Il faut entre 10 et 30 heures à Mikaël Charpin pour «tricoter» un luminaire. «Je me décris davantage comme un artisan», affirme d'emblée le designer de 29 ans qui possède une formation en architecture.

Publié le 6 sept. 2011
Lucie Lavigne LA PRESSE

«Mon travail de création est long, méticuleux et fastidieux, ce qui crée une relation au temps fort différente de celle d'une production de masse», révèle le concepteur montréalais qui manie non pas les aiguilles, mais un outil traditionnel de tricot pour réaliser ses suspensions.

Ces dernières mesurent jusqu'à 15 mètres de longueur et leur fil est entièrement «emmitouflé» de la douille jusqu'à la fiche. Imaginez le contraste entre la chaleur associée au tricot et l'aspect industriel et froid du fil au bout duquel brille la réédition d'une ampoule Edison.

«Je suis toujours à la recherche d'anciennes ampoules et douilles chez les antiquaires, mais une lampe fluocompacte ou à DEL peut également être utilisée avec mes appareils», précise le concepteur qui n'hésite pas à dévoiler l'une de ses sources d'inspiration: les luminaires tissés de fils électriques du designer coréen Kwangho Lee.

Les créations de Mikaël Charpin se démarquent toutefois par leur aspect artisanal et rudimentaire exprimé par la maille de densité variable qui laisse entrevoir le fil électrique. Aussi, elles peuvent être savamment tressées ou entrelacées autour d'une tringle ou même d'un conduit situé au plafond d'un loft.

«J'aime bien qu'un objet soit à la fois minimaliste et brut», résume le créateur derrière la griffe esco atelier design.

«Les luminaires de Mikaël font cohabiter candeur et modernité, ce qui plaît aux amateurs de design et aux initiés», note Marie-Claude Parenteau-Lebeuf, présidente de la galerie-boutique Monde Ruelle.

Le prix des suspensions de Mikaël Charpin oscille entre 300$ et 450$, selon la longueur et le type de laine utilisé (100% laine, mohair, alpaga, mérinos). www.escoatelierdesign.com