Qui ne possède pas des chaises pliantes entreposées dans le cabanon ou empilées maladroitement au fond d’un garde-robe ? Dans l’espoir de changer cette triste réalité, les designers du studio Alphabet ont créé une chaise pliante si sobre, si élégante qu’on voudra même l’exposer chez soi, à la vue de tous.

Publié le 5 mai
Sophie Ouimet
Sophie Ouimet La Presse

Vrai, il est toujours pratique d’avoir quelques exemplaires de ces chaises pliantes afin d’y asseoir un invité supplémentaire, ou encore pour profiter du soleil sur le balcon. Mais si l’objet est sans contredit pratique, on l’applaudit rarement pour son design. « La chaise pliante, on la relègue souvent à du mobilier à cacher, déplore Marie-Ève Sévigny, chargée de communications chez Alphabet. Nous, on veut plutôt lui redonner un certain air de noblesse. Pas pour la traiter comme un objet précieux, mais pour qu’on n’ait plus envie de la cacher. »

Coup de cœur

Pour les designers du studio montréalais, c’est un contrat avec le Carrefour solidaire, dans le quartier Centre-Sud, qui a changé cette perception. L’organisme communautaire les a mandatés pour le déménagement et le réaménagement de son quartier général, une épicerie populaire où les gens peuvent aussi manger. « Il y avait un souci de créer du mobilier très utile, très beau, mais qui reste accessible à tous les gens qui vont le côtoyer, explique Marie-France Paquette, designer chez Alphabet. La chaise pliante était un des éléments qu’on devait concevoir pour eux. »

On a tellement trouvé que c’était un élément intéressant qu’on est partis de cette collaboration-là pour amener la chaise pliante dans notre collection, puis le reste du mobilier en a découlé.

Marie-France Paquette, designer chez Alphabet

En effet, la collection, baptisée Parvis, compte quatre pièces de mobilier en bois massif : la chaise, ainsi qu’une petite table basse, un marchepied et des crochets. « On peut suspendre n’importe quoi sur les crochets, mais on propose justement d’y accrocher les chaises et la table quand elles ne sont pas utilisées », précise Marie-France Paquette.

  • Table pliante, 625 $

    PHOTO FOURNIE PAR LE STUDIO ALPHABET

    Table pliante, 625 $

  • Crochets, 325 $

    PHOTO FOURNIE PAR LE STUDIO ALPHABET

    Crochets, 325 $

  • On peut suspendre les autres articles de la collection sur les crochets, mais aussi n’importe quel autre objet.

    PHOTO FOURNIE PAR LE STUDIO ALPHABET

    On peut suspendre les autres articles de la collection sur les crochets, mais aussi n’importe quel autre objet.

  • Chaise pliante, à utiliser autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, 525 $

    PHOTO FOURNIE PAR LE STUDIO ALPHABET

    Chaise pliante, à utiliser autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, 525 $

  • Marchepied (qui peut aussi servir de petite table d’appoint), 395 $

    PHOTO FOURNIE PAR LE STUDIO ALPHABET

    Marchepied (qui peut aussi servir de petite table d’appoint), 395 $

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Aller à l’essentiel

Les designers du studio avaient aussi en tête l’espace, souvent réduit, que comptent les appartements en ville. L’idée de concevoir du mobilier polyvalent, que l’on peut utiliser autant à l’intérieur qu’à l’extérieur et qui ne prend pas trop de place, les a séduits. En fait, les morceaux peuvent s’adapter à la plupart des situations : « Si on a besoin d’une petite chaise pour le balcon, on la sort quand on mange, on la déplie, on l’utilise, puis le soir venu, on la rentre, et on la range sur les crochets », énumère par exemple Marie-Ève Sévigny.

« L’idée, c’est d’aller à l’essentiel autant dans la forme que dans la fonction », ajoute Marie-France Paquette. Dans cet esprit, les designers se sont inspirés de la philosophie des shakers, une communauté religieuse protestante du XVIIIsiècle. Plus que leurs principes religieux rigoureux, ils semblent avoir laissé en héritage une grande influence sur le design minimaliste d’aujourd’hui. Leur austérité et leur frugalité, qui se reflétaient dans la simplicité de leurs meubles, ont un écho certain dans nos vies modernes où l’espace est compté.

C’est davantage la philosophie que l’esthétique des shakers que l’on retrouve dans les meubles de la collection Parvis, souligne toutefois Marie-France Paquette. « Le seul élément qui est puisé plus directement chez les shakers, c’est l’idée d’accrocher le mobilier sur des crochets, ce qu’eux faisaient beaucoup. »

La simplicité du mobilier, mais en même temps son élégance, se reflète dans les quatre pièces de la collection. Composées de chêne blanc, une essence de bois locale, elles sont toutes offertes dans la boutique en ligne. On peut aussi acheter les morceaux séparément.

Consultez le site du Studio Alphabet