C’est sur une thématique nautique que la marque Jacques & Anna navigue avec sa plus récente collection. Dans le même élan, elle entame un nouveau chapitre de ses pérégrinations en se posant en terre ferme, dans le Mile End, où seront désormais affichées ses créations simples et parfois singulières, à coup sûr inspirées.

Isabelle Morin
Isabelle Morin La Presse

Les voyages rêvés, puis annulés en raison de la pandémie, ont engendré le périple créatif à l’origine des quatre pièces matrices de la nouvelle collection de Jacques & Anna. En a découlé l’ensemble d’une série de luminaires évoquant tantôt une bouée, tantôt un phare. Rappelant sinon vaguement certains éléments techniques associés à la navigation ou à la cartographie.

  • À gauche, La Carte, une plaque de béton Ductal traversée d’un sillon qui rappelle une carte géographique, « comme si le chemin parcouru finissait par façonner ce que nous sommes », indique Anaïe Dufresne. La Tour, positionnée à droite, s’inspire de la chapelle contemporaine de Peter Zumthor, à Bonn, en Allemagne, qui prend ici l’allure d’un phare.

    PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

    À gauche, La Carte, une plaque de béton Ductal traversée d’un sillon qui rappelle une carte géographique, « comme si le chemin parcouru finissait par façonner ce que nous sommes », indique Anaïe Dufresne. La Tour, positionnée à droite, s’inspire de la chapelle contemporaine de Peter Zumthor, à Bonn, en Allemagne, qui prend ici l’allure d’un phare.

  • Interprétation de La Carte, en applique murale

    PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

    Interprétation de La Carte, en applique murale

  • La forme de ce luminaire évoque la bouée traditionnelle, mais sa pesanteur renvoie plutôt à l’ancrage. « C’est l’élément qui rassure », fait valoir sa conceptrice.

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    La forme de ce luminaire évoque la bouée traditionnelle, mais sa pesanteur renvoie plutôt à l’ancrage. « C’est l’élément qui rassure », fait valoir sa conceptrice.

  • De la collection de base, divers modèles de luminaires de Jacques & Anna peuvent être reproduits en divers formats ou matériaux.

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    De la collection de base, divers modèles de luminaires de Jacques & Anna peuvent être reproduits en divers formats ou matériaux.

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Là s’arrêtent toutefois les comparaisons d’ordre nautique. Le reste est une histoire de poésie et de savoir-faire.

Deux expertises et deux visions se rencontrent dans les objets de lumière créés par la marque : celles de Jacques Pharand, le père, et de sa fille, Anaïe Dufresne, alias Anna, chargée de la conception. L’ingénieur civil à la retraite intervient de manière sporadique en mettant ses connaissances techniques au service de la création. C’est toutefois sa descendance qui manœuvre le gouvernail.

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La designer à l’origine des créations de Jacques & Anna, Anaïe Dufresne, fondatrice de la marque

Quand la lumière est reine

Formée en scénographie pour le théâtre, Anaïe Dufresne s’est vite fascinée pour l’éclairage et son rôle fondamental dans l’environnement. « J’utilise toujours la même démarche que lorsque j’étais en théâtre, observe-t-elle. Quand je crée un luminaire, je l’imagine dans un contexte vivant. Un univers se greffe autour. »

Après ses études, alors qu’elle travaille dans un restaurant pour gagner sa croûte, l’installation de lumières DEL à la grandeur du commerce et la lumière froide qu’elles diffusent — qui ne met en valeur ni le teint des clients ni le contenu des assiettes — l’amènent à se proposer pour repenser l’éclairage. Elle dessine ainsi ses premiers luminaires, et ce qui sera l’esquisse d’une nouvelle vocation.

Son penchant pour les textures et les matières brutes et son parti pris pour les éclairages « laiteux » (générés par des globes en verre givré) s’expriment depuis 2016 et s’illustrent dans plusieurs commerces, dont les restaurants Candide, Paloma et Clocher Penché, ainsi que dans la boutique et les bureaux de 3 Fois par jour.

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La boutique de Jacques & Anna est installée sur l’éclectique avenue du Parc, dans le Mile End.

La rencontre de plusieurs expertises

« Je fais quelques assemblages, mais je fabrique très peu. La rencontre de différentes expertises crée peut-être la singularité », souligne la jeune femme. Chaque création, unique, est le fruit d’une collaboration avec l’un ou l’autre des artisans avec lesquels la marque collabore, que ce soit la céramiste Sarah-Jeanne Riberdy, l’ébéniste Chloé Daignault ou des marques comme M3 Béton et atelier Arrebeuri pour les pièces en acier.

Loin d’être revenue de son voyage onirique, Anaïe Dufresne songe déjà à la prochaine collection qui pourrait bien se rapprocher davantage de l’univers théâtral où elle a fait ses premières armes.

« Je pense à une série inspirée des dispositifs scéniques qui composent l’envers du décor. Ou peut-être vais-je retourner dans les classiques de la tragédie grecque et trouver un filon d’inspiration dans le travail de certains sculpteurs ou architectes de ces temps anciens… », ajoute-t-elle. Chose certaine, la conceptrice semble bien avoir trouvé son rythme de croisière.

Consultez le site de Jacques et Anna