Dans la chambre de Renée Mailhot, stagiaire en architecture et cofondatrice de l'agence La shed architecture, une ampoule brille au bout d'un long fil noué. L'effet est magnifiquement dépouillé.

Lucie Lavigne LA PRESSE

«Je désirais un luminaire qui serait dans le même esprit que la pièce - très simple et épurée -, mais avec un petit côté original. Et, surtout, je ne voulais pas payer une fortune!», explique-t-elle.

Lors de différentes rénovations, les trois concepteurs de La shed architecture ont eu recours au même stratagème. La preuve, on trouve huit suspensions dans la pièce de vie d'un duplex transformé en cottage rue de Bullion, à Montréal.

Huit ampoules, un luminaire spectaculaire

Dans cette habitation de deux étages, une portion de la cuisine est surmontée d'un plafond double hauteur. Au coeur de cet espace vertigineux, quatre suspensions ont été installées. Les quatre autres se trouvent dans la partie où le plafond s'élève à 2,7 m (9 pi). Malgré leur différence de hauteur, tous illuminent l'îlot de cuisine.

Ils sont dotés d'un fil transparent et d'une ampoule à incandescence claire de type «globe». Aucun abat-jour ni fanfreluche n'a été ajouté. Des suspensions dans leur plus simple appareil?

«Le fait de déshabiller l'ampoule et de l'exprimer dans toute sa nudité permet de redécouvrir cet objet d'usage courant que l'on a tendance à cacher», explique l'un des trois associés de La shed, Sébastien Parent, stagiaire en architecture.

Autrement dit, c'est la forme de l'ampoule et l'aspect de son filament qui font office d'éléments décoratifs.

«Pour éviter que des suspensions de ce type affichent un côté inachevé ou primitif, il importe de les intégrer dans un environnement minimaliste. Ainsi, leur beauté non conformiste sera révélée», précise-t-il.

Une ampoule, un effet poétique

Pour lire, Renée Mailhot s'assoit dans sa berceuse (dessinée par Charles et Ray Eames) et allume sa suspension. Simplissime, cette dernière est formée d'un fil noué. «J'ai d'abord fait un noeud pour ajuster la hauteur. Mais, plutôt que de couper le fil, j'ai décidé de le laisser apparent, car il amplifiait l'aspect rudimentaire du luminaire», explique-t-elle. Une ampoule rétro, dite Edison, a ensuite été vissée à une douille de plastique noir. «Ce n'est peut-être pas une ampoule éconergétique, mais son filament est unique, attrayant et délicieusement rétro», précise la diplômée en architecture.

Et les fluocompactes?

Il est aussi possible d'utiliser des fluocompactes ou des ampoules à DEL «toutes nues» dans un aménagement contemporain. «Vous pouvez alors les regrouper en grappes ou, mieux, les installer d'une manière graphique», suggère René Mailhot.