La tendance aux décors épurés a-t-elle signé la fin des faux finis? La designer Katia Desgranges reconnaît que les textures travaillées au pochoir ou à l'éponge sont effectivement en perte de popularité. Or, les finis qui reproduisent le bois donnent une seconde vie aux armoires en mélamine fatiguée. Survol des possibilités.

Stéphanie Bois-Houde
Stéphanie Bois-Houde LE SOLEIL

La tendance aux décors épurés a-t-elle signé la fin des faux finis? La designer Katia Desgranges reconnaît que les textures travaillées au pochoir ou à l'éponge sont effectivement en perte de popularité. Or, les finis qui reproduisent le bois donnent une seconde vie aux armoires en mélamine fatiguée. Survol des possibilités.

À petite échelle, ces «imitations» servent à enjoliver le manteau d'une cheminée. Il est alors possible, explique Mme Desgranges, de créer des finis marbrés (d'aspect plus ou moins veiné) ainsi que des surfaces plus contemporaines. «J'utilise pour ces cas particuliers des couleurs métallisées.» La mode tend aussi vers la conception de murales pour les chambres d'enfants (les fameux plafonds «nuageux») et les fresques plus élaborées pour particulariser un hall d'entrée.

Elle recommande l'intégration de textures comme le stuc vénitien pour les décors de styles champêtre et classique ainsi que pour les espaces aménagés dans l'esprit italien. Ce travail implique la pose d'une couche de stuc sur laquelle sera appliquée de la peinture nuancée de sorte à varier l'intensité de la couleur. On utilise aussi les glacis pour créer des effets de transparence.

Maîtrisant l'art de la réplique, Mme Desgranges dessine littéralement le grain, voire la veinure du bois. Une technique qui permet de s'offrir une «nouvelle» cuisine à partir de 2000 $ (selon la surface). Une fraction du prix d'une cuisine habillée d'armoires en bois massif. L'effet antique des patines est également toujours prisé. Dans ce cas particulier, la designer part d'une teinte pâle qu'elle brunit progressivement jusqu'au lustre vieilli désiré.

Indépendamment du type de faux finis, ils doivent être réalisés avec des peintures de haute qualité. Vous devez d'ailleurs tenir compte de la pièce où il sera intégré. Les surfaces dans les cuisines et les salles de bains doivent être lavables. Calculez, selon l'experte en trompe-l'oeil, un prix moyen de 3 $ du pied pour une surface en faux fini selon le degré de difficulté du fini à reproduire.

Touche artistique

De retour de Barcelone, où elle a admiré de visu l'art d'Antoni Gaudí, Josée Hivon déborde d'inspiration. Depuis plus de 25 ans, la designer à la sensibilité artistique conçoit des faux finis qui apportent de la douceur aux décors. Son secret : la fluidité et l'art du mouvement.

Dans sa pratique, la spécialiste identifie deux tendances, soit le travail autour d'une atmosphère et la pièce thématique où l'expression artistique n'a pas de limite. Généralement, les gens recherchent un fini intemporel facile à actualiser à l'aide d'accessoires.

Réactive à l'énergie des maisons où elle travaille, Mme Hivon compte énormément sur la rencontre avec le client pour développer des espaces personnalisés. C'est d'ailleurs l'objectif principal de la création d'un faux fini. L'aspect naturel s'avère l'élément clé pour celle qui marie instinctivement de cinq à sept couleurs sur une surface. Des coloris qui se fondent les uns aux autres. L'éclairage, glisse-t-elle, joue aussi un rôle important. «En plus des considérations purement esthétiques, ces textures servent aussi à corriger les imperfections visibles des murs», révèle-t-elle.

«Faire du neuf avec du vieux» s'avère une vertu du faux fini applicable aux meubles d'appoint. Ainsi, un classeur en métal inélégant et une table démodée en stratifié se transforment en pièces uniques une fois «habillés» de gerbes de blé pour le premier et d'un visage oblong à la Modigliani pour la seconde. «Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme», disait Lavoisier!