entre 3000$ et 5500$.

«Plus l'écran est grand, plus on embarque dans l'action et plus l'effet du 3D est spectaculaire, indique Stéphane Avon, conseiller aux ventes chez Fillion électronique. La facture monte vite à 6000$ ou 7000$, taxes, installation, support pour le mur, terminal HD et filage HDMI 1.4 inclus.»

Lunettes actives

Pour voir les images en 3D ou jouer à des jeux vidéo 3D, le port de lunettes est essentiel. Tous les manufacturiers offrent pour l'instant des lunettes appelées «actives». Elles sont un peu plus grosses que les lunettes passives, souvent utilisées au cinéma, car de l'électronique et une pile sont incorporées à l'intérieur afin d'obturer chaque oeil à tour de rôle.

«Pour donner l'impression du 3D, des images sont envoyées très rapidement en alternance à chacun des yeux, explique Bruno Gosselin, collaborateur au magazine Québec Audio&Vidéo. C'est de loin supérieur à ce qui se faisait avant, lorsque les lunettes avaient deux verres de couleurs différentes. L'effet est surprenant. Mais les lunettes représentent un obstacle pour la télé de tous les jours, à cause de la baisse de luminosité.»

Sur son site internet, Samsung fait une importante mise en garde, soulignant que certains spectateurs peuvent éprouver, entre autres, des troubles de la vision, des étourdissements et des vertiges en visionnant des images 3D. Le risque d'une crise d'épilepsie ou une attaque cérébrale est même évoqué.

Le marché est appelé à changer, estime Richard LaBerge, vice-président exécutif et chef de la commercialisation chez Sensio, une entreprise montréalaise qui a mis au point une technologie permettant le transport de contenu 3D sur les bandes vidéo 2D existantes, sans perte de qualité visuelle. Le manufacturier américain Vizio, réputé pour ses téléviseurs bon marché vendus notamment chez Costco, est le premier à installer le décodeur Sensio dans ses appareils, qui seront lancés cet automne. Un des avantages? Ceux qui possèdent déjà un lecteur de disques Blu-ray pourront continuer de l'utiliser.

Vizio a par ailleurs présenté le mois dernier un prototype, utilisé cette fois avec des lunettes passives. «D'ici la fin de 2011 ou en 2012, on verra des lunettes passives polarisées à 15$», prédit M. LaBerge.

Cela coûtera ainsi beaucoup moins cher pour inviter des parents et des amis à regarder des événements sportifs ou des films en 3D!