Dans quelques rues et quartiers du Grand Montréal, on fête l’Halloween à grand renfort de décors élaborés, labyrinthes et maisons hantées compris, pour le plus grand plaisir des petits monstres. Rencontre avec Maxime Duval, un passionné qui fait courir les foules à Saint-Hubert, sur la Rive-Sud, depuis des années avec des décors époustouflants.

Pierre-Marc Durivage Pierre-Marc Durivage
La Presse

Quand Maxime Duval a eu 16 ans, il a dû essuyer les réprimandes d’une dame qui a jugé qu’il était trop vieux pour passer l’Halloween. « Mais dans ma tête, il n’y avait pas d’âge pour fêter l’Halloween, nous a raconté celui qui est maintenant père de quatre enfants. L’année suivante, j’ai décidé de construire un premier décor à l’étage du duplex de mon père. »

Vingt-six ans plus tard, Maxime Duval continue de construire chaque année des décors de plus en plus élaborés pour l’Halloween. Ce n’est plus dans le duplex de son père à Longueuil, mais plutôt devant sa propre maison dans l’arrondissement de Saint-Hubert qu’il laisse aller son imagination débordante. Cette année, il remet ça avec un thème western – il dit s’être inspiré des univers du jeu vidéo Red Dead Redemption et de la série Westworld.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Mais parler de décor ne rend pas justice à la mise en scène de Maxime Duval. La construction principale est un saloon de deux étages bâti à partir d’une structure d’acier avec des planchers faits de solides madriers. À cela s’ajoutent une petite prison ainsi qu’une banque, entre autres bâtiments qui permettent aux enfants costumés de s’imaginer au Far West le temps d’aller chercher une poignée de friandises. « Dans le saloon, on donne des bonbons au bar au lieu de servir de la boisson, nous explique Maxime Duval. Ensuite, on dirige les gens à l’étage, où j’ai préparé quelques mises en scène. L’an dernier, j’étais résolument dans les classiques de l’horreur, cette année, je donne dans l’humour, c’est davantage dans mon état d’esprit. »

Si la température est clémente, ce sont pas moins de 2500 personnes qui vont passer par le 1745, rue Balmoral, dans le quartier Laflèche. « Ça a l’air d’un show rock en avant de ma maison », s’exclame l’homme de 43 ans. 

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Il y a des gens qui partent de Sherbrooke pour venir nous voir, et ce n’est bien sûr pas pour les bonbons, alors ça me touche vraiment !

Maxime Duval

Une nouveauté cette année, Maxime compte satisfaire la curiosité des gens en ouvrant les portes de son village western la veille de l’Halloween — sans donner de bonbons, toutefois.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Maxime Duval

Enthousiasme contagieux

En plus des décors construits de toutes pièces, Maxime Duval imagine des personnages animés à l’aide de moteurs d’essuie-glaces, il élabore des bandes sonores, prépare des costumes et pense à des mises en scène qui impliquent ses amis, sa conjointe, ses enfants et ses parents. « On va simuler un duel, des vols de banque, des batailles de taverne avec des bouteilles de plastique, j’ai même acheté une robe de french cancan pour ma mère, nous raconte Maxime. Quant à mon père, il tripe encore avec moi, il ne diminue pas la cadence malgré ses 69 ans. En fait, il a maintenant pas mal plus de temps pour “bizouner”, c’est là qu’on se retrouve et qu’on échange, on passe vraiment du temps de qualité ensemble. »

Sitôt l’Halloween passée, Maxime Duval se met tout de suite à penser au concept qu’il va vouloir mettre en œuvre pour l’année suivante. En fait, c’est ce qui l’anime, littéralement. Il a même choisi son emploi de soudeur dans un atelier de décors en raison de sa passion pour la création qu’il a développée en construisant ses décors d’Halloween.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Et son enthousiasme est contagieux : « Des fois, je me ramasse avec des affaires qui ne sont pas à moi, les voisins me donnent tout bonnement des choses, affirme-t-il. Même des ferrailleurs me donnent des accessoires, les gens apprécient mon œuvre et je suis mille fois reconnaissant. Il n’y a jamais de vandalisme, c’est de toute beauté chaque année. » Il a même réussi à obtenir l’appui de commanditaires qui vont lui donner des matériaux ou contribuer à l’achat de bonbons. Il lui en coûte au-delà de 1500 $ de friandises chaque année.

Après 26 ans, Maxime Duval est encore aussi motivé qu’en 1993. Il a encore des idées plein la tête : « Je vais peut-être laisser de côté la construction de bâtiments et peut-être construire une jungle, avec des dinosaures, ou pourquoi pas m’inspirer d’Indiana Jones ou des superhéros ? suggère-t-il en réfléchissant tout haut. Ça dépend de ce qui m’anime pendant l’année, mais une chose est sûre, si les gens sont patients, ils vont en voir de toutes les couleurs ! »

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Ruelles et maisons hantées

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

L’engouement pour l’Halloween a incité bien d’autres résidants de la grande région de Montréal à préparer des décors terrifiants pour la soirée du 31 octobre. À Verdun, c’est toute la boucle formée par les ruelles des Argoulets et Desroses, entre les rues Verdun et Wellington, qui sera « hantée ». À Saint-Lambert, le tronçon de l’avenue Pine entre les rues Logan et Desaulniers s’anime alors que plusieurs propriétaires s’encouragent à célébrer l’Halloween en grand : décors, mises en scène comiques et bien souvent engagées, DJ, percussionnistes, entre autres idées festives. À Dorval, c’est un véritable parcours de peur qu’a imaginé une famille de la rue Dahlia ; les gens sont d’ailleurs invités à s’y aventurer dès maintenant, moyennant un don qui sera versé à la Fondation de l’hôpital Sainte-Justine.

Consultez la page du parcours de la rue Dahlia : https://www.facebook.com/scarydahlia