Les foyers aux lignes épurées grignotent tout doucement l'immense part de gâteau des foyers traditionnels. Des distributeurs et des détaillants allumés testent auprès d'une clientèle choisie les appareils de facture moderne qui réussiront à plaire à un plus large public.

Marie-France Léger LA PRESSE

Les foyers aux lignes épurées grignotent tout doucement l'immense part de gâteau des foyers traditionnels. Des distributeurs et des détaillants allumés testent auprès d'une clientèle choisie les appareils de facture moderne qui réussiront à plaire à un plus large public.

Sentir le vent

C'est ce que font notamment Jean-François Fauteux, vice-président marketing chez Maison DF et Daniel Rochon, distributeur pour Artefo et directeur du développement chez Foyer Universel. Les fabricants les plus avancés demeurent les Européens et il est clair qu'une importation demeurera plus coûteuse (Voir encadré sur les prix). Mais des compagnies canadiennes et américaines sortent du rang en terme d'efficacité énergétique et de qualité esthétique: pensons aux canadiennes RSF, Town & Country et Pacific Energy ou l'américaine -Heat and Glo notamment.

 Les nouveaux appareils ne représentent encore que 5 p. cent de l'offre et seulement 1 p. cent des ventes totales. Compréhensible pour un pays «qui a vu neiger» et où les habitants n'ont encore qu'un but en tête: chauffer «à plein tube» avec un seul appareil, avant toute autre considération. Les Québécois étaient jusqu'à maintenant presque exclusivement amateurs de traditionnel et rustique. Mais depuis peu, ils formeraient en Amérique du Nord, une des clientèles baromètres pour ces foyers nouveau genre. La très grande majorité des nouveaux appareils offerts sur le marché canadien est écoulée au Québec, selon Daniel Rochon. Le gaz représente 60 % de la demande, le bois 30 % et l'électrique, une portion négligeable de 10 %.

Un précurseur

Celui qui a fait office de précurseur, les Foyers Don-Bar, est un fabricant et distributeur de foyers de poêles haut-de-gamme situé à Québec. Le fondateur de la maison, le Belge Charles Dombard, a dessiné notamment les fameux foyers muraux suspendus qui ont eu pas mal d'adeptes, autant résidentiels que commerciaux, dans la région de la vieille capitale et dans Charlevoix. Il s'en vend 60 et 75 par année, ce qui fait du foyer mural -qu'on visse au mur- le meilleur «vendeur» de ce commerce.

Depuis, Gilbert Dion, propriétaire de l'enseigne de ce côté-ci de l'Atlantique, a concocté deux autres gammes de produit, les sériée 9000 et CFS: dont les foyers centraux qui, il faut l'avouer, garantisse un effet spectaculaire. Le foyer central, nous précise-t-on, produit un rendement calorifique quatre fois supérieur à celui d'un foyer ouvert traditionnel Actuellement, M. Dion planche sur des appareils plus haut que large. «On manque trop à mon avis la tête de la flamme.»

M. Dion se vante en outre de la haute efficacité des modèles Don-Bar et des autres appareils qu'il présente en boutique et insiste pour dire que les foyers au bois Don-Bar ne provoquent aucune fumée. «Nous passons 20 cordes de bois par année par appareil en magasin et il n'y a pas de suie. On ne ramone pas!», précise M. Dion, soulignant qu'un foyer adapté aux exigences d'aujourd'hui, qui brûle bien, ne devrait pas produire de créosote.

Finis les consommateurs frileux

Veut-on chauffer ou créer une ambiance? L'âtre crépitant, à la façon chalet suisse, n'est pas mort mais une niche se développe en parallèle pour les foyers et les poêles haut de gamme conçus pour respecter un certain design. Depuis peu en effet, foyers, poêles et encastrables aux lignes contemporaines ont fait leur apparition au Québec. Le mouvement s'étend tout doucement chez les distributeurs et les détaillants. On chuchote même qu'en Amérique du Nord, les Québécois -exaequo avec les Californiens et les New-Yorkais- seraient les plus ouverts à cette évolution (révolution?) esthétique.

Chauffage au bois

La coquille qui fait le design de l'appareil est plus contemporaine. «Avant on faisait des appareils très simples. Très carrés. On pliait l'acier. Aujourd'hui, on le travaille davantage. Traditionnellement, on a toujours montré un seul style au client. Maintenant, il faut lui faire connaître ce qu'il y a de nouveau.» Jean-François Fauteux, vice-président marketing chez le distributeur Maison DF sonde depuis un an le marché québécois en allant chercher les modèles les plus design et technologiquement avancés.

Il explique que les appareils nouveau genre sont plus petits, davantage longilignes. Ils ne sont pas conçus pour chauffer la maison mais une seule pièce à la fois, en moyenne, de 1200 pieds carrés. «La boîte à feu est plus petite. Elle reste plus chaude. Elle est donc plus efficace et plus écologique», explique Jean-François Fauteux, dont la compagnie de distribution travaille avec une centaine de détaillants au Québec.

Dans ces caissons nouveau genre, la bûche brûle mieux et produit une flamme encore plus majestueuse. Côté design, les poêles ont des formes nettement plus arrondies et offrent aussi une meilleure vision du feu. Les vitres des encastrés sont également élargies et bombées pour présenter de plus beaux brasiers. Dans certains modèles d'encastrés très étudiés, la boîte disparaît totalement dans le mur. «Il n'y a plus de contour, ni de tablettes qui sortent du mur» souligne Jean-François Fauteux. On joue aussi sur l'alliance de différents matériaux: la fonte, le verre et la pierre. «La pierre est une masse thermique qui donne un meilleur rendement de chaleur», indique Daniel Rochon, du distributeur Artefo et également directeur du développement chez Foyer Universel.

Chose à noter: les compagnies qui importent leurs foyers doivent se conformer à la norme EPA, une norme obligatoire pour le marché américain. D'un point de vue écologique, un des meilleurs foyer encastré au bois serait, selon M. Fauteux, le modèle DSA-4 de la série SCAN, produit par la compagnie danoise Krog-Iversen. Un coup d'oeil sur le site de cette compagnie vous fait littéralement saliver. Les Allemands ne sont pas en reste. En effet, la compagnie Max Blank possède non seulement un style très avant-gardiste mais développe également des options très audacieuses du côté de ses poêles au bois: rotation de la boîte de 360 degrés (modèle Berlin), compartiment pour la cuisson (modèle Padua) et même chute d'eau (!) (modèle Niagara).

Chauffage au gaz

Côté gaz, une nouvelle tendance fait son apparition. Ce sont maintenant souvent des appareils plus hauts que larges qui s'installent à différentes hauteurs, dans toutes les pièces de la maison. Aussi bien dans les salles de bain que dans les corridors. Imaginez même un joli encastré dans votre chambre à coucher à hauteur des yeux. Un délice! Facile à contrôler, il s'éteint tout seul grâce au thermostat.

Favori dans la course grâce à son côté propre, le gaz possède certains avantages. Dont la grande possibilité de jouer avec le design et les matériaux. «Les foyers de salle de bains sont de plus en plus populaires. Au Canada, la compagnie Town & Country a pratiquement inventé le foyer au gaz. Mais ici, on parle de décoration avant tout, avant de parler de chaleur», signale Jean-François Fauteux. Les variations sont nombreuses: le modèle Tranquility proposant un contenant rempli de sable et de pierres de rivière ainsi que le modèle Blackdiamond, où les flammes surgissent à travers des éclats de verre, en sont deux beaux exemples.

Très recherché aussi pour son allure résolument contemporaine, le style «ligne de feu» commence à faire fureur. Certains modèles produisent une ligne de feu jusqu'à 30 pouces de largeur! Globalement, on constate que les foyers au gaz sont désormais capables de rendre une flamme beaucoup plus réelle. «Ce qui évolue, c'est le côté réaliste de la flamme. On copie mieux la hauteur de la flamme et la couleur de la flamme», nous explique Daniel Rochon, distributeur pour Artefo.

Plus traditionnellement, même les fausses bûches sont mieux imitées. Elles sont mieux agencées tout en offrant un «effet de braise» plus proche de la vérité. Le look moderne d'un foyer va maintenant de pair avec la hauteur. Il n'est pas rare de trouver ces nouveaux foyers à une hauteur de 30 pouces du sol. Et bien souvent, le manteau de cheminée disparaît. «On l'élargit, on le surélève, on le dénude», résume Daniel Rochon.

 Prix de foyers au bois:

KROG IVERSEN (DANOIS), GAMME SCAN - l'encastré DSA 4 > 2420$

MAX BLANK (ALLEMAGNE) - modèle Berlin pivotant > 11 700$ - Padua, avec four intégré > 9225$ - Mega-élégance pivotant > 8200 $ ou fixe > 7050 $ - Athen > 9750 $

Prix de foyers au gaz:

TOWN & COUNTRY (CANADA) - modèles Tranquility et Black Diamond (appareil seulement) : entre 4000$ et 5000$

PACIFIC ENERGY (CANADA) - modèle Fusion, porcelaine émaillée de différentes couleurs ou acier > 2050$ - modèle Esfera et Flatfire (voir chez Artefo), entre 4000 $ et 6000$

HEAT AND GLO (AMÉRICAIN) - dans la collection moderne, les prix varient entre 2500$ pour le petit modèle Solstice et 10000$ pour le renversant Cyclone (appareil seulement)

Éthanol

Modèle Vision > 2595 $ (brûleur seulement) et avec la boîte dessinée par Ecosmart > 8600 $

Photo fournie par Krog-Iversen

Foyer encastré de la gamme Scan chez Krog Iversen. L'appareil disparaît complètement dans le mur.