Mercredi soir d'avril, 20h20, à la Société des arts technologiques. Lumières tamisées, ambiance décontractée. La 11e soirée Pecha Kucha à Montréal, où des créateurs de tous les horizons viennent présenter leur travail, est sur le point de commencer.

Mis à jour le 4 mai 2009
Sophie Ouimet-Lamothe LA PRESSE

Mercredi soir d'avril, 20h20, à la Société des arts technologiques. Lumières tamisées, ambiance décontractée. La 11e soirée Pecha Kucha à Montréal, où des créateurs de tous les horizons viennent présenter leur travail, est sur le point de commencer.

 Les gens prennent un verre, s'assoient sur les petites chaises devant les écrans géants. Ce soir, une douzaine de créateurs présentent un projet, qu'il soit réalisé, en voie de l'être ou qu'il n'existe encore que dans leur tête. Particularité: les présentateurs sont limités à 20 diapositives de 20 secondes chacune pour exprimer leurs idées. Six minutes et quarante secondes bien tassées qui permettent d'éviter les longs exposés soporifiques.

 Certains présentateurs sont drôles, d'autres plutôt nerveux, mais tous ont quelque chose à partager. L'excentrique 2Fik, artiste et photographe, fait crouler la salle de rire avec ses photomontages. Plus tard, l'architecte Laurent McComber présente le projet «Lignes aériennes», finaliste aux Prix d'excellence 2009 de l'Ordre des architectes du Québec. Le projet a été conçu dans le loft d'un couple attendant un enfant. Pour maximiser l'espace, le lit des parents est en mezzanine au-dessus de la chambre du bébé. La structure de bois et d'acier semble flotter dans les airs.

 D'autres présentateurs se succèdent: un étudiant en architecture, un chercheur à l'École polytechnique, une directrice artistique... Douze présentations séparées par deux pauses d'une vingtaine de minutes, histoire de faciliter les échanges entre les gens.

 Un concept japonais

 Les soirées Pecha Kucha existent depuis 2003. Elles ont été instaurées à Tokyo par deux architectes européens, Astrid Klein et Mark Dytham. La formule s'est étendue à près de 190 pays depuis, au point où presque chaque soir, une soirée Pecha Kucha a lieu quelque part dans le monde.

 À Montréal, les soirées Pecha Kucha fêteront leur deuxième anniversaire en juin. C'est Boris Anthony, directeur de design chez Dopplr.com, qui a exporté le concept de Tokyo à Montréal. Il s'est par la suite associé à trois architectes. À la première soirée, environ 150 spectateurs étaient au rendez-vous. Leur nombre a explosé depuis, frisant aujourd'hui les 500 personnes par soir.

 «Le son de la conversation»

 Pendant les présentations, les participants sont encouragés à parler entre eux. «Pecha Kucha» est d'ailleurs une expression japonaise qui signifie «le son de la conversation». Le bourdonnement des discussions dans la salle, qu'on cherche habituellement à éviter, est ici tout à fait souhaité.

 Le but des soirées Pecha Kucha est justement de favoriser le dialogue entre tous les créateurs. À Montréal, les gens issus des différents domaines artistiques n'échangent pas assez, selon Boris Anthony. «Dans les villes où les gens communiquent plus, cela aide à créer le design», fait-il remarquer.

 L'automne dernier s'est même tenue une soirée spéciale, le «Pecha Kucha des élus». Les maires de 14 villes et arrondissements de l'île de Montréal, dont Gérald Tremblay lui-même, sont venus présenter leur vision de la ville à des gens du monde du design. Une soirée réussie, même si les élus ont dû se plier aux règles de la maison. «Les maires n'ont eu ni tapis rouge, ni siège réservé, ni stationnement, raconte Nicolas Marier, un des architectes associés au projet. On les a déroutés un peu!»

 La prochaine soirée Pecha Kucha à Montréal aura lieu le 17 juin.

 Pour plus d'information, visitez le montreal.pecha-kucha.ca