Sous les doigts de Julie Daigle, le bois de mer, les poulies de fer et les poutres de granges centenaires sont gratifiés d'une seconde vie : ils deviennent des lampes haut de gamme qui se prennent pour des oeuvres d'art.

Michèle LaFerrière
Michèle LaFerrière LE SOLEIL

Sous les doigts de Julie Daigle, le bois de mer, les poulies de fer et les poutres de granges centenaires sont gratifiés d'une seconde vie : ils deviennent des lampes haut de gamme qui se prennent pour des oeuvres d'art.

La jeune femme de 34 ans vit à Sainte-Hélène de Kamouraska dans une maison où elle a aussi son atelier. En 2005, elle a fondé sa petite entreprise, Créations Seconde Nature, qui l'accapare autant qu'elle la comble. «Il y a plusieurs facettes à mon travail, relate-t-elle. La création, l'électricité, le site Internet, le marketing. C'est très stimulant.»

Elle pourrait ajouter : la récolte de la matière première. Julie Daigle a à coeur de recueillir elle-même tout son bois, en avalant des kilomètres et des kilomètres de grève, en quête de la pièce unique. Un morceau de bois l'inspirera autant par sa forme et sa texture que par l'action du soleil sur sa coloration. «Je ne prends que ce qui est exceptionnel», dit-elle.

Elle fait ensuite sécher son bois, elle le nettoie et lui applique un traitement pour le stabiliser. Parfois elle le laisse brut. Elle installe l'électricité et elle coiffe sa lampe d'un bel abat-jour tout simple. Chacune de ses créations se marie ainsi à n'importe quel décor contemporain.

Originaire de Sainte-Julie, près de Montréal, Julie Daigle a un bac et une maîtrise en ressources maritimes de l'Université du Québec à Rimouski. La mer et le fleuve sont ses passions. Elle s'emballe pour le design et la lumière. «J'aime la tombée du jour, confie-t-elle. J'allume les lampes et je crée une atmosphère.»

Elle récupère également les poutres des granges centenaires. «C'est trop précieux», soutient-elle. Et elle s'enthousiasme devant les poulies antiques de convoyeur et les perceuses à colonne qu'elle convertit en lampes en les égayant par exemple avec des abat-jour en soie.

Julie Daigle distribue ses lampes dans quelques commerces du Québec, notamment chez Josée Chouinard, dans le quartier Saint-Roch, à Québec, et chez Occident Meubles, à Montréal. Elle vient de créer sa boutique en ligne www.creationsecondenature.com et elle accueille les gens dans son atelier de Sainte-Hélène de Kamouraska.

L'artisanat haut de gamme est maintenant son travail à temps plein. «Il y avait une niche à combler, analyse-t-elle J'y suis allée avec confiance.»

Elle a trois collections principales : Arborescence (bois de mer), Origine (antiquités) et 90° (poutres centenaires). Les prix moyens de ses lampes varient entre 300 $ et 500 $. Mais dans sa collection d'exclusivités, Quintessence, ils s'échelonnent entre 800 $ et 1200 $. Normalement, Julie aurait eu son stand au salon de Toronto One of a Kind, en décembre, comme en 2007. Mais sa grossesse la retiendra dans le Bas-Saint-Laurent cette année.

 

Photo fournie par Julie Daigle

De la Collection 90º, poutre de grange et tissu, 365 $.