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Une maison-école magnifiquement préservée

De jour comme de nuit, été comme hiver,... (Photo Le Soleil)

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De jour comme de nuit, été comme hiver, cette maison bénéficie d'éclairages qui magnifient sa belle façade.

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Dans le salon, l'armoire vient d'une villa de Limoilou et la bibliothèque, à droite, a été fabriquée avec du bois de récupération.

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Des maisons-écoles, il n'en reste pas beaucoup au Québec. Il y en a une à Limoilou, si vieille mais si bien préservée, que ses propriétaires ont mérité un prix de la Ville de Québec pour la qualité de son entretien. C'était le couronnement de 10 ans de travaux, sous le signe de la récupération et des petits moyens.

Entre 1849 et 1903, cette maison parfaitement symétrique sise au 699 et 701, 3e Rue était à la fois l'école et l'hôtel de ville de Hedleyville, une municipalité qui deviendra Saint-Roch Nord, puis Limoilou. Des centaines de petits pieds couraient dans toutes les pièces, dévalaient les escaliers et s'activaient autour des pupitres au point d'en user le plancher.

 Pour André Lemieux et Yves Dumaresq, les propriétaires, pas question de dénaturer quoi que ce soit dans cette maison-école d'architecture néoclassique. Pour conserver le plancher d'origine du vestibule, par exemple, ils ont retourné une à une les planches de bois écorchées par les pupitres et les bottines. Elle mérite tous les égards, cette maison épargnée par l'incendie qui a ravagé le quartier dans la seconde moitié du XIXe siècle. Quand André Lemieux l'a acquise, en 1982, c'était un taudis. «Il fallait être visionnaire», raconte-t-il. Séduit par la «quincaillerie de ses fenêtres», il l'a donc achetée, une journée avant un voyage au Mexique. À son retour, cet irréductible résidant de la haute ville s'installerait en basse ville, ouvrirait un gîte et se lancerait dans une décennie-marathon de rénovations. Aujourd'hui, les deux proprios habitent la partie de droite, alors que celle de gauche est divisée en deux logements.

 André Lemieux et Yves Dumaresq ne roulaient pas sur l'or. C'est donc avec des moyens de fortune qu'ils ont entrepris de retaper cette maison classée «bien culturel» depuis 1984. Québec Démolition est devenu leur magasin préféré. Ils y ont déniché deux portes de bois magnifiquement ouvragées. Et ils ont érigé un mur expressément pour elles, entre le vestibule et le salon. C'est aussi chez Québec Démolition qu'ils ont trouvé le très beau comptoir de Corian de leur cuisine. Le salon, pas très grand, est dominé par une immense armoire de bois «qui vient d'une villa de la 5e Avenue». Les deux hommes lui ont redonné du lustre, puis ils l'ont flanquée de deux étagères qu'ils ont fabriquées avec du bois de récupération. Tout ça au beau milieu du salon, parce qu'ils n'avaient pas d'atelier.

 Dans la salle à manger, Yves désigne une «armoire ancienne qui date de cinq ou six ans». Encore une histoire de bois récupéré... Sur un autre mur, les armoires datent vraiment de 1903. À côté, le foyer occupe la place de l'ancien poêle à bois. «C'est un foyer à la suédoise, expliquent les proprios. La céramique conserve la chaleur.» La table et les chaises appartenaient à l'arrière-grand-père d'André, F.-X. Lemieux, juge en chef et l'un des avocats de Louis Riel. «Quand je vous dis que je suis un gars de la haute ville», badine-t-il.

 Marches polies par l'usure

Avec la carte postale de 1864 trouvée dans un mur, avec les innombrables bouteilles d'encre en céramique, avec les parapluies, les billes et les jouets découverts pendant les rénovations, l'escalier a été le témoin d'un siècle et demi d'histoire. Ses marches sont si usées qu'elles sont toutes polies en leur centre. Elles mènent à un boudoir qui recèle les souvenirs de voyage des conjoints. Débarrassée de son plafond, la pièce révèle des poutres massives sur lesquelles reposent des valises et des malles. Deux chambres décorées à l'ancienne et une jolie salle de bains s'ouvrent sur ce boudoir confortable et masculin. L'automne dernier, à l'occasion des Mérites d'architectures de la Ville de Québec, les propriétaires ont reçu un prix pour la «qualité de l'entretien» de leur maison. Le jury a noté «l'attention particulière accordée à l'apparence du bâtiment tout au long des saisons et cela, de nuit comme de jour, comme en témoignent les éléments d'éclairage de la façade principale et les éléments de décor saisonnier». L'an prochain, André Lemieux souhaite l'éclairer par l'arrière, histoire de donner de la visibilité au clocheton qui se dresse au centre du toit. «La valeur de notre maison en donne aux autres», estime-t-il avec une fierté légitime.




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